L’Américaine Michelle Kwan «qu’on attendait plutôt l’an prochain dans la perspective d’une victoire aux Jeux d’hiver de 2002» a remporté samedi à Nice un troisième titre mondial qui la remet sur orbite olympique et la place parmi les plus grandes patineuses de l’histoire. À 19 ans, la Californienne d’origine chinoise a égalé sa fameuse compatriote Peggy Flemming, trois couronnes dans les années 1960, et n’est plus qu’à un titre de l’inoubliable Allemande Katarina Witt. Pourtant, on la croyait frappée par les premières manifestations du déclin depuis sa défaite aux Jeux olympiques de Nagano (1998) face à sa cadette, sauteuse surdouée, Tara Lipinski. Elle avait certes remporté son deuxième titre mondial quelques semaines après. Mais c’était dans le contexte d’une compétition post-olympique dévaluée et que Lipinski avait désertée pour filer immédiatement chez les professionnels. C’est en 1999 à Helsinki, malgré une deuxième place derrière la belle Russe Maria Butyrskaia, due plus à sa notoriété qu’à ses moyens du moment, que son avenir était apparu incertain. En fait c’est parce qu’elle avait mis le patinage entre parenthèses pour s’attaquer à des études universitaires. Ayant choisi de vivre et travailler, malgré ses millions de dollars en banque, comme une étudiante ordinaire, avec chambre sur le campus, elle avait forcément moins de temps pour la glace. Tous les deux ans Comme elle n’a pas renoncé à finir sa carrière sur le titre olympique, qui manque à son palmarès, elle a décidé cette année de se recentrer sur le sport. «J’ai allégé mon programme d’études et mon entraîneur Frank Carroll est venu s’établir près de chez moi», a expliqué Kwan. Et son patinage a repris du volume. Samedi, avec sa glisse soyeuse, elle a été la seule à enchaîner tous ses sauts dont sa première combinaison triple-triple. Et damé le pion aux Russes Irina Slutskaia, moins élégante, et Maria Butyrskaia, moins forte techniquement, qui a ainsi cédé sa couronne. Voilà la fille d’une famille d’émigrés chinois, dotée d’un palmarès des plus consistants depuis son apparition comme remplaçante dans l’équipe américaine en 1994 : 30 victoires internationales dont trois titres et deux médailles d’argent pour sept championnats du monde, une médaille d’argent olympique et un record de 42 fois la note parfaite de 6,0. De ses origines chinoises, elle conserve toujours autour du cou un porte-bonheur donné par sa grand-mère. Comme elle attache de l’importance aux signes du destin, elle a rappelé qu’elle «gagnait un grand titre tous les deux ans». Or dans deux ans ce seront les Jeux olympiques. Déclarations l Michelle Kwan (USA, championne du monde) : «Je me suis sentie très, très bien dans cette compétition, vraiment très forte. C’est certainement la compétition la plus dure que j’ai jamais connue. C’est la première fois que je sors de la glace en ayant l’impression d’avoir poussé au maximum durant les 4 minutes. Quand j’ai quitté la glace, j’étais très fatiguée et j’avais à l’esprit que je n’avais peut-être pas gagné. Cela a été les 30 minutes les plus longues que j’ai jamais connues. Cette année, ça a été vraiment difficile, il y a eu des changements dans ma vie et j’avais un programme chargé au niveau scolaire». l Irina Slutskaya (Rus, vice-championne du monde) : «On ne peut pas dire que j’ai bien ou mal patiné. Dommage que je n’ai pas très bien réceptionné ma combinaison de sauts, mais je suis revenue où j’étais. Je suis très contente de cette médaille, même si je suis déçue de n’être que seconde. Michelle (Kwan) a très bien patiné aujourd’hui et méritait de gagner». l Maria Butyrskaya (Rus, 3e) : «Je suis relativement contente de cette compétition parce que j’ai gardé confiance et j’ai fait un assez beau patinage. Sur deux sauts, j’ai eu un petit problème. J’étais furieuse sur le triple salchow. D’habitude, je le réussis bien, c’est un saut facile pour moi. J’ai déjà été championne du monde et réalisé mon rêve. C’est le sport, c’est comme ça et la saison prochaine, tout recommence depuis le début».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Américaine Michelle Kwan «qu’on attendait plutôt l’an prochain dans la perspective d’une victoire aux Jeux d’hiver de 2002» a remporté samedi à Nice un troisième titre mondial qui la remet sur orbite olympique et la place parmi les plus grandes patineuses de l’histoire. À 19 ans, la Californienne d’origine chinoise a égalé sa fameuse compatriote Peggy Flemming, trois couronnes dans les années 1960, et n’est plus qu’à un titre de l’inoubliable Allemande Katarina Witt. Pourtant, on la croyait frappée par les premières manifestations du déclin depuis sa défaite aux Jeux olympiques de Nagano (1998) face à sa cadette, sauteuse surdouée, Tara Lipinski. Elle avait certes remporté son deuxième titre mondial quelques semaines après. Mais c’était dans le contexte d’une compétition post-olympique...