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Actualités - Chronologie

Opéra - Carmen au Casino du Liban Gross fatigue (photo)

A bien y repenser, est-ce bien Carmen, un des plus célèbres opéras du monde, qui a été interprété au Casino du Liban ? Celui qui le connaissait bien en est sorti déçu. Celui qui le connaissait peu a espéré en vain ses airs préférés, et celui qui ne le connaissait pas en a gardé une image faussée. Parce qu’une chose est sûre : tous s’attendaient à vivre un peu de passion, puisque c’est comme cela que le produit Carmen est vendu. Mais il y a eu erreur sur la marchandise : à part des costumes et des décors agréables, les interventions de Micaëla – surtout celui du troisième acte – et la colère finale de don Jose, la troupe ukrainienne est loin d’avoir été à la hauteur. À tous les points de vue, l’interprétation était négligée. Les voix d’abord : sans ampleur, articulant à peine et avalant des syllabes, voire des mots. Un public francophone aurait mérité mieux. La mise en scène ensuite : on aurait voulu voir Carmen occuper l’espace par sa voix et ses jupes amples, ses éclats de rire et ses provocations. On attendait don José, Escamillo ou Dancaïre avec leur tempérament de feu et jaloux et bagarreur comme pas un. Mais l’Andalousie n’était pas au rendez-vous. Le chef d’orchestre semblait lui aussi bien fatigué : les moments forts de l’opéra ont été servis tièdes, particulièrement l’ouverture du quatrième acte et l’entrée dans l’arène. Le récit ne s’est pas installé et les imaginations n’ont pas pu rêver, s’enthousiasmer ou souffrir avec les personnages. En particulier avec l’héroïne, interprétée médiocrement. Pauvre Carmen. Soirées décevantes (le Casino avait habitué sa clientèle à beaucoup plus de qualité), dont on sort avec la sourde impression d’avoir été pris pour ce qu’on est pas : privé d’oreille – il n’est pas nécessaire d’être tombé dans la potion lyrique tout petit pour en avoir, de l’oreille – et de curiosité.
A bien y repenser, est-ce bien Carmen, un des plus célèbres opéras du monde, qui a été interprété au Casino du Liban ? Celui qui le connaissait bien en est sorti déçu. Celui qui le connaissait peu a espéré en vain ses airs préférés, et celui qui ne le connaissait pas en a gardé une image faussée. Parce qu’une chose est sûre : tous s’attendaient à vivre un peu de passion, puisque c’est comme cela que le produit Carmen est vendu. Mais il y a eu erreur sur la marchandise : à part des costumes et des décors agréables, les interventions de Micaëla – surtout celui du troisième acte – et la colère finale de don Jose, la troupe ukrainienne est loin d’avoir été à la hauteur. À tous les points de vue, l’interprétation était négligée. Les voix d’abord : sans ampleur, articulant à peine et avalant des...