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Actualités - Opinion

Tribune Suite sans fin

Entre l’architecture des jardins et la musique, y a-t-il une quelconque relation ? Aucune apparemment, à moins de passer à l’échelon supérieur, celui de l’émotion. C’est ce qu’ont fait l’architecte paysagiste Julie Moir Masservy et le violoncelliste Yo-Yo Ma en créant à Toronto un «jardin de musique» inspiré par la suite n°1 de Bach. Ils ont établi un rapport direct entre la sarabande, la pavane et le menuet, d’une part, et une touffe d’arbres, une allée de jardin et un massif fleuri, d’autre part (!). C’est beau, mais ce n’est pas donné à tout le monde d’en saisir la subtilité. De cette émission de «Musica» diffusée sur Arte, ce qu’il faut retenir ce n’est pas l’argumentation de haut niveau intellectuel qui a accompagné toute l’opération, mais plutôt l’acharnement avec lequel les deux protagonistes ont cherché à convaincre la Conseil municipal de Toronto, les sponsors et toutes les personnes concernées par le sort de la ville, de la nécessité de convertir les berges bétonnées du lac Ontario en espace paysager. Mais Toronto n’a que deux cent cinquante ans d’âge. Elle se doit, direz-vous, de se constituer un patrimoine. Sinon elle passerait pour une ville sans culture, n’est-ce-pas ? Tel n’est heureusement pas le cas de Beyrouth, l’ancienne Biroûta, déjà prospère au Bronze moyen et donc vieille de quelques quatre mille ans. Pour elle, il n’y a pas lieu de prouver la richesse de son histoire. Ce qui, en revanche, est plus décevant, c’est de constater que dans cette ville, la démarche démocratique dans la gestion de la chose publique, en général, et du patrimoine archéologique, en particulier, est inexistante. C’est ainsi qu’une équipe d’administrateurs privés s’occupe de tout. Elle n’a de compte à rendre à personne, encore moins de leçons à recevoir d’aucun historien, archéologue, sociologue ou urbaniste national. Elle dirige l’aménagement, décide du sort des terrains qui contiennent les vestiges archéologiques et fixe ensuite le prix des parcelles qui les entourent. Unilatéralement, elle appelle des experts de pays lointains qu’elle investit de la mission de nous expliquer ce que sont les ruines situées entre les deux cathédrales Saint-Georges, ce qu’elles représentent pour les Beyrouthins, comment il faut les regarder et les parcourir et comment elles peuvent être enjolivées par des fleurs. Il ne nous reste qu’à les applaudir et à les remercier.
Entre l’architecture des jardins et la musique, y a-t-il une quelconque relation ? Aucune apparemment, à moins de passer à l’échelon supérieur, celui de l’émotion. C’est ce qu’ont fait l’architecte paysagiste Julie Moir Masservy et le violoncelliste Yo-Yo Ma en créant à Toronto un «jardin de musique» inspiré par la suite n°1 de Bach. Ils ont établi un rapport direct entre la sarabande, la pavane et le menuet, d’une part, et une touffe d’arbres, une allée de jardin et un massif fleuri, d’autre part (!). C’est beau, mais ce n’est pas donné à tout le monde d’en saisir la subtilité. De cette émission de «Musica» diffusée sur Arte, ce qu’il faut retenir ce n’est pas l’argumentation de haut niveau intellectuel qui a accompagné toute l’opération, mais plutôt l’acharnement avec lequel les...