Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Mikhaïl Kassianov, favori pour le fauteur de Premier ministre

Mikhaïl Kassianov, ministre des Finances, est le grand favori pour le poste de Premier ministre dans le prochain gouvernement : cet «excellent technicien» n’est pas un fidèle du président élu Vladimir Poutine mais il est accepté par une majorité de clans politiques. Le nom de M. Kassianov «est en tête de liste» des personnalités citées par tous les hauts fonctionnaires du gouvernement, du Kremlin et les experts financiers interrogés, relevait dernièrement l’hebdomadaire Vlast, dans un exercice qui peut s’avérer délicat. «Excellent technicien» et «négociateur hors pair», Kassianov est un spécialiste des Finances. À 42 ans, il est bien connu des institutions internationales et des financiers étrangers, qui pendant des années ont négocié avec lui le difficile dossier de la dette étrangère, héritée de l’ex-URSS. Ce dossier, dont il fut chargé dès son entrée au ministère des Finances en 1993, lui a donné ses titres de gloire et lui a permis de gravir les échelons du ministère (il est devenu ministre en mai 1999) au fur et à mesure que le problème de la dette devenait plus aigu et important pour l’économie russe. «C’est l’expert en chef de la dette russe. Affable et bon communicateur, il parle bien anglais. On sent vite qu’il est habile et prêt à exploiter la moindre faille pour en tirer avantage», relève un financier occidental. Yeux clairs, visage carré, allure droite, Kassianov, enfant de la banlieue de Moscou, termine des études d’ingénieur à l’Institut de génie civil de Moscou puis les cours supérieurs du Gosplan (Comité d’État à la planification, où il travaillera 9 ans). Promu début 2000 premier vice-Premier ministre après le départ à la retraite de Boris Eltsine, il devient dans les faits «Premier ministre par intérim» lorsque Poutine prend ses quartiers au Kremlin. Il fait preuve d’efficacité parvenant à faire entrer l’argent nécessaire pour payer avant les élections les retraites, les arriérés de salaires des fonctionnaires, les dettes étrangères, la guerre en Tchétchénie… tout en assurant une maîtrise de l’inflation et de bons résultats socio-économiques. C’est l’accord conclu avec le Club de Londres à la mi-février qui lui vaut les plus chaudes félicitations de Vladimir Poutine : l’arrangement permet à la Russie de reporter de huit ans les prochains versements sur la dette de l’ex-URSS envers les créanciers privés et d’effacer de l’ardoise près de 12 milliards de dollars. Poutine est tranquille pour deux mandats consécutifs. M. Kassianov, réformateur bon teint, n’est pas un «politique» et n’appartient à aucun clan particulier. C’est un technocrate, qui peut être accepté par les forces de gauche de la Douma (qui doivent entériner le choix présidentiel) aussi bien que par les réformateurs libéraux (le tandem aux Finances avec Alexeï Koudrine, ami personnel de Poutine et du puissant Anatoli Tchoubaïs, a notamment bien fonctionné). Kassianov est un «candidat de compromis», estime la société d’investissements UFG et ses chances sont de «50-50». Ses détracteurs lui reprochent des compétences trop étroites, qui pourraient être insuffisantes pour assurer le redressement de l’économie attendu par les 50 millions de Russes qui vivent sous le seuil de pauvreté. «C’est un spécialiste au domaine très étroit. Je ne pense pas que ce soit la grande personnalité capable de diriger l’économie russe», estime ainsi Alexeï Zabotkine, analyste de la société d’investissements UFG. Ses adversaires l’accusent d’être très lié aux «oligarques financiers» de la famille Eltsine, Roman Abramovitch et Boris Berezovski. Kassianov pourrait être choisi pour éviter dans l’immédiat avec la Douma un conflit que pourrait provoquer le choix d’une personnalité plus controversée.
Mikhaïl Kassianov, ministre des Finances, est le grand favori pour le poste de Premier ministre dans le prochain gouvernement : cet «excellent technicien» n’est pas un fidèle du président élu Vladimir Poutine mais il est accepté par une majorité de clans politiques. Le nom de M. Kassianov «est en tête de liste» des personnalités citées par tous les hauts fonctionnaires du gouvernement, du Kremlin et les experts financiers interrogés, relevait dernièrement l’hebdomadaire Vlast, dans un exercice qui peut s’avérer délicat. «Excellent technicien» et «négociateur hors pair», Kassianov est un spécialiste des Finances. À 42 ans, il est bien connu des institutions internationales et des financiers étrangers, qui pendant des années ont négocié avec lui le difficile dossier de la dette étrangère, héritée de...