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Actualités - Chronologie

Von Sponeck : les jeunes irakiens, une génération placée au réfrigérateur (photo)

La communauté internationale est en train de détruire par ses sanctions la jeune génération irakienne, a averti lundi le coordinateur humanitaire démissionnaire de l’Onu en Irak Hans von Sponeck. «La communauté internationale joue un jeu très dangereux», a déclaré M. von Sponeck, de nationalité allemande, qui doit quitter Bagdad mercredi, après avoir démissionné en février pour protester contre l’embargo imposé à l’Irak. «Vous pouvez parler d’une génération de l’embargo, d’une génération placée au réfrigérateur, d’une génération perdue», a-t-il affirmé. Il s’est déclaré alarmé par le taux d’absentéisme scolaire, entre 15 et 20 %, alors qu’il était quasiment nul avant la mise en place des sanctions, en 1990, à la suite de l’invasion du Koweït. «Le taux d’alphabétisation avant les sanctions était de 90 %, il a reculé d’après l’Unicef à 66 %. L’Irak est aujourd’hui l’un des rares pays où cette tendance est à la baisse», a indiqué M. von Sponeck, 60 ans. «Lorsque les enfants font autre chose qu’étudier, lorsqu’ils essaient de contribuer au revenu familial, légalement ou illégalement, on crée chez eux une mentalité éloignée des valeurs d’honnêteté et de justice», a-t-il dit. «Cela pourrait se traduire en une mentalité antioccidentale, par de la violence en Irak», a-t-il prévenu, affirmant que «la responsabilité morale de ce genre de situation» incombera à la communauté internationale. «Les instituts formant les enseignants ne fonctionnent pratiquement plus, les écoles sont dans un état de pauvreté lamentale et c’est là que l’enfant acquiert ses valeurs morales», a-t-il souligné. «Je suis très en colère parce qu’il faut tellement de temps pour rectifier une telle politique», a poursuivi le responsable, dénonçant les insuffisances du programme pétrole contre nourriture supervisé par l’Onu. Ce programme, qui permet depuis fin 1996 à l’Irak d’exporter du pétrole pour s’acheter des biens de première nécessité, suffit à peine à combler les besoins alimentaires et médicaux de la population irakienne, a-t-il affirmé. D’après lui, le programme s’est traduit pour son sixième semestre, qui a expiré en novembre dernier, par un revenu net pour l’Irak de 2,9 milliards de dollars, «une somme qui doit servir à tout financer», aussi bien l’alimentation et les soins médicaux que la réparation des infrastructures civiles. «En divisant 2,9 mds USD par 23 millions d’habitants, on obtient l’équivalent de 252 dollars par personne par an, ce qui place l’Irak dans la catégorie des pays les moins développés», a-t-il affirmé, indiquant que le PIB par habitant était de 3 100 dollars avant les sanctions. «La politique des sanctions est un échec», a averti M. von Sponeck, qui a appelé à la levée de l’embargo et à «dissocier les dossiers de l’armement et humanitaire». Il a souligné que la population faisait les frais du bras de fer entre le président Saddam Hussein et Washington. «Si quelqu’un (les Américains) vient dire que le président (Saddam) est en train de construire des palais, cela est regrettable mais personne ici (en Irak) ne peut l’en empêcher. Est-ce une justification pour continuer à priver les jeunes de leurs droits ?», s’est-il demandé. M. von Sponeck s’est défendu de prendre le parti de Bagdad, comme l’en accusent les États-Unis qui ont réclamé dès l’année dernière sa démission. «Je ne suis pas manipulé par les Irakiens et je ne suis pas toujours d’accord avec eux», a-t-il dit, donnant à titre d’exemple ses divergences avec Bagdad sur le financement du secteur de l’éducation sous le programme pétrole contre nourriture. M. von Sponeck, qui prend sa retraite des Nations unies après 32 ans de service, a indiqué qu’il comptait poursuivre sa carrière ailleurs et qu’il désirait «jouer un rôle» conforme à ses convictions sur les sanctions.
La communauté internationale est en train de détruire par ses sanctions la jeune génération irakienne, a averti lundi le coordinateur humanitaire démissionnaire de l’Onu en Irak Hans von Sponeck. «La communauté internationale joue un jeu très dangereux», a déclaré M. von Sponeck, de nationalité allemande, qui doit quitter Bagdad mercredi, après avoir démissionné en février pour protester contre l’embargo imposé à l’Irak. «Vous pouvez parler d’une génération de l’embargo, d’une génération placée au réfrigérateur, d’une génération perdue», a-t-il affirmé. Il s’est déclaré alarmé par le taux d’absentéisme scolaire, entre 15 et 20 %, alors qu’il était quasiment nul avant la mise en place des sanctions, en 1990, à la suite de l’invasion du Koweït. «Le taux d’alphabétisation avant...