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Actualités - Chronologie

La métamorphose d'Oudaï : d'enfant terrible en politicien assagi(photo)

Oudaï Saddam Hussein, fils aîné du président irakien, bête noire de l’Occident, se prépare à entrer mardi au Parlement, achevant sa transformation d’enfant terrible en politicien assagi. Ce grand jeune homme de 35 ans, à la barbe en collier, semblait assuré de remporter un siège à Bagdad où il se présente comme candidat du parti Baas, bien qu’il ait maintenu un profil bas au cours d’une campagne électorale sans éclat. Son entrée à l’Assemblée nationale, formée de députés loyaux au régime, devrait ajouter du sérieux à son image et lui donner un rôle politique, après la multitude de titres qu’il accumule à la tête de médias, d’organisations sportives ou de jeunesse. La métamorphose semble avoir commencé après un attentat qui l’a visé en décembre 1996 à Bagdad. Il a dû passer six mois à l’hôpital et il lui a fallu plusieurs interventions chirurgicales pour recouvrer l’usage de ses jambes. C’est en décembre dernier que la télévision irakienne a apporté la preuve de sa guérison, le montrant en train de nager dans le Tigre. Un membre de son entourage a affirmé qu’Oudaï était désormais «plus mûr et plus réfléchi». Les médias le montrent régulièrement recevant des dignitaires étrangers dans son bureau luxueux ou décorant des volontaires des Fedayin de Saddam, une force paramilitaire qu’il a créée. Oudaï a mis à profit le pouvoir que lui a conféré son père pour créer un véritable empire financier et médiatique. Selon des opposants irakiens, il contrôle la contrebande de produits pétroliers, en violation de l’embargo international, qui rapporte des millions de dollars au régime. Il possède également des night-clubs à Bagdad. De plus, Oudaï dirige l’influent journal Babel, où il écrit parfois des éditoriaux sous un nom de plume, la radio et la télévision de la Jeunesse, qui ont une forte audience, et plusieurs revues. Avant l’attentat, il passait comme le dauphin de son père mais la presse arabe a rapporté au cours des deux dernières années que son frère cadet Qoussaï commençait à avoir les faveurs de Saddam Hussein. En décembre dernier, le ministre de l’Information Houmam Abdel Khaleq avait démenti toute lutte pour le pouvoir entre les deux frères et souligné que Qoussaï avait «un seul poste officiel, celui de superviser la garde républicaine (unités d’élite)». Le président irakien avait décoré en janvier dernier Oudaï de l’Ordre du mérite irakien, un mois après l’avoir décerné à son fils cadet. Né en 1964, Oudaï est diplômé de génie de l’Université de Bagdad et a obtenu récemment un doctorat de sciences politiques de cette université. Babel a distribué en supplément il y a deux ans sa thèse de 300 pages, dans laquelle il soutient que «les États-Unis, le Japon, l’Union européenne et la Chine seront les quatre puissances mondiales» au XXIe siècle. Avant l’attentat, Oudaï s’était forgé une réputation de grand amateur de conquêtes féminines et de passionné de voitures de sport. Des membres du régime qui ont fait défection ont révélé une série de détails sur son penchant pour la violence. Selon la presse occidentale, il torturait même les footballeurs irakiens s’ils perdaient des matches à l’étranger. En 1988, Oudaï avait tué en public à coups de canne un aide de camp de son père, qu’il accusait de faire l’intermédiaire entre le président et une femme qu’il courtisait et que Saddam a par la suite épousée en secondes noces. Oudaï a été brièvement mis en prison sur les ordres de son père avant que la famille de la victime demande son pardon, selon la version officielle.
Oudaï Saddam Hussein, fils aîné du président irakien, bête noire de l’Occident, se prépare à entrer mardi au Parlement, achevant sa transformation d’enfant terrible en politicien assagi. Ce grand jeune homme de 35 ans, à la barbe en collier, semblait assuré de remporter un siège à Bagdad où il se présente comme candidat du parti Baas, bien qu’il ait maintenu un profil bas au cours d’une campagne électorale sans éclat. Son entrée à l’Assemblée nationale, formée de députés loyaux au régime, devrait ajouter du sérieux à son image et lui donner un rôle politique, après la multitude de titres qu’il accumule à la tête de médias, d’organisations sportives ou de jeunesse. La métamorphose semble avoir commencé après un attentat qui l’a visé en décembre 1996 à Bagdad. Il a dû passer six mois à...