La crise du Cachemire de nouveau sur le tapis(photo)
le 27 mars 2000 à 00h00
La visite de Bill Clinton en Asie du sud a replacé la crise du Cachemire sous les feux de l’actualité au grand plaisir du Pakistan qui regrette toutefois le refus du président des États-Unis d’une médiation américaine. Le président Clinton a eu des conversations «franches et sérieuses» avec l’homme fort du Pakistan, le général Pervez Musharraf samedi à Islamabad, ultime étape d’une tournée en Asie du sud qui l’a conduit au Bangladesh et en Inde. M. Clinton n’a pu obtenir d’engagement ferme de l’Inde ou du Pakistan sur la non-prolifération nucléaire et la réduction de la tension au Cachemire, une région himalayenne que les deux pays se disputent. Mais «il ne fait aucun doute que le voyage de Clinton a aidé à mettre les dangers nucléaires et, plus encore, la crise du Cachemire sous les feux de l’actualité», a estimé l’analyste Nasim Zehra. Elle a ajouté qu’Islamabad avait été capable d’exprimer ses vues de manière «franche» et d’ouvrir des lignes de communications avec les États-Unis au plus haut niveau. Le Pakistan et l’Inde se disputent la souveraineté sur le Cachemire à majorité musulmane, qui est divisé entre les deux pays depuis plus d’un demi-siècle. Ils se sont déjà livré deux guerres pour le contrôle de cette région que Clinton a qualifiée de «zone la plus dangereuse de la planète», d’autant plus que l’Inde et le Pakistan sont des puissances nucléaires déclarées depuis leurs essais de 1998. «Je suis sûr que le président américain va tenter de faciliter le dialogue sur le Cachemire bien qu’il soit réticent à une médiation en raison du refus de l’Inde», a estimé un ancien président du Cachemire pakistanais, Sardar Abdul Qayyum, a-t-il ajouté. En revanche, les groupes séparatistes qui combattent l’armée indienne au Cachemire n’ont vu aucune lueur d’espoir dans cette visite, en affirmant que Clinton avait ignoré le droit des Cachemiris à choisir leur avenir. «Nous sommes totalement déçus. Clinton semble être du côté de l’Inde et veut mettre un terme à la lutte légitime des Cachemiris pour la liberté, ce qui n’arrivera jamais», a affirmé le chef du Harkatul Mujahideen, Fazalur Rehman Khalil. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Abdul Sattar a estimé de son côté que les États-Unis peuvent faciliter un dialogue sur le Cachemire par d’autres moyens qu’une médiation directe. L’ancien Premier ministre Benazir Bhutto a affirmé de son exil à Londres que le refus du président Clinton de servir de médiateur allait «décevoir» les Pakistanais et les Cachemiris. M. Nawaz Sharif, renversé et emprisonné par les militaires à l’issue du coup d’etat du général Musharraf du 12 octobre dernier, s’est félicité de l’adhésion du président au processus de paix de Lahore, a affirmé son avocat Me Salim Zia. M. Sharif et son homologue indien, Atal Behari Vajpayee, s’étaient rencontrés dans la capitale du Pendjab (centre du Pakistan) en février 1999 et y avaient signé une déclaration sur la nécessité de résoudre tous leurs différends par des moyens pacifiques. Ces bonnes dispositions avaient été balayées quelques mois plus tard par les violents affrontements entre l’armée indienne et les combattants séparatistes dans la région de Kargil (nord du Cachemire) qui avaient fait des centaines de morts.
La visite de Bill Clinton en Asie du sud a replacé la crise du Cachemire sous les feux de l’actualité au grand plaisir du Pakistan qui regrette toutefois le refus du président des États-Unis d’une médiation américaine. Le président Clinton a eu des conversations «franches et sérieuses» avec l’homme fort du Pakistan, le général Pervez Musharraf samedi à Islamabad, ultime étape d’une tournée en Asie du sud qui l’a conduit au Bangladesh et en Inde. M. Clinton n’a pu obtenir d’engagement ferme de l’Inde ou du Pakistan sur la non-prolifération nucléaire et la réduction de la tension au Cachemire, une région himalayenne que les deux pays se disputent. Mais «il ne fait aucun doute que le voyage de Clinton a aidé à mettre les dangers nucléaires et, plus encore, la crise du Cachemire sous les feux de...
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