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Actualités - Chronologie

Sénégal Après 40 ans au pouvoir, le PS entre divisé dans l'opposition

Le Parti socialiste sénégalais (PS) – pendant 40 ans au pouvoir – traumatisé par la cuisante défaite de son président, Abdou Diouf, a commencé, divisé dans ses plus hautes instances, une expérience nouvelle : être un parti d’opposition. La désertion des barons du parti, commencée en 1998 avec le départ de Djibo Ka – fondateur de l’Union pour le renouveau démocratique (URD) – puis celui de Moustapha Niasse qui a créé en août 1999 l’Alliance des forces de progrès (AFP) avant de rejoindre Abdoulaye Wade dont il sera le Premier ministre, s’est accélérée au cours des dernières semaines. Toujours pour incompatibilité avec leur secrétaire exécutif, Ousmane Tanor Dieng. Ministre d’État chargé des services présidentiels, directeur de campagne d’Abdou Diouf, Ousmane Tanor Dieng – «OTD» – est impopulaire, même chez les militants de base. «Beaucoup considèrent qu’il a contribué à l’échec du président Diouf. Il faut qu’il parte pour que le PS retrouve sa crédibilité», a déclaré un des responsables du parti qui a requis l’anonymat. Une majorité des 32 membres du bureau politique s’était réunie presque clandestinement à Ngor (15 kms de Dakar) pour organiser, à son insu, son départ, décidant «par élégance» de démissionner en bloc pour l’y contraindre. Le PS reste le premier parti Mais «OTD» a démonté la manœuvre et retourné le bureau politique en sa faveur. À l’issue de cette réunion, le porte-parole Abdourahim Agne a déclaré que le PS «se ressoudait autour de son premier secrétaire pour les batailles à venir», soulignant la nécessité d’une opposition «républicaine mais déterminée». «Nous restons le premier parti du pays. Nous avons une bataille à mener au Parlement où nous sommes largement majoritaires», a martelé M. Agne, excluant toute participation au gouvernement qui sera mené par Moustapha Niasse. Le porte-parole du PS a ironisé : «Il y a au total 34 partis politiques dans les coalitions constituées par Wade et Niasse. Si nous y allions aussi, ce serait le règne de la pensée unique, et le Sénégal le goulag». Vers un grand parti de gauche démocratique et moderne Il a annoncé en revanche que «des contacts avancés» étaient pris avec l’Union pour le renouveau démocratique de Djibo Ka, pour «créer un intergroupe d’opposition à l’Assemblée nationale». «Dans l’avenir, nous pourrions aller ensemble vers un grand parti de gauche démocratique et moderne», a ajouté M. Agne. Son discours n’a pas suffi à convaincre les ténors désabusés de l’ancien parti au pouvoir. Certains ont annoncé leur intention de créer un courant, «décidés de s’inscrire dans une dynamique d’opposition» dans la perspective du prochain congrès qui devrait se dérouler à la fin de l’année. D’autres envisagent de couper les ponts. Le quotidien indépendant Wal Fadjiri a fait sa Une jeudi sur «les députés PS qui négocient leur transhumance» vers leur compagnon Moustapha Niasse, dont les idées restent «si proches des nôtres», a expliqué l’un d’eux.
Le Parti socialiste sénégalais (PS) – pendant 40 ans au pouvoir – traumatisé par la cuisante défaite de son président, Abdou Diouf, a commencé, divisé dans ses plus hautes instances, une expérience nouvelle : être un parti d’opposition. La désertion des barons du parti, commencée en 1998 avec le départ de Djibo Ka – fondateur de l’Union pour le renouveau démocratique (URD) – puis celui de Moustapha Niasse qui a créé en août 1999 l’Alliance des forces de progrès (AFP) avant de rejoindre Abdoulaye Wade dont il sera le Premier ministre, s’est accélérée au cours des dernières semaines. Toujours pour incompatibilité avec leur secrétaire exécutif, Ousmane Tanor Dieng. Ministre d’État chargé des services présidentiels, directeur de campagne d’Abdou Diouf, Ousmane Tanor Dieng – «OTD» – est...