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Actualités - Chronologie

Francophonie 19e prix littéraire "France-Liban 1999" à Ramy Zein

Solidere n’en finit pas de déclencher les passions. Le 10 septembre 1999, la société lance un concours international restreint de paysagisme pour la création d’un «Jardin du pardon». Quelques milliers de mètres carrés, délimités par la place de l’Étoile, la cathédrale Saint-Georges et la mosquée Abou Baker, qui ont été soumis à six paysagistes «sélectionnés», précise la brochure distribuée à l’entrée de l’exposition (*), «selon leur réputation, leur talent en matière de design et leurs travaux antérieurs». Richard Bödeker, de l’étude allemande BW&P ABROAD, Kathryn Gustafson, de l’étude américaine Gustafson Porter, Robert Murase, de l’étude américano-japonaise Murase Associates, Mario Schjetnan, de l’étude mexicaine Grupo de Diseño et Kim Wilkie, de l’étude anglaise Kim Wilkie Environmental Design, ont présenté leurs projets. Renée el-Khazen était la seule Libanaise en lice. «J’étais fière de pouvoir participer à l’élaboration de ma ville», explique-t-elle. «Le programme a été dirigé par des archéologues, et j’ai de mon côté consacré deux mois à l’étude du site». Paysagisme en forme d’écrin L’architecte-paysagiste reste fidèle à un principe : s’adapter à l’environnement sans imposer ses envies ou celles des autres. «C’était une initiative forte et un risque à prendre pour respecter le site». Ce respect passe par l’application d’une règle «appliquée dans toute l’Europe : le paysagisme est absolument interdit sur les ruines». On ne peut pas faire plus simple. À partir de ce précepte, Renée el-Khazen a élaboré son «jardin archéologique» : «J’ai travaillé selon deux axes : les jardins suspendus en forme d’écrin pour les ruines et les alentours de celles-ci, et le traitement du terrain, c’est-à-dire remettre les colonnes debout et étudier le drainage pour que le site ne ressemble pas à une piscine en hiver». Jardins sur le haut des immeubles qui bordent la limite Est du site, promenades bordées d’eau avec des entrées bien définies pour les protéger, mais aussi fontaines et murs aquatiques pour traiter une dénivellation de 6 mètres de haut, escaliers transparents, passerelle-transition «pour unir les places de l’Étoile et des Martyrs», patio naturel pour le bâtiment réservé à l’administration près du chemin moyen- âgeux, maison du jardinier en sous-sol, etc. Particularités du projet : les jardins sont autour des églises, éloignés des vestiges, et le Cardo Maximus est reconstruit. Halte aux pastiches Mais le projet de Renée el-Khazen n’a pas été accepté, parce qu’elle a refusé de s’intéresser à la notion de pardon : «C’est un thème beaucoup plus extrême-oriental qu’arabe», commente-t-elle. «Il faudrait arrêter de faire des pastiches», affirme-t-elle en faisant allusion au dossier envoyé par les organisateurs du concours, dont les suggestions sont effectivement loin d’être adaptées à l’environnement du site : «Au lieu d’espérer des financements étrangers pour l’entretien du jardin, il vaudrait mieux respecter les moyens du pays et ses conditions climatiques», renchérit-elle. Quant au projet de remblai des ruines pour les protéger, la paysagiste le montre du doigt : «Mais alors pourquoi veut-on planter par-dessus des arbres aux racines très profondes, qui les détérioreront encore plus sévèrement ?». Il semblerait donc que le jury n’ait pas tenu compte du site et de sa conservation mais seulement d’un paysagisme à outrance, qui ignore la valeur historique et culturelle des vestiges, qu’il était pourtant chargé de mettre en valeur. «Pourquoi réduire le site à une rocaille?», demande Renée el-Khazen. Le temps le dira.
Solidere n’en finit pas de déclencher les passions. Le 10 septembre 1999, la société lance un concours international restreint de paysagisme pour la création d’un «Jardin du pardon». Quelques milliers de mètres carrés, délimités par la place de l’Étoile, la cathédrale Saint-Georges et la mosquée Abou Baker, qui ont été soumis à six paysagistes «sélectionnés», précise la brochure distribuée à l’entrée de l’exposition (*), «selon leur réputation, leur talent en matière de design et leurs travaux antérieurs». Richard Bödeker, de l’étude allemande BW&P ABROAD, Kathryn Gustafson, de l’étude américaine Gustafson Porter, Robert Murase, de l’étude américano-japonaise Murase Associates, Mario Schjetnan, de l’étude mexicaine Grupo de Diseño et Kim Wilkie, de l’étude anglaise Kim Wilkie...