L’Autriche salue le «bilan sensationnel» cette saison de son équipe de ski alpin et se penche déjà sur les objectifs et la préparation de sa «wunderteam» pour les prochaines compétitions. Comme si la suprématie autrichienne allait de soi en ski alpin, la presse autrichienne ne s’est pas appesantie, lundi, sur «l’hiver inoubliable du superlatif» de l’équipe rouge blanc rouge. Les empereurs du ski ont encore des réserves et de nombreux objectifs pour les saisons prochaines, aux championnats du monde à Sankt Anton en 2001 et aux jeux Olympiques à Salt Lake City dans deux ans. Si elle mise toujours sur son athlète d’exception Hermann Maier, la fédération de ski veut développer aussi la relève. «Nous voulons que tous nos athlètes deviennent très bons», assurait le directeur alpin de la fédération de ski autrichienne, Hans Pum, lors d’une émission télévisée, dimanche soir, en l’honneur à l’équipe autrichienne. Celle-ci a dépassé le chiffre magique de cent podiums cette saison. «Et ce n’est pas fini. Si l’on pense que nous sommes rentrés avec 13 médailles aux championnats du monde junior, on peut deviner ce que l’avenir nous réserve», assure M. Pum, dans un entretien au quotidien Kronenzeitung, lundi. «Nous recherchons le succès de demain et d’après-demain dans tous les domaines», résumait le président de la fédération autrichienne de ski, Peter Schroecksnadel, à la télévision, dimanche. «Chaque année, nous sommes encore plus forts qu’avant,» a-t-il constaté, soulignant que «nous avons une situation qui n’existe pas dans les autres pays», notamment de très bons clubs, dans tout le pays. «Nous avons réussi à maintenir une cohésion au sein de l’équipe», a-t-il dit, ajoutant que «Maier a besoin de l’équipe et réciproquement» pour maintenir la pression. Les victoires autrichiennes sont aussi le fruit d’une maîtrise scientifique ultraperformante, que la concurrence jalouse et tente de copier. Toutes les données exploitables de la saison ont été stockées sur ordinateur, et – exclusivité pour Hermann Maier –, la fédération dispose d’un appareil mesurant la force pour trouver un équilibre parfait. Outre un matériel ultramoderne, les skieurs disposent d’une équipe de sept experts médicaux allant du physiothérapeute au masseur, qui se consacrent au quotidien, au mental et au physique des athlètes. «Je ne suis pas encore au but. Je sens que je peux faire encore plus», a assuré pour sa part Hermann Maier, le seul Autrichien après Karl Schranz à avoir remporté deux Coupes du monde, dont celle de cette année. Son objectif pour Sankt Anton : conserver au moins ses deux médailles d’or empochées à Vail en 1999, en descente et Super-G. Il n’exclut pas de concourir à l’avenir aussi en slalom «mais ce sera trop tôt pour l’hiver prochain». Son entraîneur privé, Heinrich Bergmueller, envisage de lui faire commencer l’entraînement fin avril au centre sportif d’Obertauern, après lui avoir accordé un voyage d’aventure de deux semaines. En dehors des exercices traditionnels de vitesse et de coordination, il va introduire des éléments de boxe dans l’entraînement pour augmenter la capacité de réaction et privilégier une alimentation encore plus riche en hydrates de carbone. Prendre le sillage de Régine, Christel et Joël Régine Cavagnoud, Christel Saïoni et les slalomeuses, ainsi que Joël Chenal, ont apporté de grandes satisfactions à l’équipe de France durant une Coupe du monde 1999/2000 de ski alpin, marquée par la faiblesse de la vitesse et du slalom masculins. Trois victoires, dont la descente des finales de Bormio, pour une troisième place sur le podium du classement général et la quatrième en super-G : Régine Cavagnoud s’est surprise elle-même par la qualité de sa saison post-opératoire. «On n’a pas su gérer cette situation nouvelle», admet-elle, décidée à revoir ses ambitions à la hausse dans le futur. «C’était nouveau de se retrouver en tête d’un classement. On l’a pas pris au sérieux. Il n’y a pas eu un véritable discours entre entraîneur et coureur». Capable de s’illustrer dans trois disciplines (la vitesse plus le géant), la petite blonde de la Clusaz se sent désormais apte à rivaliser avec le gotha mondial, comme le faisait Carole Merle, au début des années 90. Au point de «prendre plus au sérieux» même le slalom, pour grappiller des points en combiné. Mélanie Suchet, à la recherche d’une vitesse égarée, et Ingrid Jacquemod, qui a trouvé ses marques parmi les dix meilleures, peuvent prendre le sillage de Cavagnoud. Pour Christel Saïoni, ce fut la saison du bonheur. Même si le final de Bormio ne lui a pas souri, la laissant à 19 points d’un globe de cristal qui n’a pas été remporté par une slalomeuse française depuis Perrine Pelen, en 1980. Mais ce n’est que partie remise. Retour attendu de Bourgeat Petits skis aux pieds et premier succès en poche, elle se sent désormais «libérée, loin des courses crispées d’antan». L’année de ses 27 ans, elle souhaite rester sur les podiums et pourquoi pas la plus haute marche. Elle sait en tout cas qu’elle y sera poussée par ses partenaires, Vanessa Vidal, Hélène Richard et Laure Péquegnot, avec lesquelles elle compose la meilleure équipe du circuit. On ne peut pas en dire autant chez les garçons où seul Sébastien Amiez, le temps de s’adapter aux skis plus courts, a arraché son billet pour les finales et sa place en première série. L’espoir viendra de Pierrick Bourgeat, hors course toute la saison sur blessure, qui prépare son retour dans une discipline, il est vrai très compétitive. Joël Chenal a franchi un palier en trouvant le chemin de la victoire dans une spécialité où la concurrence est pourtant très forte avec Maier et Mayer, et le reste de l’armada autrichienne. «J’ai réussi à entrer parmi les cinq meilleurs, je vais monter la barre jusqu’au trio de tête», dit-il. «Joe» n’a peut-être pas le charisme d’un leader mais sa réussite peut motiver l’ancien, Christophe Saïoni, et les jeunes loups tels Vincent Millet et Raphaël Burtin, vainqueur de la Coupe d’Europe. Reste le domaine de la vitesse archi-dominée par Maier and Co : la descente, seule discipline où la France n’était pas représentée à Bormio, malgré quelques coups d’éclat de Claude Crétier, et le super - G. «C’est toujours inquiétant et ennuyeux, mais c’est une saison correcte par rapport au niveau et à l’âge», estimait le directeur technique national Michel Vion, parlant d’année de transition entre «l’ancienne équipe des Alphand, Crétier et Burtin, qui gagnait, et la nouvelle génération qui apprend le métier». Saison 1999/2000 de ski nordique : premières et confirmations Une première victoire finale dans la Coupe du monde du biathlète français Raphaël Poirée, un premier trophée en ski de fond pour l’Espagne, un titre défendu avec succès en saut à skis par l’Allemand Martin Schmitt : premières et confirmations ont marqué la saison de ski nordique. Une cinquième place dans l’ultime épreuve dimanche à Khanty Mansiysk, en Sibérie occidentale, site des championnats du monde 2003, a suffi à Poirée, 25 ans, consacré champion du monde cette saison, pour remporter le grand Globe de cristal du biathlon. Ce n’est toutefois pas le premier succès de la France dans cette discipline, quelque peu confidentielle jusqu’à ce que la télévision ne lui consacre une large place, Patrice Bailly-Salins ayant gagné en 1994 et les dames ayant remporté deux titres, Anne Briand (en 1995) et Emmanuelle Claret (1996). En revanche, Johann Muehlegg, originaire d’Allemagne, qui courait pour la première fois sous les couleurs espagnoles après ses bisbilles avec la Fédération allemande, a apporté en ski de fond la première victoire finale en Coupe du monde pour son pays d’adoption. Chez les dames, la Suédoise Magdalena Forsberg survole depuis quatre saisons le biathlon. Pour la quatrième année successive, la biathlète a brandi le grand Globe de cristal et n’a pas l’intention de raccrocher la compétition, alors que la Française Corinne Niogret, championne du monde, occupe la troisième place au classement final. À l’issue d’une saison de plus de trois mois et demi, épuisante pour tout le monde, Forsberg a cependant manqué lors de l’ultime épreuve en Sibérie d’établir un nouveau record de victoires de la saison, qu’elle détient avec l’Allemande Uschi Disl, toutes deux totalisant 19 succès. Millionnaire Confirmation également pour le jeune Allemand de 22 ans, Martin Schmitt, qui a défendu avec succès son titre en Coupe du monde. «L’homme volant» de la Forêt Noire a littéralement survolé la saison, même s’il a dû laisser la victoire de la célèbre Tournée des quatre tremplins à l’Autrichien Andreas Widhoelzl. Un autre Allemand, Sven Hannawald, champion du monde de vol à skis, s’est adjugé le Globe de cristal dans cette discipline spectaculaire, marquée lors du dernier week-end de la saison, sur le tremplin mythique de Planica, en Slovénie, par le fabuleux record du monde établi par l’Autrichien Andreas, «Goldi», Goldberger avec 225 m. Si le spectacle était du côté des Allemands et des Autrichiens, la Finlande s’est montrée la plus régulière, remportant la Coupe des nations. En revanche, les Japonais ont connu leur «Pearl Harbor» ne récoltant pas la moindre victoire. En combiné nordique, le chassé-croisé entre le Finlandais Samppa Lajunen, qui a obtenu son deuxième titre (après 1997), et l’ancien tenant du trophée, le Norvégien Bjarte Engen Vik, a toutes les chances de se poursuivre la saison prochaine. La télévision s’est largement emparée du ski nordique où, parallèlement, les primes ont augmenté. Poirée, à deux mois de son mariage avec la championne du monde norvégienne de biathlon Liv Grete Sjkrelbreid, a empoché environ 15 000 euros (14 586 dollars). Une «misère» toutefois en comparaison des 50 000 euros, dimanche, pour Hannawald où des gains d’un Martin Schmitt, millionnaire cette saison avec près de 500 000 euros de prix et de primes et 1 million d’euros, estimé, en contrats publicitaires. Les moments forts de la saison prochaine sont les championnats du monde à Lahti, en Finlande (saut, fond, combiné nordique), et à Pokljuka, en Slovénie (biathlon). D’ici là, les vainqueurs des Coupes du mondes devraient se retrouver fin avril chez le pape Jean-Paul II.
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