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Actualités - Chronologie

Histoire - L'âme damnée du dernier couple impérial russe racontée en livre(photos)

«Le véritable Raspoutine» a pris chair sous la plume de l’écrivain russe Edouard Radzinsky, grâce à un mystérieux dossier, disparu pendant soixante-dix-huit ans avant d’être acheté par hasard aux enchères par le violoncelliste russe Mstislav Rostropovitch. Raspoutine, le dernier mot («Rasputin, the Last Word»), qui vient de sortir dans les librairies britanniques, raconte, avec des détails incroyables, l’âme damnée du dernier couple impérial russe, Alexandra et Nicolas II, son influence démesurée sur la tsarine, ses beuveries, ses orgies, mais également son enfance dans le village sibérien de Pokrovskoe et son assassinat à Saint-Pétersbourg, le 16 décembre 1916. «J’ai tout de suite su, par intuition, que je devais acheter ces documents», raconte Mstislav Rostropovitch dans une interview. Le musicien avait repéré en 1995 dans un catalogue de Sotheby’s un «lot sur Raspoutine». Sans connaître son contenu, il achète aux enchères par téléphone à Londres les quelque 500 pages de documents. Le musicien vient de mettre la main sur un trésor, qu’il remet très vite à Edouard Radzinsky, auteur de théâtre renommé, historien, auteur de biographies de Nicolas II et de Staline, animateur à la télévision russe. Détails précieux «Lorsque je l’ai vu, j’ai eu un choc», raconte l’écrivain. «J’ai très vite compris qu’il s’agissait de témoignages de gens qui aimaient cet homme», contrairement à la foule de documents jusqu’ici disponibles, émanant tous d’ennemis. Pour la première fois, «on pouvait commencer à comprendre la plus puissante légende de la Russie de ce siècle», ajoute-t-il. Le «dossier» avait été constitué par la «Commission extraordinaire d’enquête sur les actes illégaux commis par les ministres et autres personnes responsables du régime tsariste», mise en place après la chute du régime impérial. Cette commission avait en particulier enquêté sur l’assassinat de Grigori Efimovitch Raspoutine par le prince Felix Ioussoupov et ses acolytes, interrogeant des dizaines de proches du moine. Peu après sa compilation, ce dossier avait disparu. Selon Edouard Radzinsky, un membre de l’immigration l’a sans doute emmené au moment de la révolution en Europe, où il est resté, oublié pendant soixante-dix-huit ans. Il recèle pourtant une mine de détails précieux, lettres écrites par Raspoutine lui-même à «Papa et Maman» (Nicolas II et Alexandra), description de lui, nu dans son bain, son dégoût des sucreries, témoignages de paysans de son village natal, une lettre d’une nonne racontant son viol par le moine fou... Ces documents «démythifient Raspoutine pour en faire un homme réel», raconte Radzinsky. La nuit du meurtre Le dossier comprend notamment le très long témoignage de Ania Vyrubova, confidente de la tsarine, plus ou moins amoureuse de Nicolas II et très proche de Raspoutine. Il retrace également la nuit du meurtre. Le prince Felix Ioussoupov a, dans ses mémoires, présenté Raspoutine comme quasi-immortel, résistant à du vin et des gâteaux empoisonnés, plusieurs balles et coups de couteaux et n’expirant qu’une fois jeté, ligoté, dans le canal Malaya Nevka à Saint-Pétersbourg. Or, le dossier révèle que Raspoutine n’a pas mangé de gâteaux, a bu un poison trop dilué pour être nocif et n’a reçu que quelques projectiles. Jusqu’au dernier moment, il aura tenté de se libérer de ses liens, comme en témoigne une photo impressionnante et inédite de son corps sorti des eaux, les bras levés. «Ce n’était qu’un homme», croit bon préciser Radzinsky. L’écrivain a retrouvé dans d’autres archives quatre télégrammes inédits de la tsarine Alexandra à «Our Friend» (notre ami), comme elle l’appelait en anglais. Ces textes, qu’elle signe «Darling», sont très tendres et pourraient accréditer la thèse d’une relation amoureuse entre la tsarine et Raspoutine. «Personnellement, je ne pense pas qu’ils ont eu une relation sexuelle», explique Radzinsky. «Mais je laisse au lecteur le choix de décider».
«Le véritable Raspoutine» a pris chair sous la plume de l’écrivain russe Edouard Radzinsky, grâce à un mystérieux dossier, disparu pendant soixante-dix-huit ans avant d’être acheté par hasard aux enchères par le violoncelliste russe Mstislav Rostropovitch. Raspoutine, le dernier mot («Rasputin, the Last Word»), qui vient de sortir dans les librairies britanniques, raconte, avec des détails incroyables, l’âme damnée du dernier couple impérial russe, Alexandra et Nicolas II, son influence démesurée sur la tsarine, ses beuveries, ses orgies, mais également son enfance dans le village sibérien de Pokrovskoe et son assassinat à Saint-Pétersbourg, le 16 décembre 1916. «J’ai tout de suite su, par intuition, que je devais acheter ces documents», raconte Mstislav Rostropovitch dans une interview. Le musicien avait...