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Actualités - Chronologie

Le monde des affaires attend des changements pour l'après-Eltsine

Les milieux économiques russes et étrangers s’attendent à des changements avec l’arrivée annoncée de Vladimir Poutine à la tête du Kremlin, mais personne ne s’avance à assurer qu’ils iront dans le bon sens. Le président par intérim, depuis la démission de Boris Eltsine le 31 décembre, s’est attaché à lancer des signaux positifs au monde des affaires : il a insisté sur la nécessité d’attirer les investissements étrangers, défendu le droit de propriété, condamné les renationalisations, la corruption et la collusion entre certains grands hommes d’affaires et le pouvoir, écouté les doléances des petites et moyennes entreprises, prôné un État fort qui renforcerait les institutions légales et la transparence. Mais le programme économique de Poutine reste pour tous une page blanche. Certains assurent que M. Poutine mettra en place un environnement légal sain, faisant respecter des règles égales pour tous, supprimant les privilèges. Les spéculateurs jouent cette carte et la Bourse a repris des couleurs ces dernières semaines, saluant même le retour des premiers fonds étrangers. D’autres prédisent une dérive totalitaire et craignent un bâillonnement de la presse qui effacerait toute ouverture économique. M. Poutine n’est vraisemblablement «ni un sauveur, ni un démon, mais un fonctionnaire au passé un peu particulier» (celui d’un homme issu des rangs du KGB, de sinistre réputation), relève un spécialiste de la Russie. «Personne ne peut dire ce qu’il fera une fois président», ajoute-t-il. L’ancien petit fonctionnaire des services secrets, propulsé à la tête de la Russie par l’entourage de Boris Eltsine, devrait d’abord consolider son pouvoir, s’entourant dans un premier temps de ses amis de Saint-Pétersbourg, comme Boris Eltsine s’était entouré de personnalités venues d’Ekaterinbourg avant de rompre le cordon avec sa terre natale. Un programme économique «sur le long terme» pourrait être rapidement publié, et les premières mesures portant «sur des éléments non controversés des réformes de base, comme la fiscalité ou le code foncier» annoncées, selon la société d’investissement Renaissance Capital. Les investisseurs «scruteront toute indication concrète d’une lutte contre la corruption», ajoute Renaissance. Pour le monde des affaires, c’est en effet un dossier clef, qui permettrait un développement normal du «business», l’arrêt des fuites de capitaux et placerait la Russie durablement sur la voie du redressement économique. Mais il faudra au moins six mois avant de comprendre ce que veut réellement faire le nouveau maître du Kremlin, et comment il réagira face à l’adversité qui ne manquera pas de se développer, relève ce spécialiste. Pour le moment, le candidat Poutine bénéficie d’un état de grâce. La population russe, qui place les questions de bien-être économique en tête de ses préoccupations (devant la guerre en Tchétchénie), lui fait entièrement confiance. L’industrie poursuit son expansion à un rythme qui surprend les analystes, les prix du pétrole restent fermes et assurent un large excédent commercial, le niveau de vie commence doucement à remonter après avoir diminué de plus de 30 % après la crise financière de 1998. Il faudra pourtant bien s’attaquer aux lourdes réformes structurelles repoussées depuis des années et à un système de pouvoir totalement opaque. Si Poutine choisit cette voie, «la lutte sera très dure avec l’élite dirigeante», prédit Dimitri Vassiliev, libéral et ancien chef de la commission des titres.
Les milieux économiques russes et étrangers s’attendent à des changements avec l’arrivée annoncée de Vladimir Poutine à la tête du Kremlin, mais personne ne s’avance à assurer qu’ils iront dans le bon sens. Le président par intérim, depuis la démission de Boris Eltsine le 31 décembre, s’est attaché à lancer des signaux positifs au monde des affaires : il a insisté sur la nécessité d’attirer les investissements étrangers, défendu le droit de propriété, condamné les renationalisations, la corruption et la collusion entre certains grands hommes d’affaires et le pouvoir, écouté les doléances des petites et moyennes entreprises, prôné un État fort qui renforcerait les institutions légales et la transparence. Mais le programme économique de Poutine reste pour tous une page blanche. Certains assurent...