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Actualités - Reportages

Une architecture qui ne prend pas en considération l'Histoire

Le site de Cana sera ouvert aux touristes à la fin de l’été. Les travaux d’aménagement ont déjà commencé sur les lieux, et les nouvelles constructions ne mettent pas en danger les vestiges. Mais le projet n’a pas été conçu en fonction de ces vestiges. En effet, l’échelle de proportion, qui assure la cohérence entre les bas-reliefs et les nouvelles constructions, n’existe pas. La plate-forme au-dessus de la colline sera transformée en un immense parking. «Six grands bus et une cinquantaine de voitures peuvent y trouver place», explique M. Fredéric Francis, l’architecte paysagiste responsable de l’étude du projet. «Des places sont réservées pour les handicapés physiques et des passages ont été aménagés à leur intention. Le parking sera recouvert d’asphalte. Des arbres seront plantés tout autour», poursuit-il. Deux magasins pour souvenirs et objets touristiques ainsi qu’un petit café seront aménagés à l’entrée du circuit menant à la grotte. «Nous comptons, plus tard, construire un petit musée pour les objets archéologiques trouvés sur le site ou ailleurs dans le village de Cana», affirme M Francis. L’architecture envisagée pour la construction des petits édifices est largement inspirée des maisons du Maroc et de l’Espagne. En fait, les murs, en béton, seront couverts par une large couche d’enduit coloré. «Les façades et les arêtes seront moulées pour rappeler les rochers des lieux. Ils ont une forme irrégulière qui rappelle, en plus des rochers, les murs en torchis trouvés dans certains villages du Liban, note l’architecte du projet, et l’objectif principal de cette architecture est d’aménager le site pour les touristes sans toutefois détonner avec le paysage. Je voudrais vraiment que ces constructions soient effacées et en pleine harmonie dans ces lieux». Certes, l’objectif est louable, mais l’architecture envisagée ne respecte pas l’Histoire et les modes de construction dans ce pays. Car les murs en torchis sont, dans cette partie du monde, utilisés pour les abris sous roche et les maisons dans les villages sont édifiées en pierre locale recouverte à l’intérieur d’un enduit blanc. Il faut espérer que cette architecture innovatrice sera en harmonie totale avec les rochers qui entourent le site dans ce paysage aride. En fait, les roches grises, entre lesquelles pousse le maquis, s’étendent sur les collines et surplombent le petit vallon où coule au printemps un petit cours d’eau. Mais dans le plan d’aménagement, une cascade est envisagée. «Cela a pour but de donner un peu de vie au paysage et de mettre en valeur la carrière de pierres récemment découverte par les archéologues. L’eau sera pompée à partir de petites bassines naturelles se trouvant au-dessus des carrières et elle coulera sur le devant de celles-ci», note M. Francis. Toutefois, une cascade ne peut que détonner dans ce contexte. Par son humidité, l’eau peut engendrer des problèmes pour lesquels aucune solution n’a été prévue. Ajoutons qu’un monument archéologique ne doit pas être caché par l’eau ou transformé en objet divertissant dans un paysage. Larges sentiers Pour accéder aux bas-reliefs et à la grotte, des sentiers ont été percés. Ils sont faits en gravier. Leur largeur varie entre un mètre et deux mètres. Par endroits, des aires de repos avec des banquettes sont envisagées à l’ombre des arbres qui seront plantés. Une bonne partie du sentier est construite en pente afin de faciliter l’accès aux reliefs. Il est toutefois important de préciser que, jusqu’aujourd’hui, aucun arbre ne pousse dans ce paysage aride. Les reliefs se détachent dans leur contexte naturel un peu sauvage. La végétation se limite au maquis et les arbres se font rares. Faut-il vraiment en planter ? Certes, le sentier est difficile à emprunter par endroits et parfois même dangereux mais fallait-il en construire un autre d’une largeur de deux mètres ? N’était-il pas possible d’envisager pour ce site un projet qui respecte l’aspect sauvage des lieux ? Il est certain que le site sera esthétiquement beau. Malheureusement, les plans ont étouffé l’archéologie. L’aménagement d’un site doit être réalisé en fonction de la grandeur réelle, et non historique, des vestiges archéologiques.
Le site de Cana sera ouvert aux touristes à la fin de l’été. Les travaux d’aménagement ont déjà commencé sur les lieux, et les nouvelles constructions ne mettent pas en danger les vestiges. Mais le projet n’a pas été conçu en fonction de ces vestiges. En effet, l’échelle de proportion, qui assure la cohérence entre les bas-reliefs et les nouvelles constructions, n’existe pas. La plate-forme au-dessus de la colline sera transformée en un immense parking. «Six grands bus et une cinquantaine de voitures peuvent y trouver place», explique M. Fredéric Francis, l’architecte paysagiste responsable de l’étude du projet. «Des places sont réservées pour les handicapés physiques et des passages ont été aménagés à leur intention. Le parking sera recouvert d’asphalte. Des arbres seront plantés tout autour»,...