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Actualités - Chronologie

Madagascar Antananarivo sous la menace du choléra

Un petit cercueil de bois est posé contre le mur du principal hôpital de Madagascar, prêt à accueillir la dernière victime du choléra qui frappe la Grande île depuis un an et menace de se propager avec les récentes inondations. À côté, près d’un arbre, Jean-Baptiste Randrianomanana attend. Son fils âgé d’un an vient de mourir, cinq jours après son admission, mais cet agriculteur de 41 ans ignore quand il pourra récupérer le corps. La tradition veut que les morts soient périodiquement déterrés dans des cérémonies de danse et d’hommage, mais les autorités craignent que cette coutume n’augmente les risques de propagation de la maladie. «Ils n’ont pas voulu que j’emporte le corps à la maison. C’est interdit», se désole Randrianomanana. «Pourquoi ne puis-je pas emmener mes morts dans la tombe ancestrale ? Je n’en sais rien. Ils m’en empêchent». Lui-même a survécu à la maladie le mois dernier mais à l’hôpital général d’Antananarivo, les conditions sont précaires, des enfants dorment parfois à quatre dans le même lit. «Beaucoup de gens sont morts. Je ne sais pas combien mais il y en a eu beaucoup. Les ambulances ont amené beaucoup de gens malades à l’hôpital, qui sont morts trois ou quatre heures après», raconte ce père de dix enfants. Plus de 20 000 cas de choléra ont été officiellement recensés l’an dernier à Madagascar et plus de 1 200 personnes en sont mortes, soit un taux de mortalité très élevé de 6 %. Avec les inondations survenues ces dernières semaines après le passage des cyclones Eline et Gloria, les médecins craignent fortement une multiplication des cas. «Après chaque cyclone, nous savons que les fournitures en eau potable sont affectées, ce qui augmente les risques de choléra ou de malaria», remarque Edward Carwardine, de l’Unicef. Les autorités ont interdit aux journalistes l’accès aux sections des hôpitaux où sont traités les malades du choléra, que les organisations d’aide internationales ne sont pas autorisées à soigner. Cette mesure a incité la branche suisse de Médecins sans Frontières à quitter Madagascar le mois dernier en signe de protestation. «Nous ne pouvons pas mener des programmes de prévention à long terme et assister en même temps à la mort de patients faute d’un traitement approprié», avait expliqué l’organisme. L’Unicef et d’autres organisations travaillent toujours avec le gouvernement à des programmes de purification d’eau et d’amélioration des services de santé.
Un petit cercueil de bois est posé contre le mur du principal hôpital de Madagascar, prêt à accueillir la dernière victime du choléra qui frappe la Grande île depuis un an et menace de se propager avec les récentes inondations. À côté, près d’un arbre, Jean-Baptiste Randrianomanana attend. Son fils âgé d’un an vient de mourir, cinq jours après son admission, mais cet agriculteur de 41 ans ignore quand il pourra récupérer le corps. La tradition veut que les morts soient périodiquement déterrés dans des cérémonies de danse et d’hommage, mais les autorités craignent que cette coutume n’augmente les risques de propagation de la maladie. «Ils n’ont pas voulu que j’emporte le corps à la maison. C’est interdit», se désole Randrianomanana. «Pourquoi ne puis-je pas emmener mes morts dans la tombe...