Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Plaidoyer pour une politique libanaise plus mesurée

Un ancien responsable a déploré les réactions impulsives du gouvernement à la décision israélienne de se retirer du Liban, d’autant plus que les commentaires des officiels se sont caractérisés la plupart du temps par leur discordance. Selon lui, il aurait sans doute mieux valu se contenter d’adopter une politique de «wait and see» en mettant l’État hébreu au défi de tenir ses promesses. «Qu’Israël se retire, nous aviserons alors» : tel est le commentaire qu’aurait envisagé ce responsable. D’aucuns parmi les ministres ont qualifié la résolution israélienne de tactique, entendant par là que le Premier ministre Ehud Barak ne prendrait jamais l’initiative de retirer ses troupes du Sud et de la Békaa avant la conclusion d’un accord avec le Liban et la Syrie. D’autres ont estimé que la décision était sérieuse et qu’elle visait notamment à embarrasser Beyrouth et Damas en tentant de dissocier les deux volets. Ces sources soupçonnent enfin Israël de vouloir fomenter des troubles internes au Liban en retournant l’opinion publique contre la Résistance. Il aurait donc été préférable d’attendre et d’observer la suite des événements, en laissant l’initiative à l’État hébreu. Du reste, en annonçant la décision de retirer son armée du Liban, le chef du gouvernement israélien avait notamment déclaré : «En l’absence d’un accord avec la Syrie et le Liban, le Conseil des ministres se réunira pour décider des modalités d’application de décision». Ce qui veut dire en clair : ces modalités varieront, selon que l’évacuation se réalisera sur base ou en l’absence d’un accord. De fait, si les efforts déployés en vue d’une reprise des pourparlers de paix venaient à aboutir, Ehud Barak pourrait aussitôt saisir ce prétexte pour reporter le retrait du Sud et de la Békaa. En tout état de cause, ce n’est pas la première fois que Tel-Aviv proclame son intention de se retirer du Liban. Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’était déjà engagé à procéder à une évacuation des troupes israéliennes du Liban, mais ces promesses n’avaient jamais été tenues. Pour cause : la décision n’avait pas fait l’unanimité au sein du Conseil des ministres, à la différence de celle qui a été prise par le Cabinet Barak. Une société israélienne divisée L’ancien responsable estime en réalité que la décision israélienne n’est pas importante en elle-même du moment qu’elle peut effectivement constituer une manœuvre dilatoire de la part de l’État hébreu. Par conséquent, les autorités libanaises devraient plutôt se concentrer sur la reprise des négociations avec l’ennemi en vue de parvenir à une paix juste et globale dans la région. Ainsi, il est vain de spéculer sur les intentions israéliennes car l’unanimité autour de la décision du retrait n’implique pas nécessairement un consensus sur les modalités d’évacuation du Sud, de la Békaa ou encore du Golan syrien. Les avis seront de toute évidence partagés au sein du gouvernement, de la Knesset et du peuple israéliens. La population sera sans doute appelée à se prononcer à ce sujet par voie de référendum, et le résultat est loin d’être garanti. En fait, le problème d’une paix juste et globale ne se pose ni au Liban, ni à la Syrie ni aux Arabes en général. C’est Israël qui reste divisé sur la question; sur le retrait du Golan et même du Liban, et sur la mise en application des accords conclus avec l’Autorité palestinienne. La coalition gouvernementale n’a-t-elle pas failli voler en éclats lorsque Barak a reconnu l’existence de la promesse de Rabin concernant un retrait du Golan jusqu’aux frontières du 4 juin 67 ? Le ministre des Affaires étrangères David Lévy avait alors violemment protesté contre l’initiative de M. Barak. Pour tout dire, au moins la moitié de la population israélienne refuse une paix juste et globale avec les Arabes. M. Barak n’est pas le premier dirigeant israélien à se heurter à l’hostilité de la majorité de son peuple à cet égard. Ses prédécesseurs ainsi que toutes les Administrations américaines qui se sont succédé jusqu’à présent se sont montrés incapables de réaliser une telle paix.
Un ancien responsable a déploré les réactions impulsives du gouvernement à la décision israélienne de se retirer du Liban, d’autant plus que les commentaires des officiels se sont caractérisés la plupart du temps par leur discordance. Selon lui, il aurait sans doute mieux valu se contenter d’adopter une politique de «wait and see» en mettant l’État hébreu au défi de tenir ses promesses. «Qu’Israël se retire, nous aviserons alors» : tel est le commentaire qu’aurait envisagé ce responsable. D’aucuns parmi les ministres ont qualifié la résolution israélienne de tactique, entendant par là que le Premier ministre Ehud Barak ne prendrait jamais l’initiative de retirer ses troupes du Sud et de la Békaa avant la conclusion d’un accord avec le Liban et la Syrie. D’autres ont estimé que la décision était...