De légères pressions ont été exercées sur la livre libanaise au début et à la fin de cette semaine, à Beyrouth, dans un marché très calme marqué toujours par la contraction de l’offre du dollar en provenance aussi bien de résidents que de non-résidents. À cela auraient contribué, selon les cambistes, les incertitudes planant sur le pays depuis la décision du gouvernement israélien d’évacuer ses troupes de la zone occupée du Liban jusqu’à la frontière internationale d’ici à juillet prochain. De fait, les craintes liées à ce retrait unilatéral, en l’absence d’accord préalable avec la Syrie, semblent inciter les détenteurs de fonds à une prudente expectative. Cela d’autant que le président Émile Lahoud faisait savoir clairement que les autorités libanaises ne seraient pas disposées au lendemain de ce retrait à garantir la sécurité de la frontière libanaise avec Israël, dans la mesure où une telle garantie ne pourrait être fournie que dans le cadre d’une paix globale incluant aussi bien un retrait israélien du Golan qu’un règlement approprié du problème des réfugiés palestiniens au Liban. Il a résulté de ce climat, contrairement à la semaine dernière, des fluctuations à la hausse du dollar sur le marché interbancaire, le faisant négocier finalement à des cours en hausse mais toujours inférieurs au taux moyen indicatif fixé par la Banque du Liban (BDL) pour cette monnaie. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue donc à clôturer le dollar en moyenne à 1 507,50 L.L, comme depuis le 9 septembre dernier, pendant que les établissements de crédit le traitaient finalement cette semaine entre 1 504,00 et 1 505,00 LL contre 1 501,00 et 1 502,00 LL à la fin de la semaine dernière, en hausse de 0,20 % en moyenne, en raison de la propension du marché à la demande plutôt qu’à l’offre. Pourtant, ce phénomène ne s’est guère accompagné d’activités, comme en témoignent les volumes d’affaires quotidiens assez minces ne dépassant pas sur la semaine quelque 30 millions de dollars entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, sans aucune intervention de la BDL. L’euro a fait grise mine face au yen et au dollar cette semaine À l’étranger, l’euro a passé toute cette semaine en petite forme sur les marchés des changes internationaux, après son plongeon à un nouveau plus bas historique la semaine précédente et sans beaucoup de souffle pour repousser le double assaut du dollar et du yen. La monnaie unique européenne ne s’est donc guère éloignée du seuil de 0,96 dollar, ne reprenant de couleurs qu’à la veille du week-end, soutenue par des rumeurs d’un possible relèvement des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) lors de la réunion de son conseil de gouverneurs jeudi prochain, alors qu’elle les avait laissés inchangés le 2 février dernier. Le yen a été cette semaine très actif face à l’ensemble des devises, en mettant l’euro dès mardi dernier à son plus bas niveau historique contre la devise nippone. De son côté, le dollar, également robuste, a profité de l’anticipation par les cambistes d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) le 21 mars prochain. Quant à la livre sterling, elle a perdu un peu de terrain, touchant notamment le seuil de 1,57 dollar qu’elle n’avait pas atteint depuis juillet 1999, après que la Banque d’Angleterre eut maintenu ses taux d’intérêt en l’état à 6,00 %. Encore une fois, les bons indicateurs économiques publiés cette semaine dans la zone euro n’ont pas profité à la monnaie européenne qui inspire toujours la méfiance aux investisseurs. Dans ce contexte, le repli de l’euro par rapport au yen est venu donc affaiblir la monnaie unique face au dollar du fait des échanges croisés sur les marchés. L’euro a, en revanche, bénéficié d’un léger coup de pouce en milieu de semaine après l’annonce du projet de fusion entre Dresdner et Deutsche Bank et de l’offre d’achat de la HSBC sur la Commerzbank, qui pouvaient entraîner tous les deux une forte demande d’euros sur les marchés. Mais, il n’en demeure pas moins que la monnaie unique européenne a été victime cette semaine de la vigueur du yen, dopé par des rapatriements de capitaux japonais placés à l’étranger à l’approche de la fin de l’année fiscale au Japon le 31 mars. Cela d’autant que la devise nippone est restée insensible au milieu de la semaine à l’intervention de la Banque du Japon pour calmer ses ardeurs. Le yen est donc reparti à la hausse en fin de semaine surtout après les commentaires rassurants, hier, du ministre japonais des Finances, Kiichi Miyazawa, selon lequel une reprise de l’économie devrait être visible au Japon dès le trimestre en cours. De même, l’annonce d’une hausse surprise des commandes de machines en janvier au Japon a poussé les cambistes à faire le plein de yen. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar est parvenu hier à achever la semaine sur un ton généralement résistant face aux autres grandes monnaies à l’exception toutefois du yen, se négociant à New York comme suit : – 0,9635 pour un euro contre 0,9590, à la fin de la semaine dernière – 1,5785 pour un sterling contre 1,5775 – 2,0295 DM contre 2,0400 – 6,8075 FF contre 6,8410 – 1,6695 FS contre 1,6765 – 2 009,50 lires contre 2 019,30 – 106,20 yens contre 107,90. Bourse de Beyrouth : affaiblissement de la tendance À la Bourse de Beyrouth, la tendance est restée faible cette semaine, la baisse des actions C de la Banque libanaise pour le commerce, des Ciments libanais et de Lebanon Holdings l’ayant emporté sur la hausse des actions A et B de Solidere dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 1,41 % à 70,75 points à la fin de cette semaine contre 71,76 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui est redescendu de 2,69 % à 161,59 points contre 166,05 points pendant la même période. Ce mouvement s’est produit cette semaine dans un marché toujours étriqué quoique légèrement plus étoffé que la semaine précédente avec au total 150 813 actions d’une valeur globale de 850 361 dollars contre 114 060 actions d’une valeur globale de 536 754 dollars. Volatilité des grandes Bourses Sur les places boursières internationales, Wall Street a souffert cette semaine des craintes de ralentissement de la croissance économique aux États-Unis dans un contexte de resserrement de la politique monétaire par la Fed, toujours soucieuse de juguler les tensions inflationnistes. Le signal a été donné dès le début de la semaine par le géant américain des produits d’hygiène et d’entretien ménager, Procter & Gamble, qui a averti que ses résultats pour l’année en cours seraient largement inférieurs aux prévisions. Cet avertissement a donc suffi aux investisseurs pour fuir en masse les valeurs de la consommation, déjà peu en vogue depuis le début de l’année. Ainsi, la chute de 30 % de Procter & Gamble, une des 30 actions qui composent le Dow Jones des industrielles, a provoqué dès mardi dernier une dégringolade de ce principal indicateur de Wall Street qui est largement retombé en dessous des 10 000 points. Ce phénomène, attribué par nombre d’analystes à la politique monétaire de la Fed tendant à ralentir la croissance de l’économie américaine qui bat des records pour éviter une surchauffe, est venu donc frapper de plein fouet la cote américaine, car les consommateurs achèteraient moins si la croissance ralentit. Cela étant, la Bourse américaine, bien que soutenue par les valeurs de la «nouvelle économie» est devenue extrêmement volatile avec des variations prononcées non seulement d’une séance à l’autre mais sur une seule séance aussi. Cela d’autant que des avertissements lancés par le président de la Fed, Alan Greenspan, et le président de la Commission des opérations en Bourse américaine (SEC), Arthur Levitt, sur la valorisation boursière excessive de plusieurs sociétés n’étaient pas tombés dans des oreilles de sourds sauf pour les valeurs de la haute technologie. Ce phénomène a eu ses effets sur les autres grandes Bourses européennes et asiatiques qui ont eu beaucoup de difficultés cette semaine à conserver leurs gains, malgré la méga fusion entre Dresdner et Deutsche Bank et les projets d’autres fusions et alliances non seulement dans le secteur des banques mais aussi des télécoms, de l’Internet et des médias. Cela étant et abstraction faite de la remontée de l’indice composite Nasdaq des valeurs technologiques de la «nouvelle économie» à plus de 5 000 points pour la première fois de son histoire cette semaine, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles de la «vieille économie» n’a pas pu se maintenir au-dessus du seuil des 10 000 points, affichant hier en préclôture 9 977,31 points contre 10 367,20 points à la fin de la semaine dernière, marquant une baisse de 3,76 % d’une huitaine à l’autre. Dans son sillage, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a également cédé 0,89 % à 19 750,40 points contre 19 927,54 points, ainsi que le CAC 40 de la Bourse de Paris qui a abandonné 0,06 % à 6 510,28 points contre 6 514,11 points, alors que le Footsie de la Bourse de Londres et le Dax de la Bourse de Francfort ont dû réduire leurs gains de la semaine à 1,25 % et 0,20 % à respectivement 6 568,70 points et 7 975,95 points contre 6 487,50 points et 7 960,03 points.
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