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Actualités - Chronologie

Vêtement du siècle Le pantalon, symbole de libération (photos)

Quel vêtement symbolise à lui seul la libération de la femme, une des plus belles performances du XXe siècle? Le pantalon, assure un ouvrage signé de Laurence Benaïm (Éd. l’Amateur), permet de retracer la glorieuse traversée d’un vêtement devenu l’image (banalisée) de l’émancipation féminine. Fin XIXe siècle, une femme qui écarte les jambes, même sous un flot de jupons en dentelles, n’est pas une dame qu’on épouse. Avocates, chercheuses, scientifiques, écrivains, qui oserait se présenter en pantalon serait bannie à jamais des cercles respectables. En 1910, lorsque Marie Curie, à l’annonce de la découverte du radium, figure dans les photos en compagnie de Pierre son époux dans leur laboratoire, sa jupe frôle le plancher, la légende précisant: «Le couple scientifique en tenue de travail». Le dernier siècle du précédent millénaire non seulement a permis aux femmes de montrer leurs jambes mais aussi de révéler au regard les mouvements de leurs hanches et de leurs cuisses tout en facilitant leur action. Dans sont livre Le pantalon, une histoire en marche, la journaliste Laurence Benaïm raconte l’aventure de cette pièce devenue basique dans la garde-robe féminine depuis une soixantaine d’années. En épousant leurs formes, leurs luttes et leurs désirs, elle devient la preuve qu’elle est plus qu’un vêtement ou un effet de mode. Le pantalon marque en effet, par la libération du mouvement, sa fonction de protection, l’allure qu’il confère, le chemin parcouru par la femme au cours du dernier siècle. Il a traversé le temps en marquant les décennies par son évolution, en fixant les images de la conquête du corps et de sa féminité. À son avènement, vers les années 1910, seules les amazones, les excentriques croqueuses d’hommes (professionnelles ou de salon) «osaient porter culotte». Les unes à cheval ou à bicyclette, les autres au cours de leurs safaris galants. Sans proclamer encore leur liberté, elles bravaient les regards en même temps que les interdits... En même temps que le légendaire couturier Paul Poiret signe par ses créations l’arrêt de mort du corset, son épouse lance au cours d’un bal de mille et une nuits le pantalon de harem, imitée par toutes les lionnes de l’époque. Prudente, la maison Hermès commercialise des culottes pour le golf, le ski, avant de se hasarder à plus. La Première Guerre mondiale, en envoyant les hommes aux fronts, force les femmes à travailler dans les usines et de s’habiller en conséquence. Le pantalon paraît alors le meilleur vêtement pour ménager liberté de mouvement et pudeur. La paix revenue, elles reviennent au foyer reprendre leurs anciennes habitudes, oubliant les grands services rendus par ce vêtement qui leur rappelle la guerre. Mais Coco Chanel se charge de rectifier les tirs. Elle dessine plusieurs modèles et lance le pantalon comme tenue «habillée» à porter avec des perles en sautoir. En matière souple et à «pont des marins», ses créations androgynes séduisent les avant-gardistes et les mondaines sous-Marlène(s) à long fume-cigarette... La seconde guerre mondiale vient brouiller les données et les pistes, sans arrêter, toutefois, la marche du pantalon. En 1975, Karting commercialise une série de pantalons dans une large gamme de coupes et de matières. Faciles à porter, savamment diffusées, ces pièces touchent et gagnent un vaste public féminin. L’avènement du lycra et la vogue du caleçon soulèvent un véritable raz-de-marée. Le sportswear américain et ses jeans trouvent dans la vogue du pantalon un allié providentiel. Une appréciable source d’inspiration aussi qui permet au vêtement de l’Ouest américain des variations chic et choc. Adoptée par le cinéma, la vogue du pantalon gagne le monde. Katherine Hepburn, Greta Garbo, Marlène Dietrich, Marilyn Monroe feront de ce vêtement un objet du désir. Les femmes de tous les pays découvrent à leur tour le confort inégalable du pantalon. Les grands couturiers se mettent à leur tour au culte de la culotte. Courrèges l’incorpore à ses collections mais c’est Yves Saint-Laurent, par son célébrissime «smooking», qui l’introduira comme vêtement du siècle. Modelé ou près des courbes du corps féminin, doté de poches, il l’imposera porté avec talons hauts et bijoux. C’est grâce à Yves Saint-Laurent que cette pièce, inventée pour les hommes, est devenue l’apanage des femmes soucieuses de leur féminité, leur élégance et leur confort. C’est à l’aide du couturier, en fait, que le pantalon, aujourd’hui, est devenu un élément classique dans le répertoire de l’élégance. D’après Laurence Benaïm, le pantalon a pris le pas sur la jupe. Les femmes qui le portent retrouvent les allures de la mode, de la séduction et de la fonction tout en permettant à chacune, comme à chacun, d’exprimer sa différence. Quel autre vêtement réussit-il semblable performance?
Quel vêtement symbolise à lui seul la libération de la femme, une des plus belles performances du XXe siècle? Le pantalon, assure un ouvrage signé de Laurence Benaïm (Éd. l’Amateur), permet de retracer la glorieuse traversée d’un vêtement devenu l’image (banalisée) de l’émancipation féminine. Fin XIXe siècle, une femme qui écarte les jambes, même sous un flot de jupons en dentelles, n’est pas une dame qu’on épouse. Avocates, chercheuses, scientifiques, écrivains, qui oserait se présenter en pantalon serait bannie à jamais des cercles respectables. En 1910, lorsque Marie Curie, à l’annonce de la découverte du radium, figure dans les photos en compagnie de Pierre son époux dans leur laboratoire, sa jupe frôle le plancher, la légende précisant: «Le couple scientifique en tenue de travail». Le dernier...