Une journée internationale de la femme, au même titre que la journée mondiale des sidéens, des handicapés et de l’enfant. Bref, une journée pour tous ceux que l’on estime incapables de défendre leurs droits…Telle est donc aujourd’hui la perception que le monde a de la femme qui crie déjà victoire parce qu’elle a réussi à obtenir qu’une journée par an lui soit consacrée… Les médias se sont donc complaisamment étendus hier sur la condition féminine dans le monde actuel et particulièrement au Liban, faisant l’inventaire des célébrités au féminin et de toutes celles qui ont réussi à s’imposer dans un monde d’hommes. Demain tout rentrera dans l’ordre : les femmes battues, violentées, violées, harcelées, emprisonnées, excisées continueront de l’être et toutes les autres qui vivent une forme de discrimination plus subtile poursuivront leur lutte anonyme et presque désespérée. Quant au personnel de maison, comme on appelle désormais les domestiques par égard pour leur dignité (comme si celle-ci tenait à une appellation), il continuera à vivre son calvaire quotidien, dans l’indifférence générale, particulièrement celle des employeuses en mal d’autorité. Y. est kenyane et elle est arrivée il y a seize mois au Liban, croyant y trouver la fortune et pouvoir y manger à sa faim, en s’occupant de l’intérieur de patrons compréhensifs. Résultat, en seize mois, elle a perdu une dizaine de kilos, elle est affamée et n’a jamais touché un sou. Son employeuse la bat régulièrement et lui interdit toute sortie, ainsi que le moindre après-midi de congé. La situation est si intenable et révoltante que le comité pastoral du quartier, alerté par des consciences anonymes, a envoyé un avocat enquêter sur la situation de Y. et au besoin porter plainte devant le parquet de Beyrouth. L’avocat s’est exécuté et la jeune Y. a été convoquée au commissariat. Complètement déboussolée, elle a piqué une crise de nerfs devant les gendarmes, refusant de rentrer chez ses employeurs. Choqué de tous ces débordements, le parquet a alors contraint ceux-ci à régler ce qu’ils doivent à leur domestique, tout en leur demandant de la reprendre chez eux. Car que faire d’une jeune personne sans proches ni amis, incapable de gérer ses intérêts ou de se trouver un nouvel emploi ? Le problème a donc été réglé à la libanaise, en attendant la prochaine plainte.
Une journée internationale de la femme, au même titre que la journée mondiale des sidéens, des handicapés et de l’enfant. Bref, une journée pour tous ceux que l’on estime incapables de défendre leurs droits…Telle est donc aujourd’hui la perception que le monde a de la femme qui crie déjà victoire parce qu’elle a réussi à obtenir qu’une journée par an lui soit consacrée… Les médias se sont donc complaisamment étendus hier sur la condition féminine dans le monde actuel et particulièrement au Liban, faisant l’inventaire des célébrités au féminin et de toutes celles qui ont réussi à s’imposer dans un monde d’hommes. Demain tout rentrera dans l’ordre : les femmes battues, violentées, violées, harcelées, emprisonnées, excisées continueront de l’être et toutes les autres qui vivent une forme...
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