Le système des écoles associées est un réseau international. Il regroupe des écoles du monde entier «foncièrement attachées aux idéaux de l’Unesco». C’est en 1953 que ce système des écoles voit le jour. Il compte actuellement 3 700 écoles dans 170 pays, dont 300 écoles dans 10 pays arabes. Coordinatrice nationale des EA et secrétaire générale adjointe, la politologue Mme Hala Soubra Itani insiste sur «les objectifs qui doivent animer l’esprit de travail et de participation : respect de l’environnement et de l’homme, échanges culturels selon les principes onusiens». Les thèmes sont définis ainsi : - le rôle du système des Nations unies et son action dans la résolution des problèmes mondiaux, - l’éducation à la paix, les droits de l’homme, la démocratie et la tolérance - l’étude des cultures et des pays étrangers, - la protection et la conservation de l’environnement naturel et du patrimoine mondial, De 10 écoles en 94, le système en répertorie aujourd’hui 32. Elles auraient pu être plus nombreuses, mais, précise notre interlocutrice, «pour des raisons techniques et pédagogiques, nous préférons limiter le nombre en prenant en compte tous les paramètres qui régissent la vie du Liban c’est-à-dire son histoire, ses traditions, sa culture, son environnement qui nous paraissent s’adapter sans difficultés aux principes de l’Unesco». Penser globalement, agir localement En fait, ce réseau s’efforce de «mobiliser des écoles à travers le monde afin d’entreprendre des projets-pilotes visant à renforcer le rôle de l’éducation pour la promotion d’une culture de la paix et de la tolérance, dans le respect des droits de l’homme et dans la préservation de l’environnement». Jumelages avec les différentes écoles, échanges de matériel, rencontres entre enseignants et élèves enrichissent les activités de ces écoles associées. En effet, ils permettent aux jeunes générations d’apprendre «comment aller vers l’autre au-delà de toutes les différences et de toutes les barrières idéologiques, ethniques, culturelles, linguistiques, sociales, politiques»… Ces institutions font partie des secteurs public et privé. Elles représentent les niveaux préscolaire, primaire, complémentaire, secondaire, technique et professionnel. Même les organismes de formation d’enseignants sont concernés. C’est pourquoi les âges varient entre 6 ans et 50 ans. «Ce ne sont pas des écoles de l’Unesco, précise Mme Itani, puisqu’elles sont gérées conformément à leur propre système d’enseignement national. Elles sont sélectionnées par les autorités nationales pour participer au réseau et sont libres de choisir et d’exercer leurs propres activités, mais celles-ci doivent être axées sur les quatre thèmes précités». « Mon monde en l’an 2000 » Plusieurs activités ont marqué l’année 99. D’autres se préparent pour l’an 2000. Entre des cérémonies, des festivals et des rencontres, le bilan mérite d’être évoqué : - Cérémonie de remise de prix aux coordinateurs à l’école publique des filles de Ras Beyrouth lauréate d’un concours de l’Unesco et remise d’un certificat de reconnaissance au Lycée franco-libanais de Nahr Ibrahim en janvier 99 dans le cadre de sa contribution «en faveur de l’éducation à la citoyenneté» et pour la réalisation d’une cassette Tu as des droits (projet : Amis sans frontières). - Accueil des élèves japonais au Liban et organisation d’un concert libano-japonais au palais de l’Unesco en avril 99, dans le cadre de la mise en place d’un projet d’échange culturel entre le Liban et le Japon. Visites touristiques et accueil dans les familles libanaises. - Premier prix international pour la meilleure chanson glorifiant la paix Sun of peace interprétée par la chorale de l’École Omar ben el-Khatab des Makassed. - Visite d’élèves libanais au Japon et participation au Festival international de la paix (Hiroshima) en août 99. Ce projet fait suite à la visite de jeunes japonais au Liban en avril 99. - Participation d’élèves et d’enseignants libanais au Parlement mondial des enfants à Paris en octobre 99. Adoption du Manifeste de la jeunesse pour le XXIe siècle. - Participation au premier Forum de la jeunesse pour les États arabes sur le patrimoine mondial au Maroc en novembre 99 et au Festival du millénaire des enfants en Nouvelle-Zélande en décembre 99. - Participation au Festival international de l’art pour enfants à Washington en juillet 2000 pour les gagnants du concours national de dessin sur le thème «Mon monde en l’an 2000» - Réalisation d’un bulletin Venez visiter le Liban en deux langues (arabe et français) par des élèves des classes de 4e et 3e du cycle complémentaire de 10 écoles associées… De Hammana à Ras-Beyrouth… Plusieurs écoles associées ont participé aux différentes activités de la Commission nationale. Des responsables de deux écoles, St-Antoine de Hammana et l’École publique secondaire de Ras-Beyrouth, ont livré leurs impressions : Mmes Samira Fakhoury, professeur de français et ancienne coordinatrice (lien entre l’école et la commission), et Wafa’a Saad, professeur de mathématiques et actuelle coordinatrice de St-Antoine : «Tout a commencé en 94-95 lorsque nous avions répondu à l ‘appel du Dr Najib Abou Haïdar (ancien président de la Commission ) qui nous a demandé de participer à la Conférence mondiale pour la sauvegarde du patrimoine à Bergen (Norvège). Nous comprenions l’importance de la culture dans l’éducation . Cette initiative encourageait l’ouverture vers l’universalité de l’homme, à la recherche de la paix, de la démocratie et de la connaissance des sites relevant du patrimoine mondial. Nos principes étaient en harmonie avec ceux de la Commisssion. Nous avons participé au concours et nos élèves de 4e ont réalisé la maquette de Baalbeck qui a été retenue. Elle a fait l’objet d’une publication dans le calendrier mondial consacré au forum : Les «Jeunes en faveur du patrimine mondial». (juin 1995)… Huit jeunes Libanais de différentes écoles ont participé à un débat international à Bergen avec les maires des principales villes du monde classées patrimoine mondial». «Nous avons pu inclure dans le programme académique une heure d’information sur le patrimoine, racontent-elles, parallèlement à des visites et des recherches sur des sites liés à notre environnement immédiat. Nos élèves ont pu ainsi découvrir le fonctionnement des premières méthodes de distribution de l’eau à Hammana»... L’établissement organise des journées d’information et de sensibilisation dites «Journées internationales parallèles» puisqu’elles se font le même jour, à travers le monde, sur des thèmes variés : la tolérance, le sida, le troisième âge avec, bien sûr, la participation des élèves, plus particulièrement ceux de la seconde (15-16 ans). Les activités démarrent à partir de la 6e. De plus, une peinture murale est déjà prête pour le concours international Art Child France qui doit définir la «Vision de l’enfance sur l’avenir»… Directrice de l’École publique secondaire de Ras-Beyrouth, Mme Amale Afiouni parle de cet établissement devenu «école associée» depuis 96 : «Nous partageons les mêmes principes d’humanisme que ceux prônés par l’Unesco en insistant sur les droits de l’homme et de l’enfant, en luttant contre toute forme de racisme, dit-elle, et nos élèves du complémentaire et du secondaire organisent des activités locales et participent à des projets internationaux… Nous avons gagné un concours international sur la conception d’une affiche Les Enfants en crise qui a été publiée en couverture sur le calendrier 98 du Système des écoles associées de l’Unesco». Des élèves ont également participé au Patrimoine mondial dans le cadre des échanges culturels entre le Liban et le Japon et notre pays s’est fait remarquer pour sa participation aux rencontres la Musique internationale et les Semaines de la musique arabe. «Nos activités se font en collaboration avec la Commission nationale et portent sur différents sujets nationaux et internationaux. Nous faisons prendre conscience à nos jeunes des réalités de notre société telles, par exemple, la situation au Liban-Sud et la tragédie de Cana. Le programme englobe également des activités culturelles et touristiques. Nous collaborons également avec la Mission culturelle française, sans oublier notre club Unesco (voir cadre Clubs Unesco)…» Une des importantes activités de la Commission nationale a été la publication d’un bulletin Venez visiter le Liban conçu et réalisé par des jeunes. L’édition est «un bref aperçu de l’histoire, la géographie, la société et la culture du Liban». On peut lire aussi des articles sur le régime politique, les us et coutumes, l’agriculture, le commerce, l’industrie, les services, les sites touristiques… Une belle rédaction par sa «simplicité fluide». Les responsables n’ont pas voulu «altérer la spontanéité et l’innocence des pensées». Les réalisateurs de ce bulletin 1999 font partie des écoles associées suivantes : St-Jean Baptiste, Notre-Dame des orthodoxes, Ras-Beyrouth (publique-filles), Association caritative islamique Makassed, Raml el-Zarif (publique), imam Moussa el-Sadr, Achrafieh (publique-garçons), St-Georges, Laure Moughaizel (publique-filles), St-Antoine de Hammana…. Évidemment, les idées publiées ne reflètent pas nécessairement le point de vue de la Commission nationale et les photos proviennent de la photothèque du ministère du Tourisme.
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