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Actualités - Chronologie

Affaire Babitski : le voile se lève doucement sur les atrocités russes

Le journaliste russe Andreï Babitski, de retour à Moscou après une mystérieuse disparition de plus d’un mois en Tchétchénie, a dénoncé hier les exactions et les atrocités commises par les Russes au centre de détention de Tchernokozovo. Babitski, 35 ans, qui couvrait la guerre du côté des indépendantistes tchétchènes pour Radio Svoboda, l’antenne russe de Radio Free Europe, avait été arrêté le 16 janvier près de Grozny par les Russes qui l’ont détenu pendant plusieurs jours à Tchernokozovo (nord de la Tchétchénie), fin janvier et début février. «J’ai été livré à des sadiques qui m’ont retenu au camp de concentration de Tchernokozovo. J’ai subi le traitement que reçoivent tous ceux, sans exception, qui passent par cet endroit. C’est-à-dire quelques dizaines de coups de matraque», a déclaré M. Babitski sur Radio Svoboda. Le centre de détention de Tchernokozovo est «exactement pareil» à «tout ce que nous avons lu sur les camps de concentration sous Staline, à tout ce que nous savons sur les camps allemands», a estimé le journaliste dans une interview à la télévision privée NTV. «J’ai vu des gens sévèrement battus, par exemple Aslanbek Charipov, de Katyr-Iourt, qui était battu sans arrêt, matin, midi, soir. La plupart de ses dents étaient brisées», a-t-il raconté. «Ils ont leurs amusements particuliers là-bas. Ils forçaient les gens à marcher à quatre pattes dans le corridor, en les cognant de temps en temps, à se lever ensuite devant un officier, à dire “M. le colonel” et à remercier», a-t-il poursuivi. «J’ai l’intention de faire savoir à l’opinion publique ce qui s’est passé avec moi, ce qui se passe en Tchétchénie et ce que j’ai vu. J’estime qu’il s’agit là non seulement d’une garantie de sécurité pour ma famille et moi, mais aussi, d’une certaine manière, d’un moyen d’agir sur l’arbitraire épouvantable et le cauchemar qui règnent en Tchétchénie», a dit le journaliste. Le conseiller du Kremlin chargé de la communication sur le conflit tchétchène, Sergueï Iastrjembski, a été laconique hier devant les accusations de Babitski, estimant que «ses paroles devaient être confirmées». Le journaliste de Radio Svoboda avait réapparu vendredi au Daghestan après avoir disparu 40 jours en Tchétchénie. Interpellé par la police en possession d’un faux passeport, il avait été incarcéré dimanche à Makhatchkala, capitale du Daghestan, république voisine de la Tchétchénie. Andreï Babitski a été autorisé lundi soir à revenir à Moscou après que le président par intérim russe Vladimir Poutine se fut personnellement préoccupé de son cas, devenu une véritable affaire d’État en Russie. Lundi, M. Poutine avait donné un tour inattendu à l’affaire en déclarant qu’il ne voyait pas la nécessité de garder sous les verrous le journaliste. Il avait alors chargé le parquet et le ministère de l’Intérieur d’examiner le bien-fondé des inculpations de participation à bande armée et détention de faux passeport. La justice va continuer son enquête et notamment vérifier les éventuels liens du journaliste avec les groupes armés tchétchènes. Babitski, qui est en ce moment assigné à résidence à Moscou, risque jusqu’à 5 ans de prison s’il est reconnu coupable de participation à bande armée. Après son arrestation, le journaliste, dont les reportages irritaient le pouvoir, avait accepté selon Moscou d’être «échangé» le 3 février contre des soldats russes détenus par les combattants tchétchènes. Cet «échange» avait suscité un grand émoi en Russie et dans le monde. Babitski n’avait communiqué directement ni avec sa rédaction ni avec ses proches pendant un mois et son sort avait donné lieu à d’innombrables interrogations.
Le journaliste russe Andreï Babitski, de retour à Moscou après une mystérieuse disparition de plus d’un mois en Tchétchénie, a dénoncé hier les exactions et les atrocités commises par les Russes au centre de détention de Tchernokozovo. Babitski, 35 ans, qui couvrait la guerre du côté des indépendantistes tchétchènes pour Radio Svoboda, l’antenne russe de Radio Free Europe, avait été arrêté le 16 janvier près de Grozny par les Russes qui l’ont détenu pendant plusieurs jours à Tchernokozovo (nord de la Tchétchénie), fin janvier et début février. «J’ai été livré à des sadiques qui m’ont retenu au camp de concentration de Tchernokozovo. J’ai subi le traitement que reçoivent tous ceux, sans exception, qui passent par cet endroit. C’est-à-dire quelques dizaines de coups de matraque», a déclaré...