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Actualités - Chronologie

Archéologie - Polémique autour de l'homme de Kennewick Indiens contre scientifiques

Neuf mille trois cents ans après sa mort, «l’homme de Kennewick», un des plus anciens squelettes humains retrouvé en Amérique du Nord, fait l’objet d’une vive polémique entre Indiens et scientifiques sur leur origine. Les restes sont ceux d’un homme de 45 à 50 ans, décédé de mort naturelle bien qu’il ait subi de nombreuses blessures durant sa vie. Il a été découvert durant l’été 1996 par des étudiants le long de la rivière Columbia, près de Kennewick, à 275 kilomètres au sud-est de Seattle (Washington, nord-ouest des États-Unis). Depuis lors, son origine a été débattue devant des tribunaux, des païens de Californie ont prié pour lui, des Blancs croyant à leur suprématie raciale l’ont salué et les Indiens Umatilla l’ont chanté. Il a été promené dans l’État de Washington dans un cercueil spécial, son crâne a été enduit de colle et son fémur volé, avant qu’il puisse reposer à l’Université de Washington, à Seattle. En fait, la polémique est née de ce que «l’homme de Kennewick» est apparu de prime abord plus européen qu’asiatique, ce qui remet en cause la théorie selon laquelle les hommes peuplant l’Amérique étaient arrivés d’Asie en traversant le détroit de Bering. «Il ne ressemble pas à un Européen. Il ne ressemble pas à un Asiatique», déclare Stéphanie Hanna, porte-parole du Service du parc national. «Il ne ressemble à aucune population moderne», ajoute-t-elle. Complication politique La datation du squelette et l’assertion par les spécialistes de son origine asiatique n’a pas apaisé la querelle entre les scientifiques qui veulent étudier les ossements et les Indiens qui veulent les voir enterrés à nouveau. «Notre religion nous enseigne que nous avons toujours vécu ici, que nous avons été créés ici», fait valoir Armand Minthorn, leader religieux des Tribus confédérées de la réserve indienne d’Umatilla. «Les histoires transmises oralement nous disent comment l’on vivait il y a 10 000 ans», poursuit-il. Mais, selon les données scientifiques modernes, «l’homme de Kennewick» représente une population différente des ancêtres des tribus indiennes américaines modernes. En effet, la taille et la forme des crânes d’une douzaine d’anciens squelettes trouvés du Nevada à l’Amérique du Sud ne correspondent pas aux traits faciaux des Indiens d’Amérique. «L’homme de Kennewick» semble avoir «les plus fortes affinités avec des populations de Polynésie et d’Asie du Sud, et non avec les Indiens d’Amérique ou les Européens dans les spécimens de référence», conclut un rapport réalisé par le professeur Joseph Powell et le scientifique Jérôme Rose de l’Université d’anthropologie du Nouveau-Mexique, tous deux membres d’une équipe mise sur pied par le département de l’Intérieur. «Les scientifiques sont profondément divisés sur la question de savoir comment, quand et par qui le Nouveau monde a tout d’abord été colonisé», a expliqué pour sa part l’anthropologue Richard Jantz, de l’Université du Tennessee, devant un juge fédéral chargé d’examiner l’affaire. Mais l’affaire se complique politiquement. La loi de protection des Indiens des États-Unis de 1990 classe en effet comme Indien («Native American» ou Américain de souche) tout descendant de personnes nées avant l’arrivée de Christophe Colomb sur le Nouveau continent en 1492. Du coup, le gouvernement fédéral donne raison aux tribus indiennes qui veulent la garde des ossements. Des savants de renom ont déposé une plainte et exigent un test ADN.
Neuf mille trois cents ans après sa mort, «l’homme de Kennewick», un des plus anciens squelettes humains retrouvé en Amérique du Nord, fait l’objet d’une vive polémique entre Indiens et scientifiques sur leur origine. Les restes sont ceux d’un homme de 45 à 50 ans, décédé de mort naturelle bien qu’il ait subi de nombreuses blessures durant sa vie. Il a été découvert durant l’été 1996 par des étudiants le long de la rivière Columbia, près de Kennewick, à 275 kilomètres au sud-est de Seattle (Washington, nord-ouest des États-Unis). Depuis lors, son origine a été débattue devant des tribunaux, des païens de Californie ont prié pour lui, des Blancs croyant à leur suprématie raciale l’ont salué et les Indiens Umatilla l’ont chanté. Il a été promené dans l’État de Washington dans un cercueil...