Les enfants de «Sleepers» sont victimes d’un gardien pédophile dans une maison de correction... le gamin de «Venon» est pris en otage par les domestiques... les «diaboliques» ont des instincts meurtriers... Martin Scorsese n’arrive pas à financer un film... seule Holly Hunter tire son épingle du jeu en rêvant d’être élue «Miss pétards». La semaine commence dure sur une note bien noire avec Sleepers de Barry Levinson. L’été 66 est étouffant à Hell’s Kitchen, la cuisine de l’enfer, un quartier italien de New York. L’ennui, la faim, un larcin qui tourne mal, et quatre ados sont incarcérés en maison de correction. C’est d’abord la chronique d’un petit monde dont l’Église et la mafia sont les piliers symétriques, avec Robert De Niro en curé et Vittorio Gassman en parrain. On embraye sur le film de prison avec le calvaire des garçons livrés à un gardien pédophile sadique. Honteusement mais lucidement, ils se taisent, jurent même de n’en jamais parler. Onze ans plus tard, l’un (Kevin Bacon) est devenu journaliste, l’autre (Brad Pitt), assistant du district attorney. Lecteurs fervents du Compte de Monte-Cristo, ils rêvent de jouer les justiciers, occasion qui leur est offerte par les deux derniers membres du quatuor qui ont reconnu et descendu l’ignoble tortionnaire. Reste à faire le procès des complices et de la machine pénitentiaire. Début du troisième acte, au tribunal, avec Dustin Hoffman en avocat miteux, nous offrant son petit remake de Rain Man. C’est le même cinéaste, Barry Levinson, qui a adapté ce roman autobiographique de Lorenzo Caracterra. Un film long (2h20), parfois dur, mais qui tient la route. On lui reprochera quelques coquetteries, la lourdeur de ses procédés quand il évoque le passé... Pour le reste, c’est du béton, et il y a entre les acteurs une émulation féconde. Diffusion lundi à 21h00 sur LBCI La vengeance est aussi le mobile principal de Renegades qui met en scène un policier marginal et un Indien. À Philadelphie, un casse qui tourne mal oblige les malfaiteurs à fuir en passant par un musée où des Indiens Lakotas exposent des objets ancestraux. Au passage, un des voleurs dérobe une lance sacrée après avoir abattu un Indien qui voulait empêcher ce sacrilège. Le frère de l’Indien, Hank, va désormais chercher à venger son frère et à retrouver la lance. Renegades réunit Kiefer Sutherland et Loux Diamond Phillips qui avaient déjà tourné ensemble The Young Guns. Les cascades nombreuses satisfairont les amateurs du genre. Diffusion lundi à 23h30 sur Future TV Un casting qui a tout pour vous allécher : Dennis Hopper, Christopher Walken, Rosanna Arquette, John Torturro, Ethan Hawke et même Martin Scorsese dans une de ses rares apparitions à l’écran. C’est dire que Search and Destroy se présente sous les meilleurs auspices. Le docteur Warling a écrit un livre sur les sectes qui a attiré l’attention de Martin, metteur en scène. Ce dernier décide de le porter à l’écran mais il lui faut auparavant trouver les fonds nécessaires au financement de l’entreprise. Et c’est le début d’un véritable cauchemar. Search and Destroy se veut être une comédie noire, dont le monde du cinéma en est bien entendu la principale victime. Hélas, les bonnes intentions ne suffisent pas et le film s’enlise progressivement pour se terminer en queue de poisson. Diffusion lundi à 00h15 sur MTV Above the Rim de Jeff Pollack (il est également le coscénariste et le coproducteur du film) ne s’élève jamais bien haut... Duane Martin y incarne un étudiant, particulièrement doué par le basket-ball et qui se trouve confronté à deux frères : l’un étant un revendeur de drogue et le second un garde de la sécurité sur le campus de l’université. Malgré quelques moments de réelle émotion, le film cumule les clichés et les facilités : le scénario est sans surprise, à force de vouloir ménager la morale et les bons sentiments... Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Fallait-il vraiment tourner un remake du chef-d’œuvre de H.G. Clouzot Les diaboliques ? L’aventure est d’autant plus singulière qu’elle est devenue en Amérique Diabolique, au singulier ! L’école privée de Saint-Anselme accueille une quarantaine d’élèves ayant des difficultés à suivre une scolarité traditionnelle. Dirigé d’une main de fer par Guy Baran, l’établissement compte quatre professeurs, dont la séduisante Nicole Horner et Mia, la pâle et jeune épouse de Baran, ancienne religieuse, qui souffre d’une faiblesse cardiaque et que son odieux mari ne manque pas une occasion d’humilier. Maîtresse de Guy depuis le jour de son arrivée, Nicole supporte, quant à elle, moins en moins le comportement égocentrique de celui-ci. De rivales, les deux femmes vont bientôt devenir complices et élaborer, sous l’impulsion de Nicole, un plan machiavélique pour se débarrasser de leur maître et tyran... Les admirateurs des Diaboliques, de Clouzot, trouveront ce remake hollywoodien bien quelconque et sa scène finale franchement grotesque. Mais l’habileté de l’intrigue de Boileau-Narcejac et le face-à-face Sharon Stone-Isabelle Adjani peuvent retenir l’attention des autres. Diffusion vendredi à 20h30 sur MTV C’est un curieux petit film que Barcelona : il sort des sentiers battus et réussira à vous surprendre par la nouveauté de son approche. Le film met en scène deux jeunes Américains : Ted, natif de l’Illinois, est employé à Barcelone dans une grande firme américaine. Il reçoit la visite inattendue de son cousin Fred, officier de marine, beaucoup plus décontracté que lui. Fred va entraîner Ted dans son sillage, à la recherche de conquêtes féminines faciles mais ils vont découvrir progressivement l’antiaméricanisme de la population... Le thème est original et les conséquences de la fin de la guerre froide y sont clairement définies. Taylor Nichols et Christopher Eigeman forment une paire de cousins que tout sépare et pourtant que tout unit... Diffusion vendredi à 23h00 sur MTV Après Diabolique, une autre tentative de film à suspense dont on aurait pu se dispenser. Venon, réalisé par Piers Haggard, se déroule dans une maison où les domestiques ont décidé de prendre en otage un garçonnet de dix ans, asthmatique, moyennant une rançon. Mais l’enfant possède, à l’insu de tous, un serpent extrêmement vénimeux qu’il va libérer. L’animal va semer la terreur après avoir mordu mortellement la baby-sitter. L’ambition du film est de jouer avec les nerfs des spectateurs. En vedette donc un mamba noir dont les réfrigérantes apparitions sont accompagnées de brusques mouvements de caméra et d’un bruissement glacial. Mais l’invraisemblance atteint des proportions inouïes lorsque le serpent ne se met qu’à mordre les méchants. Quant aux acteurs, la moitié d’entre eux joue comme s’ils étaient ivres et la seconde moitié comme s’ils auraient souhaité l’être... Diffusion samedi à minuit sur TL1 À l’origine de Miss Fire Cracker, une pièce de théâtre jouée off-Broadway par Holly Hunter et qui remporta un joli succès. Ce qui nous vaut cette adaptation cinématographique de Thomas Schlamme : elle mérite votre attention. Dans un petit hameau du Mississippi, vit Carnelle, une jeune fille laide et insignifiante. Mais Carnelle rêve d’amour et d’affection et surtout de l’estime de tous ceux qui la méprisent. Aussi lorsqu’elle apprend qu’un concours va avoir lieu pour l’élection de Miss Firecrakers (Miss pétards) elle décide de relever le défi et de se présenter, malgré le mépris des habitants. Holly Hunter qui créa le rôle à la scène est désopilante dans le personnage de Carnelle et elle est bien épaulée par Tim Robbins, Mary Steenburgen, Alfie Wooddward, Scott Glenn. Faites attention : pour la petite histoire, c’est la femme du metteur en scène, Christine Lahti qui joue le rôle de la voisine et le bébé qu’elle porte dans ses bras est bien le sien. Miss Firecrakers fait des étincelles... Diffusion dimanche à minuit sur LBCI
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