Patrizio Bertelli, patron de Prada, magnat italien de la mode et du luxe, se situe dans la lignée de ses prédécesseurs, Sir Thomas Lipton qui ne l’a jamais gagné et Harold Vanderbilt qui ne l’a jamais perdu : tous sont tombés un beau jour amoureux de la Coupe de l’America. L’amour et l’argent ont toujours fait bon ménage à ce niveau de compétition nautique, au point que les hommes fortunés qui jalonnent l’histoire de la Coupe de l’America ont souvent dû chercher des associés. Les honorables membres du New York Yacht Club, lorsqu’ils armèrent la goélette America pour aller battre les Anglais sur leur mer autour de l’île de Wight en 1851, étaient des gens fortunés certes mais pas au point que l’un d’eux puisse assumer seul la charge financière de l’entreprise. Ils se regroupèrent et créèrent, selon leur propre vocable, un syndicat. Depuis, un groupe de gens qui arment un bateau s’appelle toujours un syndicat. Le premier magnat, qui vint à l’America en solitaire, fut Sir William Henn un aventurier anglais, en 1885 et 1886. Entre autres missions, il avait eu celle de retrouver David Livingstone, perdu lors d’une exploration en Afrique centrale. Un peu plus tard en 1893, c’était Thomas Whyndham - Quin, quatrième comte de Dunaven et baron de Kenny, qui armait sans succès le Valkyrie II. Patrons et mécènes À l’approche du 20e siècle, la dimension de gentilhomme demeura mais vint s’y adjoindre celle du travail. C’est l’Irlandais Thomas Lipton, celui du thé, qui n’était pas encore Sir Thomas, qui la fit entrer dans l’America en 1899. Ses cinq échecs successifs le rendirent extrêmement populaire auprès des Américains et, un siècle plus tard, il se dit sur les pontons d’Auckland que les ventes de thé Lipton connaissent toujours une pointe aux États-Unis à chaque Coupe de l’America. Beau retour sur investissement. Comme beaucoup d’autres, il avait été victime du règlement de la Coupe de l’America, que le détenteur peut interpréter à sa guise. Sir Thomas n’en a pas été rancunier pour autant. «Cela m’a permis de rester jeune, ardent, gai et d’avoir toujours de l’espoir. Cela m’a apporté la santé et beaucoup de merveilleux amis», disait-il peu avant sa mort en 1931 alors qu’il préparait son sixième défi. Il avait aussi été victime d’Harold Vanderbilt, le fils de William Kinnan Vanderbilt le magnat du chemin de fer aux États-Unis. Tous des personnages qui ont été source d’inspiration pour l’écrivain americain Scott Fitzgerald. Après la Deuxième Guerre mondiale, d’autres noms connus sont allés chercher une certaine noblesse dans l’America, comme les Américains Ted Turner, le créateur de CNN, ou le milliardaire Bill Koch. Mais les deux derniers à avoir assumé la Coupe de l’America comme des mécènes, restent un Français le baron Marcel Bich, l’industriel du stylo-bille et du rasoir jetable, et l’Italien, Raul Gardini patron du groupe Ferruzzi-Montedison. New Zealand et Prada poursuivent les sorties d’entraînement New Zealand, le détenteur de la Coupe de l’America, et Prada son rival italien, ont poursuivi les sorties d’entraînement mercredi, en dépit de conditions atmosphériques très fluctuantes, pour se préparer à la compétition qui débute samedi. À bord des deux bateaux de New Zealand, la sortie a duré cinq heures. «Nous avons fait des courses d’entraînement, a indiqué Mélanie Jones, chargé de presse du syndicat néo-zélandais. Il y en a eu trois avec à chaque fois un départ, un bord au près et un bord au portant. Le temps était calme et le vent soufflait environ à 10 nœuds. Jeudi, nous ferons sortir les deux bateaux». Interrogée sur des critiques dans les milieux nautiques néo-zélandais faisant état de divergences sur les salaires entre les navigants et les dirigeants de New Zealand et taxant d’affairisme son directeur, Sir Peter Blake, Mélanie Jones a qualifié ces commentaires d’«amusants». Les deux Luna Rossa de Prada sont aussi sortis mercredi. «La journée a été tranquille mais le temps n’était pas très bien, a indiqué Paolo Martinoni, le chargé de presse de Prada. Nous avons eu un vent d’est qui variait entre 10 et 20 noeuds. Non seulement il variait en intensité, mais il le faisait aussi en direction. Ce n’était pas facile». «Les bateaux sont sortis à 10h30 et il sont revenus vers 18h00. Nous démontons le mât pour le vérifier et, jeudi, les deux bateaux sortiront à nouveau», a-t-il ajouté. Peu à peu, les esprits se tendent vers la première régate, même si les hommes d’équipages affectent d’être calmes et sereins. La fièvre monte en Italie pour Luna Rossa La fièvre monte en Italie à trois jours de la première régate de la Coupe de l’America entre le bateau du défi italien Prada de Patrizio Bertelli, Luna Rossa, et le détenteur néo-zélandais, Black Magic, de Sir Peter Blake. La plupart des quotidiens et hebdomadaires nationaux, spécialisés et généralistes, consacrent de larges extraits à cet évènement et rivalisent d’imagination pour appâter les tiffosi. Le Corriere della Sera publie dans son supplément hebdomadaire un grand poster du bateau avec les biographies de l’équipage et le schéma de Luna Rossa. D’autres proposent une vidéocassette sur les exploits du bateau italien pendant la Coupe Louis Vuitton. La télévision qui a enregistré un chiffre record pour la finale de la Coupe Louis Vuitton, en dépit de l’heure tardive, (3 millions de téléspectateurs environ), pour la dernière joute décisive contre America One, se prépare à un nouveau gros effort dans sa programmation. La RAI, qui avait retransmis les neuf régates du duel entre Francesco De Angelis et Paul Cayard, aura cette fois une concurrente directe. Le groupe Mediaset de Silvio Berlusconi est en effet entré en lice et retransmettra toutes les régates de la baie d’Hauraki, sur «Italia 1», sa chaîne sportive. Le commentateur sera le journaliste spécialisé Stefano Vegliani qui vient d’ailleurs de publier un ouvrage intitulé la «Sfida infinita» (le défi infini), déjà en tête des ventes de livres de sport, et qui retrace toute l’histoire de la compétition.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Patrizio Bertelli, patron de Prada, magnat italien de la mode et du luxe, se situe dans la lignée de ses prédécesseurs, Sir Thomas Lipton qui ne l’a jamais gagné et Harold Vanderbilt qui ne l’a jamais perdu : tous sont tombés un beau jour amoureux de la Coupe de l’America. L’amour et l’argent ont toujours fait bon ménage à ce niveau de compétition nautique, au point que les hommes fortunés qui jalonnent l’histoire de la Coupe de l’America ont souvent dû chercher des associés. Les honorables membres du New York Yacht Club, lorsqu’ils armèrent la goélette America pour aller battre les Anglais sur leur mer autour de l’île de Wight en 1851, étaient des gens fortunés certes mais pas au point que l’un d’eux puisse assumer seul la charge financière de l’entreprise. Ils se regroupèrent et créèrent,...