Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth s’est détendu hier, comme en témoigne le développement de l’offre du dollar à des fins de placement en livre libanaise dont le rendement recommence à attirer certains capitaux. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à acheter le billet vert à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL, il a dû se maintenir invariablement toute la journée au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Eu égard à l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande en cette monnaie, les établissements de crédit ont été amenés à la négocier bien au-dessous de ce taux indicatif et tout près du bas de la fourchette d’intervention de la BDL En effet, elle a été finalement échangée entre 1 501,50 et 1 502,50 LL, après un départ entre 1 502,00 et 1 504,00 LL, dans un volume d’affaires relativement plus étoffé que la veille, dépassant huit millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques dans un marché équilibré de lui-même, sans aucune intervention de la BDL. Accès de faiblesse du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar s’est un peu ressenti hier de l’annonce d’une hausse plus forte que prévu de la production industrielle aux États-Unis de 1 % le mois dernier, au lieu de 0,5 % comme attendu, contre 0,4 % en décembre, laissant craindre une surchauffe de l’économie américaine génératrice d’inflation. Cela d’autant qu’on apprenait aussi que le taux d’utilisation des capacités industrielles aurait augmenté à 81,60 % contre 81,10 % pendant la même période. En effet, une tendance aux prises de bénéfices sur le billet vert ne tardait pas à s’installer sur son marché, le frappant d’un certain accès de faiblesse face aux autres grandes devises, dont surtout le sterling et même l’euro. La monnaie unique européenne, qui éprouvait beaucoup de difficulté à se maintenir au-dessus du seuil de 0,98 dollar, est parvenue ainsi à se ressaisir après la publication des chiffres américains. Elle a été, en outre, soutenue par des conjectures selon lesquelles l’indice IFO mesurant le climat des affaires en Allemagne qui sera publié demain s’avérerait meilleur que prévu. De son côté, la livre sterling s’est sensiblement appréciée après l’annonce hier d’une baisse de l’inflation en Grande-Bretagne illustrée par le repli de l’indice des prix à la consommation de 0,4 % le mois dernier par rapport à décembre selon les chiffres publiés par l’Office des statistiques nationales (ONS), dissipant les craintes inflationnistes qui étaient à l’origine de l’accès de faiblesse de la monnaie britannique. Pour ce qui est du yen, qui avait présenté des signes de faiblesse après les commentaires du vice-ministre japonais des Finances pour les affaires internationales Haruhiko Kuroda recommandant au gouvernement de ne pas adopter une vision optimiste quant à la croissance de l’économie nippone, il est parvenu à freiner sa baisse face au dollar. Cela étant, et compte tenu des difficultés éprouvées hier par Wall Street à se reprendre, le billet vert s’est montré vulnérable, se négociant à New York comme suit : – 0,9820 pour un euro contre 0,9775, la veille – 1,5950 pour un sterling contre 1,5865 – 1,9920 DM contre 2,0008 – 6,6805 FF contre 6,7105 – 1,6350 FS contre 1,6445 – 1 971,75 lires contre 1 980,85 – 109,00 yens contre 108,90. Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est davantage affaiblie hier sous l’effet de la poursuite de la baisse des actions B de Solidere de 8,00 à 7 5/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 1 % hier à 76,06 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 176,39 points. Ce mouvement de la cote s’est produit dans un marché étriqué avec au total 57 950 actions négociées d’une valeur globale de 111 275 dollars. Remontée en flèche de Wall Street Sur les places boursières internationales, la tendance est restée mitigée encore une fois à Wall Street, les valeurs de l’Internet et de la haute technologie s’enfonçant davantage contrairement aux valeurs industrielles et traditionnelles qui continuaient à avoir la faveur des investisseurs. L’annonce hier par la Réserve fédérale que la production industrielle aux États-Unis aurait fortement augmenté de 1 % le mois dernier est venue montrer qu’il y a encore de la marge pour la croissance américaine avec une forte productivité, ce qui est bon pour les locomotives industrielles de la cote new-yorkaise. Il n’est guère donc étonnant que les investisseurs préfèrent les valeurs vedettes aux titres plus spéculatifs de l’Internet. Suivant ainsi la tendance établie la veille, les opérateurs boursiers ont donc préféré se réfugier sur les valeurs traditionnelles, délaissant les titres de la haute technologie et surtout ceux, plus spéculatifs, de l’Internet. Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est resté positif grâce à trois groupes de valeurs. Dans l’industrie, les fabricants de matériels et fournitures de bureaux ont gagné davantage du terrain. Dans le secteur pétrolier, les grandes sociétés de production et de distribution ont été très recherchées grâce à la hausse du cours du brut. Il en est de même dans le compartiment des bancaires soutenu par le manque de tension sur les taux d’intérêt américains. Mais après que le secteur de l’informatique et de l’Internet eut fait grise mine, la progression du Dow Jones devait être un peu bridée par les pertes de Intel, d’IBM et de Microsoft qui doit lancer demain son nouveau système d’exploitation Windows 2000. Cet indice, qui a rebondi d’un plus bas à 10 494,10 points à un plus haut à 10 741,28 points, a affiché en préclôture 10 665,66 points, en nouvelle hausse de 145,82 points sur la veille. Poursuite de la baisse des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont terminé en baisse mardi, avec des dégagements sur les médias et les télécommunications, tandis que les pétrolières n’ont pas pu confirmer leur bonne orientation du début de séance. L’indice Eurotop 300 a reculé de 1,92 % à 1 522,62, tandis que l’Euro Stoxx 50 accusait une perte de 2,38 %, à 122,75. La Bourse de Milan a chuté de 3,88 % et celle de Francfort de 3,25 %, Paris reculant de 2,80 %, Madrid de 2,36 %, Zurich de 1,67 % et Londres de 1,04 %. Amsterdam et Bruxelles cèdent seulement 0,36 % et 0,27 % respectivement. Tokyo : nouvelle et forte baisse La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 1 % mardi, affectée par un mouvement de ventes destinées à améliorer les bilans des entreprises à l’approche de la fin de l’année fiscale, ont indiqué des opérateurs. L’indice de référence Nikkei-225 a cédé 188,63 points à 19 367,83 points. L’indice élargi Topix a perdu 27,27 points pour terminer à 1 690,17 points. Le volume d’échange a augmenté à 815 millions de titres, contre 778,8 millions lundi. L’annonce, mardi, du dépôt de bilan du promoteur immobilier L Kakuei Corp., après celui de la chaîne de supermarchés Nagasakiya Co. Ltd. ce week-end, a rendu l’humeur de la place plus pessimiste, selon des sources de marché. «Le dépôt de bilan de L Kakuei’s a enclenché un mouvement de vente sur les valeurs des banques, qui ont souffert de l’annonce du projet de la région de Tokyo d’instaurer une taxe spéciale sur les établissements financiers, ainsi que de la faillite de Nagasakiya», a déclaré Muneyuki Ichihara, de Nomura Securities. «Ces nouvelles ont également alimenté le mouvement de dénouement de participations croisées», a-t-il ajouté. Les entreprises japonaises ont pour habitude de chercher à prendre des bénéfices grâce à leur portefeuille de titres au mois de février, avant la clôture de l’année fiscale le 31 mars, afin d’améliorer leurs gains. Les banques sont sous pression depuis le 7 février, jour de l’annonce par le gouverneur de Tokyo, Shintaro Ishihara, de sa volonté de créer une nouvelle taxe de 3 % touchant leurs profits bruts avant impôts, frais de gestion et provisionnements de créances douteuses afin de renflouer les caisses de la région de Tokyo. «Ces mauvaises perspectives pour les banques ont gâché l’humeur en cette fin d’année fiscale», a estimé Tsutomu Ono, de Universal Securities. La place a ouvert sur une note positive après les gains enregistrés à Wall Street, mais elle a régressé sous l’effet des pressions à la vente des valeurs bancaires et des sociétés de placement, selon des sources de marché. Les prises de bénéfices, en particulier sur les valeurs de la haute technologie et exportatrices, ont aussi augmenté lorsque le Nikkei a franchi le seuil psychologique des 19 500 points, ont-ils ajouté. Les prix des titres s’ajustaient également après la reprise de la semaine dernière, qui a vu le Nikkei clôturer au-dessus des 20 000 points pour la première fois depuis le mois de juillet 1997, a estimé Kazunori Jinnai, de Daiwa Securities. 923 titres ont terminé en baisse, 315 en hausse et 118 inchangées. L’indice général du secteur bancaire a perdu 5,2 %. Bank of Tokyo-Mitsubishi Ltd. a perdu 64 yens, ou 4,9 % à 1 251 yens, et Dai-Ichi Kangyo Bank Ltd. a cédé 59 yens, soit 7 %, à 786 yens. Les entrepreneurs et les producteurs d’acier ont eux aussi perdu du terrain du fait de dénouements de participations croisées avant la fin de l’année fiscale, selon des sources de marché. Kajima Corp. a perdu 8 yens, soit 3,1 % à 251 yens, et Taisei Corp. a cédé 6 yens, ou 3,8 % à 165 yens. Nippon Steel Corp. a perdu 11 yens, soit 4,6 % à 230 yens. Parmi les valeurs technologiques, Fujitsu Ltd. a perdu 100 yens, ou 2,7 % à 3 600 yens. Mais Toshiba Corp. a gagné 41 yens, soit 4,4 % à 965 yens, après avoir annoncé son intention de développer ses activités Internet.
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