Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Le DES de restauration à l'Université libanaise Une spécialisation nouvelle au Liban(photo)

À la rue Maarad, à Tripoli, aucune enseigne de l’Université libanaise n’attire l’attention du passant. Et pourtant, c’est dans les locaux de l’un des immeubles qui bordent cette voie que des étudiants préparent l’unique DES de restauration au Liban. Créé il y a trois ans, cet enseignement supérieur dépend de l’Institut des Beaux-Arts de l’Université libanaise, branche de Tripoli. Il vise à la formation, exclusive, des architectes libanais pour la conservation et la restauration du patrimoine architectural du pays. «La richesse du Liban en monuments historiques est une évidence, mais ce qui nous manque c’est de savoir préserver ce trésor national, explique le Dr Rawiya Majzoub, directeur du DES de restauration. L’objectif de cet enseignement supérieur est de former une équipe libanaise capable de gérer notre patrimoine sans faire appel aux spécialistes étrangers à tout bout de champ. Car les problèmes que l’on peut rencontrer sur le terrain seront mieux réglés par des habitants du pays connaissant les solutions et souvent les limites des moyens», poursuit-elle. La création de ce diplôme d’études supérieures est une initiative personnelle de Mme Majzoub. «Des années durant, j’ai tenté de fonder cet enseignement. Et dès les premières démarches, j’ai été soutenue par l’ancien doyen des Beaux-Arts, le Dr Hany Abdel-Nour, et le recteur de l’Université libanaise, M. Assaad Diab. Toutefois, malgré ce soutien, on devait trouver un financement ailleurs qu’à l’Université libanaise. Et c’est le Sénat français qui a fourni l’argent suffisant pour les premières années d’étude. Maintenant, le voyage de chaque professeur est financé par son université», poursuit-elle. Et il est important de préciser que les cours sont assurés en collaboration avec le Centre d’études supérieures d’histoire et de conservation des monuments anciens de Paris, au palais de Chaillot et l’Université Sapienza de Rome ainsi que l’Institut français d’archéologie au Proche-Orient et l’Icomos. Cependant, la participation de ces institutions et universités ne se limite pas à quelques cessions données annuellement, mais leurs professeurs constituent le jury qui choisit les architectes pour les former à la restauration et à la conservation. Le nombre de recrutés ne dépasse pas la vingtaine, et ce sont, en majorité, des architectes ayant un bureau et des années d’expérience. «Le DES ouvre ses portes aussi bien aux Libanais qu’aux étrangers. Il suffit pour le candidat au concours d’entrée d’être inscrit à l’Ordre du syndicat des architectes de son pays», explique la directrice. Toutefois, comme la majorité des cours est en français, la maîtrise de cette langue est d’une importance majeure pour réussir le diplôme. Le programme universitaire de ce DES est étudié en fonction de l’emploi du temps des étudiants. Les cours qui s’étendent de 9h à 16h sont donnés trois jours de suite, une fois toutes les deux semaines. Ils sont divisés suivant deux objectifs principaux : conservation et restauration des édifices ; et paysages et territoires. Les thèmes des conférences portent sur l’histoire de l’architecture, l’histoire et la théorie de la restauration, la conservation, la restauration et l’usage du monument, la gestion du patrimoine... ainsi que des études visant les villes historiques et les sites archéologiques. Les exposés sont assurés par des professeurs de l’Université libanaise et par des architectes restaurateurs venus spécialement à cet fin du palais de Chaillot, de la Sapiensza ou des instituts s’intéressant à cet aspect du patrimoine. Certes, les architectes sont les plus qualifiés pour comprendre et résoudre les problèmes techniques de la restauration et de la conservation des monuments historiques. Mais dans cette tâche difficile, ils peuvent être secondés par des archéologues ou des historiens de l’art qui reconnaissent l’intérêt architectural d’un édifice et son importance dans l’histoire et la culture. Formés pour la restauration des monuments, ces trois spécialistes auraient constitué une équipe de choc. Et il semble que l’idée d’agrandir ce DES, pour englober ces spécialisations, existe déjà, et pour Mme Majzoub c’est même un rêve, qui, malheureusement, par manque de moyens, ne verra pas le jour de sitôt.
À la rue Maarad, à Tripoli, aucune enseigne de l’Université libanaise n’attire l’attention du passant. Et pourtant, c’est dans les locaux de l’un des immeubles qui bordent cette voie que des étudiants préparent l’unique DES de restauration au Liban. Créé il y a trois ans, cet enseignement supérieur dépend de l’Institut des Beaux-Arts de l’Université libanaise, branche de Tripoli. Il vise à la formation, exclusive, des architectes libanais pour la conservation et la restauration du patrimoine architectural du pays. «La richesse du Liban en monuments historiques est une évidence, mais ce qui nous manque c’est de savoir préserver ce trésor national, explique le Dr Rawiya Majzoub, directeur du DES de restauration. L’objectif de cet enseignement supérieur est de former une équipe libanaise capable de...