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Actualités - Chronologie

Frustrés et épuisés, des soldats russes rêvent de revenir chez eux (photo)

Des soldats russes en Tchétchénie n’ont aujourd’hui qu’un seul rêve, celui de rentrer chez eux : ils sont aigris contre leurs chefs qui leur avaient promis une guerre rapide et démotivés par un conflit dont ils ne comprennent pas toujours l’enjeu. «Cette guerre n’a aucun sens. On s’est déjà fait avoir par la première guerre en Tchétchénie (1994-96)» qui a été perdue par les Russes, estime Igor, un officier des forces spéciales. «On me dit : tire, je tire. Je ne sais même pas ce qui se passe autour de moi», raconte un autre soldat, Micha. «Je ne veux qu’une chose, revenir chez moi», confie cet appelé de 19 ans, en pleine dépression. Micha s’est retrouvé à Grozny alors que ses chefs lui avaient promis de l’envoyer sur la «frontière» avec l’Ingouchie : «Ils nous ont trompés. Deux de mes amis ont été tués» dans la bataille de Grozny. De nombreux soldats rendent même leurs chefs davantage responsables de la mort de leurs camarades que les Tchétchènes. Igor affirme ainsi que «huit soldats tués par des tirs de lance-grenades ont été victimes d’une méprise». Certains gradés comprennent la frustration et la peur des appelés. «Je les plains : ils sont épuisés, crottés, ce sont encore presque des enfants. Ils ne savent pas faire la guerre et ils se font tuer», déclare un officier, Vassili (28 ans). «Des généraux lancent de jeunes soldats sans expérience dans les combats, ils n’utilisent pas suffisamment les hommes des forces spéciales ni les armes de haute précision», renchérit un colonel de 45 ans. Depuis le début de l’opération militaire en Tchétchénie le 1er octobre, les troupes russes ont perdu plus d’un millier d’hommes et des centaines d’autres ont été blessés, selon les chiffres officiels. Alors que les forces fédérales se massent dans le sud avant de lancer une opération contre les 5 000 à 7 000 rebelles qui s’y sont réfugiés, certains soldats doutent d’une victoire facile. «Ils nous ont promis d’utiliser de nouvelles armes et qu’il n’y aurait pas d’assaut, seulement des tirs d’artillerie et des frappes aériennes, mais je ne les crois pas», confie Sergueï (20 ans) qui se trouve dans la région des gorges d’Argoun. Ces témoignages contrastent bien évidemment avec les reportages des télévisions russes où de jeunes soldats blessés, interrogés sur leur lit d’hôpital, n’ont qu’une idée en tête, revenir le plus vite possible sur le théâtre des opérations pour «liquider» le plus possible de «terroristes». Et rares sont ceux qui, comme Sergueï (29 ans), déclarent «adorer la guerre». «La raison pour laquelle je me bats m’est tout à fait égale», avoue-t-il.
Des soldats russes en Tchétchénie n’ont aujourd’hui qu’un seul rêve, celui de rentrer chez eux : ils sont aigris contre leurs chefs qui leur avaient promis une guerre rapide et démotivés par un conflit dont ils ne comprennent pas toujours l’enjeu. «Cette guerre n’a aucun sens. On s’est déjà fait avoir par la première guerre en Tchétchénie (1994-96)» qui a été perdue par les Russes, estime Igor, un officier des forces spéciales. «On me dit : tire, je tire. Je ne sais même pas ce qui se passe autour de moi», raconte un autre soldat, Micha. «Je ne veux qu’une chose, revenir chez moi», confie cet appelé de 19 ans, en pleine dépression. Micha s’est retrouvé à Grozny alors que ses chefs lui avaient promis de l’envoyer sur la «frontière» avec l’Ingouchie : «Ils nous ont trompés. Deux de mes amis...