Les conservateurs allemands à Vienne pour protester contre l'isolement de l'Autriche
le 11 février 2000 à 00h00
En envoyant une délégation hier en Autriche pour protester contre l’isolement de Vienne, le groupe parlementaire chrétien-démocrate allemand (CDU-CSU) a soulevé un tollé dans le pays, mais a mis en exergue les ambiguïtés d’une partie de la droite allemande. Aussitôt annoncée cette visite sous la houlette de Michael Glos, chef du groupe parlementaire de la très conservatrice Union chrétienne-sociale (CSU), le gouvernement de gauche avait averti l’opposition qu’elle devait «faire très attention à ne pas donner l’impression de se rapprocher politiquement» du parti d’extrême droite FPOe. «Avec ce voyage, Michael Glos fait des salamalecs inquiétants devant des déclarations de racisme et de nationalisme», a tonné jeudi le député social-démocrate (SPD) Hans Buettner. Le président du Conseil central des juifs en Allemagne, Paul Spiegel, a dit sa «totale incompréhension». Soulignant l’inquiétude de nombreux compatriotes juifs, il a assuré recevoir des appels de «personnes âgées qui demandent : “Est-ce que ça recommence? Est-ce qu’on doit de nouveau quitter l’Allemagne?”» Face aux critiques, Michael Glos a répété jeudi le credo de la CSU – «le boycott diplomatique est totalement inadapté» – et son indignation devant le «rôle moteur» joué par le gouvernement allemand dans l’instauration des sanctions. Certes, la délégation ne rencontrera personne du parti d’extrême droite FPOe (elle sera reçue par le chancelier Wolfgang Schuessel). Il n’en reste pas moins qu’elle embarrasse en exposant au grand jour l’indulgence de la droite catholique bavaroise pour l’extrême droite autrichienne. Au cours du week-end déjà, le chef du gouvernement régional Edmund Stoiber avait fait sensation en dénonçant la «folie furieuse» des sanctions prises contre l’Autriche par ses partenaires européens. Des propos en droite ligne de la suggestion qu’il avait lancée en octobre, au lendemain des élections autrichiennes, lorsqu’il avait recommandé aux conservateurs de l’OeVP de s’allier à l’extrême droite de Joerg Haider. La proposition, sacrilège dans un pays hanté par le spectre du nazisme, avait provoqué un déluge de critiques. Chef d’un parti aux positions sécuritaires musclées, Edmund Stoiber n’est pourtant pas le seul à prôner une attitude plus mesurée vis-à-vis de l’Autriche. L’ancien chef de la diplomatie, le libéral Klaus Kinkel, a répété jeudi qu’à ses yeux l’attitude de l’UE était «un non-sens absolu». Début février, le porte-parole pour les Affaires étrangères du groupe parlementaire CDU-CSU, Karl Lamers, avait lui aussi jugé les sanctions «complètement inconsidérées et disproportionnées». Le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) avait été jusqu’à dénoncer le 2 février «un scandale de premier ordre» dans l’isolement de l’Autriche, s’indignant qu’«une démocratie stable et mature soit traitée comme un pays en développement».
En envoyant une délégation hier en Autriche pour protester contre l’isolement de Vienne, le groupe parlementaire chrétien-démocrate allemand (CDU-CSU) a soulevé un tollé dans le pays, mais a mis en exergue les ambiguïtés d’une partie de la droite allemande. Aussitôt annoncée cette visite sous la houlette de Michael Glos, chef du groupe parlementaire de la très conservatrice Union chrétienne-sociale (CSU), le gouvernement de gauche avait averti l’opposition qu’elle devait «faire très attention à ne pas donner l’impression de se rapprocher politiquement» du parti d’extrême droite FPOe. «Avec ce voyage, Michael Glos fait des salamalecs inquiétants devant des déclarations de racisme et de nationalisme», a tonné jeudi le député social-démocrate (SPD) Hans Buettner. Le président du Conseil central des...
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