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Actualités - Analyse

Elections - Le bazar recommence Amal et le Hezbollah peaufinent leur alliance

Il n’y a de l’électricité ni dans les câbles ni dans l’air. Les agressions israéliennes n’auront pas mordu sur la belle vitalité de la caste politique locale qui n’a pas mis vingt-quatre heures pour reprendre ses tractations en vue des prochaines élections. Mais les conseils pressants des décideurs, qui souhaitent voir des listes de coalition se former là où c’est possible, rendent le puzzle un peu plus difficile à remonter. Chacun pose en coulisses ses conditions pour tenter de décrocher la meilleure part en cas de partage du gâteau. Et du fait de ces marchandages, il n’y a à ce jour que peu d’intentions publiquement déclarées. D’autant que certains pôles, tout en déclinant leurs préférences, préfèrent attendre pour prendre ouvertement position que les choses s’éclaircissent davantage sur le plan régional. Car cela pourrait être décisif, à leur avis pour l’évolution politique interne. Il est évident que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Comme le prouve la teneur même de la loi électorale, si inégale, il y a des régions ou des centres de force auxquels les décideurs prêtent une attention soutenue pour des raisons variées. Ils tiennent particulièrement aux bordures qui côtoient leur propre territoire ou celui de l’ennemi israélien. Comme ils gardent un œil sur le centre de gravité du pays, c’est-à-dire sur le Mont-Liban où ils privilégient l’équilibre à travers le contrepoids que leur offrent leurs divers alliés. Ces zones dites sensibles sont donc placées sous contrôle spécial. Surtout après la chaude alerte que les événements de Denniyé ont pu constituer. Il s’est en effet confirmé qu’une main noire avait instillé dans le pays un réseau dont les ramifications allaient jusque dans la Békaa, où l’armée a procédé à des rafles de suspects armés. Les décideurs sont donc sur leurs gardes et ne veulent pas que les élections donnent lieu à des troubles. Il n’est pas étonnant dès lors d’entendre le secrétaire général du Hezbollah confirmer que son parti va s’allier avec le mouvement Amal, des commissions étant chargées de mettre tous les détails au point. Pour le Hezbollah, cette entente doit s’étendre à toutes les circonscriptions où les deux formations comptent présenter des candidats et ne pas se limiter au Sud. La Békaa, Beyrouth et la banlieue sud sont donc également en balance. Le leader du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, souligne que les incidents du Nord prouvent l’existence d’une machination visant à semer la discorde au Liban. Toujours est-il qu’au Sud, les deux partis alliés doivent mettre en place une liste commune de 23 membres : 14 chiites ; 3 sunnites ; 2 grecs-catholiques ; 2 maronites ; un orthodoxe et un druze. Le Hezbollah tente à travers les négociations en cours d’améliorer la part qui lui avait été dévolue lors de la dernière édition de 96. Selon des sources informées, il réclamerait la moitié des sièges chiites, soit 7, ainsi que le droit de participer à la sélection des candidats chrétiens. Et cela, soutiennent les intéressés, parce que le Hezbollah, grâce à son action de résistance, a beaucoup gagné en popularité durant les quatre dernières années. Bien entendu, le mouvement Amal n’est pas d’accord. Le président Nabih Berry ne veut ni augmenter la part du Hezbollah ni faire participer ce parti au choix des colistiers chrétiens. Pour le moment, on en est là et le président Berry attend que le différend se dénoue pour annoncer sa liste. On croit cependant savoir que, sur le plan du panel chrétien, il ne voudrait garder que M. Samir Azar et souhaiterait faire remplacer le grec-catholique et le maronite de Jezzine, MM. Nadim Salem et Sleiman Kanaan, ainsi que le grec-catholique de Zahrani, M. Michel Moussa. Le choix ne sera toutefois confirmé qu’après une visite que M. Berry compte effectuer sous peu à Damas où ses entretiens porteront aussi sur la situation régionale. Il pourrait par la suite, indiquent des sources informées, visiter la région de Jezzine et en rencontrer les notabilités.
Il n’y a de l’électricité ni dans les câbles ni dans l’air. Les agressions israéliennes n’auront pas mordu sur la belle vitalité de la caste politique locale qui n’a pas mis vingt-quatre heures pour reprendre ses tractations en vue des prochaines élections. Mais les conseils pressants des décideurs, qui souhaitent voir des listes de coalition se former là où c’est possible, rendent le puzzle un peu plus difficile à remonter. Chacun pose en coulisses ses conditions pour tenter de décrocher la meilleure part en cas de partage du gâteau. Et du fait de ces marchandages, il n’y a à ce jour que peu d’intentions publiquement déclarées. D’autant que certains pôles, tout en déclinant leurs préférences, préfèrent attendre pour prendre ouvertement position que les choses s’éclaircissent davantage sur le...