Le championnat de France de football de première division a rarement été aussi ouvert que cette saison où tout est encore possible à neuf journées de la fin même si, paradoxalement, le problème des extrêmes ne semble plus se poser, le titre semblant être promis à Monaco alors que Montpellier semble condamné à la D2. L’incertitude concernant les trois dernières places européennes en jeu et les deux derniers relégables déchaîne les passions sur les terrains, où l’on assiste à un nombre record d’exclusions et d’avertissements, et dans les tribunes, où tous les records de spectateurs sont battus. Chaque journée apporte son lot de surprises ne permettant pas de dégager une véritable hiérarchie dans un championnat où il est difficile de déterminer si l’on assiste à un nivellement par le haut ou par le bas. On assiste ainsi régulièrement, parfois à quelques jours d’écart, à de surprenants renversements de situation. Ainsi, Lyon, ridiculisé en milieu de semaine à Strasbourg (4-2) (les Alsaciens subissant ensuite le réveil de Bordeaux 0-3), est redevenu guerrier, à tous les sens du mot, pour infliger quatre jours plus tard sa première défaite de l’année à Monaco (2-1) au terme d’une rencontre très musclée. Les Lyonnais, particulièrement motivés par les incidents à l’aller (marqué par une sombre histoire de crachats), ont pris les Monégasques à la gorge faisant subir un traitement de choc au meneur de jeu argentin Marcelo Gallardo. Sur la cinquantaine de fautes commises lors de cette rencontre, plus d’une vingtaine relèvent d’agressions caractérisées sur le seul Gallardo, qui ont coûté trois avertissements et un carton rouge à leurs auteurs. Malgré cet engagement total, ce sommet a été d’un très bon niveau. Printemps délicat pour Marseille Le succès de Metz (2-0 contre l’OM), qui reste sur trois victoires et deux nuls, ne souffre aucune discussion, contrairement à ce que peut penser un Stéphane Porato qui a disjoncté à la mi-temps. Mais quelle piètre image a laissé la formation marseillaise sans âme, sans fonds de jeu, sans solution de rechange et qui se prépare un printemps délicat. Il lui faudra jouer en effet huit équipes classées parmi les dix premières lors des neuf dernières journées. La veille, Lens avait confirmé son retour en forme en remportant contre Auxerre sa troisième victoire consécutivement, une tendance inverse à celle de Saint-Étienne, balayé à Bastia (0-4) et où les joyaux brésiliens (Alex et Aloisio) ont peut-être déjà la tête ailleurs. Dans le bas du tableau, Le Havre est encore en position de réaliser son exploit annuel de sauvetage, après avoir sauvé l’essentiel à Montpellier (nul 0-0). Il est ainsi revenu à une longueur de Troyes, qui a pris trois points sur 18 possibles lors des six derniers matches et de Nancy qui a concédé sa troisième défaite d’affilée. Ces coups de théâtre à répétition passionnent les supporteurs qui garnissent les stades. La D1 a enregistré plus de 220 000 entrées payantes lors de la 25e journée, frôlant ainsi la moyenne de 25 000 spectateurs. Et le spectacle va continuer car deux nouveaux chocs sont au programme de la 26e journée, le 15 février, Marseille-Paris SG et un Monaco-Bordeaux, aux allures de passation de pouvoirs. Porato s’en veut « énormément » après son exclusion à Metz Le gardien de l’Olympique de Marseille, Stéphane Porato, a déclaré, lundi, qu’il s’en voulait «énormément» pour son énervement contre l’arbitre lors de la rencontre Metz-Marseille, qui lui a valu un carton rouge. Porato, énervé par le refus de l’arbitre d’accorder un but à son partenaire Robert Pires et par le but messin qu’il jugeait inscrit alors qu’un joueur était en position de hors-jeu, s’en était pris vertement à l’arbitre, Laurent Duhamel, au moment de rentrer au vestiaire à la mi-temps. Il avait dû être maîtrisé par des partenaires et des membres de l’encadrement du club. «J’ai fait une grosse bêtise et je m’en veux énormément», a assuré le gardien international, lundi matin, à l’issue de l’entraînement. «J’ai du mal à expliquer mon attitude», a-t-il ajouté, la qualifiant d’«inadmissible pour un joueur professionnel». «Je voudrais m’excuser auprès de l’équipe et de l’arbitre pour (mes) propos pas très corrects». «Je ne suis pas comme ça. D’ordinaire, je suis quelqu’un de calme et de lucide», a ajouté Porato. «Il y a des matches très importants qui se profilent pour l’OM. Ce n’était pas le meilleur moment pour exploser mais, quand on “pète les plombs”, on ne choisit pas l’instant», a conclu le gardien en évoquant la suspension qui lui sera infligée par la commission de discipline de la Ligue nationale de football (LNF). La dégringolade en pente douce de l’OM paraît inexorable L’Olympique de Marseille poursuit sa lente dégringolade sans que ses joueurs, qui entretiennent d’improbables rêves d’Europe, se montrent prêts à évoquer l’effrayante perspective d’une lutte pour le maintien. «On est l’OM quand même», s’offusque le milieu Robert Pires quand on évoque la fin de saison éprouvante qui se profile. L’entraîneur Bernard Casoni se dit «confiant». «Avec la mentalité que l’on a, cela doit se renverser», se persuade-t-il. Et Pires, depuis l’automne, attend toujours «la série de résultats positifs» pour se relancer. Personne n’évoque le spectre de la zone des relégables. Pourtant, l’OM, deuxième l’an dernier, n’est qu’à trois points de Troyes et continue son surplace, avec une nouvelle défaite à Metz. Depuis son entrée en fonctions, Casoni a officié durant neuf rencontres. Il lui en reste autant avant la fin de la saison. Son bilan comptable à mi-parcours est moins satisfaisant que celui de son prédécesseur Rolland Courbis (1,1 point de moyenne par match contre 1,37). Depuis début novembre, l’OM n’a pris que dix points : un parfait parcours d’équipe de bas de classement puisque seuls Montpellier, Le Havre et Saint-Étienne ont fait pire, soit les deux derniers du classement et l’équipe en crise du moment. Les Marseillais affectent malgré tout confiance et sérénité. Mais la rage de Stéphane Porato à l’encontre du corps arbitral, à la mi-temps dimanche, trahit une ambiance moins «zen» que ce que veulent bien reconnaître les joueurs. Du bout des lèvres, Pires «espère que les points perdus contre Rennes», la semaine dernière au vélodrome, «ne seront pas regrettés à la fin de l’année». « Le destin est contre l’OM » Autre signe de nervosité, les critiques de l’arbitrage, grand classique du commentaire d’après-match à l’OM mais qui avaient disparu avec le remplacement de Courbis par Casoni, reviennent en vogue à La Commanderie. «Les décisions, elles, sont souvent contre nous, non», glisse Pires. Seul Pouget rappelle qu’«en foot, on mérite toujours ce qu’on a» même si, «en ce moment, le destin est contre l’OM». Le calendrier particulièrement difficile de Marseille (Paris SG et Monaco au vélodrome, déplacements à Lyon, Auxerre et Sedan) devrait accroître la préoccupation des Marseillais. Mais là encore, il n’en est rien officiellement. «On a des matches difficiles mais c’est là qu’on verra si on est une grande équipe», assène Pires qui voit là «l’occasion de prouver qu’on peut battre tout le monde». L’OM fait comme s’il n’avait pas perdu son rang de «cador du championnat». Ses joueurs tentent de se persuader qu’ils font encore peur. Personne ne prononce le mot de relégation, si étranger à l’idée que le club – joueurs et dirigeants – se fait de lui-même. «Je suis inquiet pour l’OM», déclarait récemment un dirigeant d’un club de D1 qui venait d’affronter les Olympiens : «À la différence d’autres équipes de bas de classement, ses joueurs estiment invraisemblable l’idée même de devoir se battre pour le maintien».
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