Il y a dix ans, un traitement expérimental à base de cellules embryonnaires, injectées au cerveau des malades souffrant de la maladie de Parkinson, faisait entrevoir de nouvelles possibilités thérapeutiques contre une maladie grave et invalidante. Aujourd’hui, les espoirs se consolident. Le traitement reste encore expérimental, mais les neurones injectés en remplacement des cellules nerveuses détruites par la maladie sont toujours en vie ! Même si, pour l’instant, le nombre des greffes ne dépasse pas quelques centaines dans le monde, la survie des greffons durant une décade constitue un formidable message d’espoir pour tous : les cellules transplantées restent actives plus longtemps qu’espéré... Les chercheurs de l’Université de Lund (Suède), dans un article paru dans la revue scientifique Nature Neurosciences, font état de la survie d’une greffe de neurones, dans le cerveau d’un homme de 69 ans atteint de la maladie de Parkinson, réalisée en 1989. Même si le résultat est limité à un seul cas, la nouvelle est de taille... La maladie de Parkinson est due à la perte de certaines cellules cérébrales présentes dans un groupe de noyaux cérébraux contrôlant les mouvements volontaires (ganglions de base). La conséquence de cet état est l’arrêt de la sécrétion du neurotransmetteur impliqué dans l’activité motrice, «la dopamine». Les médicaments remplaçant ce neurotransmetteur réussissent pendant un certain temps leur mission. Mais à la longue, après l’évolution progressive de la maladie, le contrôle médicamenteux devient totalement inefficace. Des cellules prélevées sur des fœtus Les techniques thérapeutiques les plus prometteuses, afin de faire face à cette impasse, furent appliquées il y a dix ans. Il s’agit, essentiellement, de la greffe de neurones prélevés sur des fœtus après avortement. Ces neurones dit «primitifs», qui paraissent à un moment précis du développement fœtal, sont des producteurs de dopamine. Ces neurones, injectés directement dans les noyaux cérébraux, assurent la sécrétion de la dopamine, absente chez les parkinsoniens. Ainsi les tremblements, la rigidité, la difficulté de se mouvoir, se trouvent sensiblement diminués. Plusieurs centres dans le monde ont opéré ces greffes chez plusieurs centaines de malades avec des bénéfices très nets. Des contrôles par scanner ont permis de constater que les greffons restent présents activement durant longtemps. Le traitement toutefois reste expérimental. Mais la performance actuelle ouvre des horizons très vastes à la technique par greffe de cellules fœtales dans le traitement de certaines maladies chroniques graves et en premier de la maladie de Parkinson. Les conclusions de l’expérience De l’étude du cas de ce malade de 69 ans, soigné par l’équipe du Pr Anders Bjorklund, de l’Université de Lund, en Suède, dont la greffe de neurones remonte à 1989, les neurologues tirent les conclusions suivantes : a – la stabilité à long terme des neurones démontre que la maladie de Parkinson n’est pas provoquée par une neurotoxine (substance nocive pour l’organisme produite par les neurones) sinon elle aurait détruit la greffe, mais par un déficit en neurones producteurs de dopamine. b – la greffe de neurones effectuée plusieurs années auparavant a ralenti substantiellement la progression de la maladie. À l’heure actuelle, vingt autres personnes greffées par l’équipe suédoise et ayant bénéficié de greffes similaires sont très étroitement suivies par l’équipe du professeur suédois. Leur méthode de suivi thérapeutique devrait bénéficier à tous les centres mondiaux qui pratiquent des greffes similaires.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il y a dix ans, un traitement expérimental à base de cellules embryonnaires, injectées au cerveau des malades souffrant de la maladie de Parkinson, faisait entrevoir de nouvelles possibilités thérapeutiques contre une maladie grave et invalidante. Aujourd’hui, les espoirs se consolident. Le traitement reste encore expérimental, mais les neurones injectés en remplacement des cellules nerveuses détruites par la maladie sont toujours en vie ! Même si, pour l’instant, le nombre des greffes ne dépasse pas quelques centaines dans le monde, la survie des greffons durant une décade constitue un formidable message d’espoir pour tous : les cellules transplantées restent actives plus longtemps qu’espéré... Les chercheurs de l’Université de Lund (Suède), dans un article paru dans la revue scientifique Nature Neurosciences,...