Le 5 février 1960, « La Dolce Vita » sortait sur les écrans italiens et provoquait le scandale dans la bourgeoisie italienne et au Vatican. Quarante ans plus tard, Rome rend hommage au chef-d’œuvre de Federico Fellini. Une rencontre avec Gianfranco Mingozzi, assistant du maître et auteur d’un livre sur La Dolce Vita a été organisée cette semaine au café Canova, à Rome, l’un des lieux de prédilection de Fellini. Aujourd’hui, la version intégrale et restaurée du film sera diffusée sur la télévision italienne numérique Stream. Huées, sifflets et crachats avaient ponctué la première projection de La Dolce Vita au cinéma Capitol à Milan (nord de l’Italie). La description d’une bourgeoisie romaine superficielle et mondaine, le personnage du photographe voyeur, le paparazzo interprété par Marcello Mastroianni, sans oublier la célébrissime scène où Anita Ekberg se baigne dans la fontaine de Trevi... Le film scandalise les milieux bien-pensants et catholiques. «Vie répugnante», titre dans les jours qui suivent L’Osservatore Romano, le journal du Vatican, tandis que le Centre catholique cinématographique estampille le film d’un définitif : «Interdit pour tous». À la Chambre des députés, des parlementaires s’offusquent de «l’offense faite à la vertu et à la probité de la population romaine». « Des cochonneries » Le père jésuite Angelo Arpa, qui défendit le film dès sa sortie, se souvient du climat de «guerre sainte» menée contre Fellini et son film. «J’étais allé défendre les qualités du film auprès du directeur de L’Osservatore Romano, Giuseppe della Torre», raconte le père Arpa dans un entretien au journal La Repubblica. «Il était inébranlable : ce film est immoral, point final. Je lui demandai s’il l’avait vu, il me répondit qu’il n’était pas nécessaire de voir des cochonneries pour les condamner». La Dolce Vita, qui obtint la Palme d’Or à Cannes en 1960 et un Oscar pour les costumes, est devenu depuis un film culte. «La Dolce Vita est une œuvre trop importante pour que l’on puisse la critiquer comme n’importe quel autre film», avait estimé l’écrivain et cinéaste Pier Paolo Pasolini, l’un des rares défenseurs du film à l’époque. «Le seul, le véritable hommage que l’on puisse rendre au film est de le revoir et redécouvrir toutes les choses qu’il a gravées dans notre mémoire collective et personnelle, comme ces images indélébiles de Rome», estime dans La Repubblica la critique de cinéma Irene Bignardi. «Ce n’est pas un film polémique, ce n’est pas un film satyrique, ni un film grotesque ou moralisateur», écrivait Fellini en 1960 dans la revue Lectures. «C’est un film qui raconte la mélancolie, les lâchetés, les aspirations frustrées...», expliquait-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le 5 février 1960, « La Dolce Vita » sortait sur les écrans italiens et provoquait le scandale dans la bourgeoisie italienne et au Vatican. Quarante ans plus tard, Rome rend hommage au chef-d’œuvre de Federico Fellini. Une rencontre avec Gianfranco Mingozzi, assistant du maître et auteur d’un livre sur La Dolce Vita a été organisée cette semaine au café Canova, à Rome, l’un des lieux de prédilection de Fellini. Aujourd’hui, la version intégrale et restaurée du film sera diffusée sur la télévision italienne numérique Stream. Huées, sifflets et crachats avaient ponctué la première projection de La Dolce Vita au cinéma Capitol à Milan (nord de l’Italie). La description d’une bourgeoisie romaine superficielle et mondaine, le personnage du photographe voyeur, le paparazzo interprété par Marcello...