Une semaine faste ! Enfin, le cinéma tient ses promesses à la télévision et nous aurons de nous réjouir avec le très beau film de Brian De Palma «Carlito’s Way», avec la comédie italienne «Drame de la jalousie» avec le troisième volet de «Die Hard» et avec «A Streetcar Named Desire». Avec en prime une belle brochette de vedettes masculines : Al Pacino, Marlon Brando, Bruce Willis et Marcello Mastroianni. Ce qui vous permettra de faire fi des autres produits qui vous seront proposés, téléfilms ou séries «B». En lever de rideau cette semaine, un film de Brian De Palma, remarquablement interprété par Al Pacino et Sean Penn: Carlito’s Way. Blessé par balle sur un quai de gare, Carlito Brigante se souvient de ces quelques semaines qui ont suivi sa sortie de prison. Libéré après cinq ans grâce à un vice de forme découvert par son avocat David Kleinfeld, Carlito Brigante, racketteur et trafiquant de drogue, déclare à qui veut l’entendre qu’il a décidé de rentrer dans le droit chemin et de fonder une famille avec Gail, son ancienne compagne. En réalité, un de ses ex-compagnons de cellule lui a offert de s’associer avec lui dans une entreprise de locations de voitures. De son côté, son avocat, qui est également son meilleur ami, lui propose la gérance d’une boîte de nuit fréquentée par une foule de noctambules fortunés et par de jeunes truands pleins d’arrogance, comme Benny Blanco. Dans la rue, la réputation de Brigante est toujours intacte. Voulant impressionner ses acheteurs, un jeune cousin, habitué à dealer, lui demande de l’accompagner pour effectuer une transaction. Brigante s’aperçoit aussitôt qu’il s’agit d’un piège tendu contre ce dernier. Il ne peut pas pour autant empêcher un effroyable bain de sang... À travers cet étonnant portrait d’un gangster sur le retour, incarné par un Al Pacino saisissant, Brian De Palma brode sur le thème inusable de l’impossible rédemption. Le cinéaste n’a rien perdu de son punch: le morceau de bravoure final, à la gare centrale de New York, est à couper le souffle. Diffusion lundi à 20h30 sur LBCI Drame de la jalousie, d’Ettore Scola, est un des chefs-d’œuvre de la comédie «à l’italienne»; un genre que les cinéastes italiens magnifièrent dans les années 60. Marcello Mastroianni, Monica Vitti et Giancarlo Giannini sont en tête d’affiche dans ce film d’Ettore Scola. Sur la place du marché d’un quartier populaire de Rome, la police procède à la reconstitution d’un meurtre. Oreste, un maçon de 45 ans, militant communiste, relate les circonstances dans lesquelles une fleuriste, Adélaïde, a trouvé la mort. Quelques mois auparavant, lors de la fête de l’Unità, la jeune femme lui avait subitement déclaré son amour. Marié à Antonia, une femme laide et plus âgée que lui, accablé de fatigue à cause de son travail et de ses activités politiques, Oreste avait alors vu s’ouvrir les portes du bonheur... jusqu’au jour où il découvre qu’Adélaïde n’est pas insensible au charme d’un autre. Ne sachant lequel choisir, la jeune femme voudrait garder les deux hommes. Mais est-ce bien raisonnable? De la bouffonnerie mais aussi du drame et de l’amertume dans cette peinture de mœurs très typique du cinéma de Scola qu’on découvrait alors. Une truculence et une gaillardise aussi mais toujours contrebalancées par la subtilité de la réalisation. Et quelle interprétation! Elle fut couronnée en 1970 à Cannes à travers le prix donné à Mastroianni. Diffusion mardi à 21h00 sur le Canal 9 Une curiosité pour ceux qui ne dédaignent pas aller à la découverte d’œuvres ou d’un cinéma peu connu. Ils auront de quoi se satisfaire avec Léa, un film allemand d’Ivan Fila. En Bavière, un quinquagénaire bourru et une orpheline muette tentent de s’«apprivoiser». Léa, jeune Slovaque de 7 ans, se réfugie dans le mutisme après avoir vu son père tuer froidement sa mère. Elle est confiée à un couple de paysans, jusqu’au jour où débarque un Allemand un peu rustre, Strehlow, venu faire valoir ses droits sur la propriété de ses parents adoptifs... Un très beau conte au lyrisme désenchanté, mais austère et au rythme languissant. Avec dans un rôle secondaire la grande actrice allemande Hanna Schygulla. Diffusion mercredi à 21h00 sur le Canal 9 Retour au mélodrame et aux téléfilms avec A Mother’s Instinct de Sam Pillsbury avec Lindsay Wagner et Debra Farentino. Holly Wade, une jeune divorcée qui vit avec sa fille de douze ans, rencontre Carl, un veuf qui a deux garçons. Touchée par la solitude de Carl, Holly finit par accepter de l’épouser. Mais Holly découvre bientôt que son mari lui ment et que son passé est pour le moins mystérieux. Lorsqu’elle veut en savoir davantage, Carl disparaît avec ses enfants. Holly engage un détective pour retrouver Carl et c’est ainsi qu’elle apprend que la première femme de Carl, Roxanne, est bel et bien vivante et qu’il a enlevé leurs enfants lorsque le tribunal lui en refusa la garde. Les deux femmes vont unir leurs efforts pour retrouver Carl qui a endossé à présent une autre identité lui permettant d’avoir légalement la garde de ses enfants. Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Vous n’avez peut-être pas de souvenir concernant le film Friday the 13th. Celui-ci déclencha dans les années 80 une vague de films d’horreurs dont les récents Scream et The Blair Witch Project sont les héritiers directs. À part qu’il engendra une suite nombreuse (il y en eut huit, plus insignifiants et plus sanglants les uns que les autres), il y eut de nombreuses imitations dont Graduation Day qui vous est proposé ce soir. L’héroïne de cette sombre histoire, Anne (Patch McKenzie), ne s’est jamais remise de la mort de sa sœur dans des circonstances mystérieuses, elle est obligée de revenir dans sa ville natale afin d’assister à la cérémonie de fin d’année des remises de diplômes. Là, elle va être le témoin d’une série de meurtres... Herb Freed a réalisé ce film sans aucune imagination. Pire: sans aucun talent. Diffusion jeudi à minuit sur LBCI Voici venir le troisième volet d’une série explosive. Il s’agit de Die Hard. Ce troisième volet porte en sous-titre With a Vengeance. Et John McTiernan a parfaitement réussi son pari: de faire sinon mieux du moins aussi bien que les deux premiers. Une bombe explose dans l’un des plus grands magasins de New York, faisant de nombreuses victimes. L’attentat est revendiqué par un certain Simon, qui menace de poursuivre son action terroriste si l’inspecteur McClane refuse de «jouer à son jeu». Pour son premier défi, Simon impose au policier de se rendre au cœur de Harlem, le quartier noir new-yorkais, en arborant une pancarte avec l’inscription: «Je hais les Nègres». McClane échappe au lynchage grâce à Zeus, qui, rejeté par ses frères de couleur, va l’aider à retrouver le psychopate. Jeremy Irons rejoint le cercle très fermé des affreux avec son humour en demi-teinte et sa subtile ambiguïté. Entre deux explosions, il tient la dragée haute à Bruce Willis. Diffusion dimanche à 20h30 sur MTV Et pour terminer la semaine en beauté, A Streetcar Named Desire d’Elia Kazan, couronné par une pluie d’Oscars avec Vivien Leigh, Karl Malden et Kim Hunter. Ce film propulsa Marlon Brando au faîte de la popularité dans un rôle fait à la mesure de son talent et qu’il avait déjà tenu à la scène lorsque la pièce de Tennessee Williams fut créée à Broadway. Traumatisée par la mort de son mari, une femme vieillissante vient habiter à La Nouvelle-Orléans, chez sa sœur, qui a épousé un ouvrier fruste et inculte. Agacé par ses manières de femme du monde, ce dernier la prend en grippe puis la pousse à la folie en apprenant qu’elle a eu un passé plutôt tumultueux. La sensualité animale de Marlon Brando face au jeu intériorisé de Vivien Leigh, pathétique dans son rôle de nymphomane poursuivant des chimères. À l’époque, une œuvre qui défia la censure. Aujourd’hui, l’un des films majeurs de Kazan avec, à la clé, cinq Oscars. Diffusion dimanche à minuit sur LBCI
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