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Actualités - Chronologie

Quelles sont les pertes réelles depuis le début de l'offensive ? (photo)

Les lourdes pertes russes depuis l’assaut contre la capitale tchétchène Grozny ne peuvent plus laisser muets les médias russes, dont le ton commence à changer quatre mois après le début de l’opération militaire en Tchétchénie. Le débat a été lancé par la chaîne de télévision privée NTV qui a diffusé le 23 janvier une enquête concluant que les pertes s’élevaient à environ 50 morts par jour dans la bataille pour Grozny. Information sensationnelle qui contrastait avec les bilans officiels faisant état de pertes quotidiennes inférieures à 10 morts, même dans les combats les plus acharnés. «Les généraux qui ont jusqu’à présent tenté de ménager les vies de soldats n’en prennent plus soin», accusait fin janvier le quotidien Vremia, qui affirme que les troupes russes perdent environ 70 hommes par jour. Le reportage de NTV, qui a eu un écho important en Russie et à l’étranger, a contraint les généraux à reconnaître deux jours plus tard que les pertes approchaient les 1 200 hommes depuis début août (au Daghestan où les rebelles ont fait incursion en août et septembre et en Tchétchénie) pour les forces des deux ministères de la Défense et de l’Intérieur. Le nombre total des blessés avoisinait les 3 500 hommes au 25 janvier. L’Association des mères de soldats, déjà très active lors de la première guerre russo-tchétchène (1994-1996), affirme cependant que le nombre réel des morts est plus proche de 3 000 et celui des blessés de 7 000. L’association fait son calcul notamment à partir des listes de morts communiquées par ses quelque 300 comités régionaux. «Ceux qui meurent des suites des blessures ne sont pas inclus dans les bilans officiels, tout comme les cadavres qui restent sur le champ de bataille», explique Valentina Melnikova, responsable de l’association à Moscou. Mme Melnikova dénonce la censure militaire et l’interdiction faite aux mères et aux journalistes de visiter les zones de combats. Les mères de soldats insistent depuis 1995 sur la publication des listes de morts, une proposition très mal acceptée par les généraux russes, qui y voient un problème d’«éthique vis-à-vis des parents des victimes». Fin janvier, la presse, de plus en plus critique vis-à-vis des hauts responsables militaires russes, a commencé à son tour à parler des victimes et à réclamer la publication des listes. «Les généraux minimisant leurs pertes disent que des dizaines et des centaines de combattants tchétchènes meurent lors des combats à Grozny. Mais tout lieutenant sait que les pertes des attaquants dépassent toujours celles des défenseurs», écrivait récemment le quotidien Kommersant. La publication des listes de morts «mettra fin à la pratique vicieuse de taire ou de sous-estimer les pertes militaires qui existait à l’époque soviétique», estimait de son côté jeudi le quotidien Nezavissimaïa Gazeta, rappelant que la presse tsariste de la Première Guerre mondiale publiait les noms des soldats morts au combat. Mais si la question des pertes est désormais débattue en première page des journaux, les médias ne semblent pas encore remettre en cause l’opération militaire en Tchétchénie. «Il faut liquider les combattants tchétchènes. Arrêter les troupes fédérales signifierait une crise pire que celle d’août 1996», quand Moscou a mis fin à la première guerre par des négociations, d’une façon jugée humiliante par les militaires.
Les lourdes pertes russes depuis l’assaut contre la capitale tchétchène Grozny ne peuvent plus laisser muets les médias russes, dont le ton commence à changer quatre mois après le début de l’opération militaire en Tchétchénie. Le débat a été lancé par la chaîne de télévision privée NTV qui a diffusé le 23 janvier une enquête concluant que les pertes s’élevaient à environ 50 morts par jour dans la bataille pour Grozny. Information sensationnelle qui contrastait avec les bilans officiels faisant état de pertes quotidiennes inférieures à 10 morts, même dans les combats les plus acharnés. «Les généraux qui ont jusqu’à présent tenté de ménager les vies de soldats n’en prennent plus soin», accusait fin janvier le quotidien Vremia, qui affirme que les troupes russes perdent environ 70 hommes par jour....