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Actualités - Conferences Et Seminaires

Recherche - Conférence du Cermoc Les acteurs économiques du nouveau régionalisme

La fin de la guerre froide s’est traduite par l’éclatement du monde bipolaire et l’émergence d’une configuration géopolitique nouvelle, multirégionale. Que ce soit l’Alena en Amérique, l’Asean en Asie, ou l’Union européenne, ces ensembles sont certes animés par des dynamiques politiques ou sécuritaires, comme l’ordre bipolaire auparavant, mais aussi et surtout par des dynamiques économiques. Jean-Pierre Cassarino, chercheur au Cermoc d’Amman, a observé ces dynamiques au Maghreb. Il s’est particulièrement intéressé à l’émergence d’acteurs économiques nouveaux, transnationaux, qui, pour développer leurs marchés ou contourner des contraintes diverses, ont constitué des réseaux d’un type nouveau. Lors d’une conférence au Centre d’études et de recherches sur le Moyen-Orient contemporain, à Beyrouth, il a exposé pourquoi il avait décidé de se pencher désormais sur le Machrek et annoncé le lancement d’un programme de recherche triennal intitulé «Configuration et acteurs du nouveau régionalisme au Machrek». Son objectif est d’analyser les mécanismes par lesquels les différents acteurs économiques libanais, jordaniens, syriens, palestiniens... entretiennent des relations transnationales pour établir une sorte de réseau préfigurant éventuellement un processus de coopération économique, à l’échelle régionale. «Je suis parti d’une constatation, après l’échec du Forum économique d’Amman, en 1995, organisé dans le cadre du processus de paix d’Oslo : la crise qui s’est produite a conduit au retrait des intervenants politiques, et ce sont les entrepreneurs qui ont pris le relais de la discussion». En Afrique du Nord, par exemple, une association d’entrepreneurs originaires de plusieurs pays de la région, Maghreb 21, a été créée dans le but proclamé d’infléchir les politiques dans le sens d’une plus grande ouverture des frontières. «Je suis à la recherche de phénomènes analogues au Moyen-Orient. Et, s’il n’en existe pas, je voudrais comprendre pourquoi». Le nouveau régionalisme est mû par la volonté de s’adapter à la mondialisation et d’en profiter en attirant des investissements de capitaux étrangers. Il implique une approche «par le bas» (grass root) du développement économique. L’objectif est d’examiner la manière dont les différents acteurs économiques réagissent à un certain nombre de politiques économiques convergentes menées au Moyen-Orient, notamment sous la pression d’institutions internationales, comme la Banque mondiale. Ces politiques concernant par exemple la promotion du secteur privé, les réformes institutionnelles, l’adoption des règles de la «bonne gouvernance», etc. Comment ces acteurs mettent-ils en commun des ressources ou des savoir-faire pour développer leurs entreprises et multiplier les opportunités de marchés et contourner les contraintes institutionnelles, politiques, sécuritaires persistantes ? L’une des questions auxquelles devra s’atteler le chercheur est celle de savoir si ce type de coopération dépasse le simple cadre des échanges commerciaux pour établir des stratégies de développement intégré.
La fin de la guerre froide s’est traduite par l’éclatement du monde bipolaire et l’émergence d’une configuration géopolitique nouvelle, multirégionale. Que ce soit l’Alena en Amérique, l’Asean en Asie, ou l’Union européenne, ces ensembles sont certes animés par des dynamiques politiques ou sécuritaires, comme l’ordre bipolaire auparavant, mais aussi et surtout par des dynamiques économiques. Jean-Pierre Cassarino, chercheur au Cermoc d’Amman, a observé ces dynamiques au Maghreb. Il s’est particulièrement intéressé à l’émergence d’acteurs économiques nouveaux, transnationaux, qui, pour développer leurs marchés ou contourner des contraintes diverses, ont constitué des réseaux d’un type nouveau. Lors d’une conférence au Centre d’études et de recherches sur le Moyen-Orient contemporain, à...