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Actualités - Reportages

Hobby lecture Elias Khoury, Dostoïevsky et Shéhérazade(photo)

Journaliste culturel, directeur du supplément littéraire du Nahar, dramaturge, Élias Khoury n’est plus à présenter. Cet homme de lettres a nourri sa plume et sa vaste culture de lectures diverses. Répondant à la question, quel livre vous a le plus marqué ?, Élias Khoury cite deux ouvrages, majeurs à ses yeux : L’Idiot de Dostoïevski et les Mille et Une Nuits. À quatorze ans, Élias Khoury a été bouleversé par la lecture de L’étranger d’Albert Camus. «Ce livre a été un de mes chocs littéraires, indique-t-il, d’autant qu’il coïncidait avec l’âge de la rébellion. Mais plus tard, en le relisant à l’âge adulte, j’y ai découvert l’esprit colonialiste de l’auteur, son regard qui nie l’existence d’autrui, individu ou peuple». Finalement, ce sont donc L’Idiot de Dostoïevski et les Mille et Une Nuits qui l’ont le plus profondément impressionné. «Le premier pour son portrait du prince Michkine, qui dépeint magistralement la dualité de l’être humain, précise-t-il. À la fois naïf et sage, étranger et purement slave, seigneur et simple d’esprit ce personnage qu’est “l’Idiot” est double. Il aime même deux femmes en même temps. Pour moi, c’est une figure proche de celle du Christ». L’Idiot qu’Élias Khoury relit périodiquement lui inspire aussi, régulièrement, l’envie d’écrire un «contre-livre», comme dans la tradition des poèmes arabes. Un projet qui finira sans doute par éclore un jour. En ce qui concerne Les Mille et une Nuits, cette histoire présente aux yeux d’Élias Khoury «l’idée la plus dangereuse en littérature. Celle de transformer le héros principal en lecteur. Ce qui est le cas de Chahrayar, qui suit l’évolution du conte de Shéhérazade nuit après nuit. Cette situation créé une identification du lecteur au héros, un rapprochement qui va effacer la différence entre la lecture et la vie, la réalité et la fiction», signale le journaliste. «Par ailleurs, ce livre diffuse l’idée que les histoires sont extensibles à l’infini, que chaque conte peut déboucher sur un suivant et parallèlement il incite le lecteur à envisager l’existence comme une succession d’histoires. Dans cet ordre d’idées, si l’on se trouve à un moment donné de notre vie dans une passe difficile, on se dit que cette situation deviendra plus tard un épisode de notre histoire personnelle. D’ailleurs, l’idée capitale des Mille et Une nuits est que le conte achète la vie. Il en devient ainsi l’équivalent». Ce n’est cependant aucun des trois livres précités qui a poussé le dramaturge à choisir la voie de l’écriture. «C’est Rissalat al-Chams (Le message du soleil), une pièce de Ghassan Kanafani, qui m’a donné l’envie d’écrire. Peut-être parce qu’elle traite de notre histoire, de notre vécu, de notre tragédie… Par ailleurs, je pense que ce n’est pas un livre qui mène un homme à l’écriture. Les racines du désir d’écrire sont souvent plus profondes, plus obscures…», conclut-il. Origines des «Mille et Une Nuits» Les Mille et Une Nuits (Alf layla wa layla) est une œuvre anonyme, élaborée par des générations de conteurs populaires. Ce recueil de contes arabes, mentionné pour la première fois au Xe siècle, a été traduit en français vers la fin du XVe siècle par Antoine Galland. On suppose à ce livre-fleuve trois origines : une partie reprend un fond indo-persan marqué par une subtile influence hellénistique. Une autre série de contes a pour cadre le Bagdad fastueux de Haroun al-Rachid, d’al-Amin, des vizirs barmakides ou encore d’Abou Nawas. Enfin, il fut enrichi d’un apport égyptien pittoresque, de l’époque fatimide.
Journaliste culturel, directeur du supplément littéraire du Nahar, dramaturge, Élias Khoury n’est plus à présenter. Cet homme de lettres a nourri sa plume et sa vaste culture de lectures diverses. Répondant à la question, quel livre vous a le plus marqué ?, Élias Khoury cite deux ouvrages, majeurs à ses yeux : L’Idiot de Dostoïevski et les Mille et Une Nuits. À quatorze ans, Élias Khoury a été bouleversé par la lecture de L’étranger d’Albert Camus. «Ce livre a été un de mes chocs littéraires, indique-t-il, d’autant qu’il coïncidait avec l’âge de la rébellion. Mais plus tard, en le relisant à l’âge adulte, j’y ai découvert l’esprit colonialiste de l’auteur, son regard qui nie l’existence d’autrui, individu ou peuple». Finalement, ce sont donc L’Idiot de Dostoïevski et les Mille et...