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Actualités - Chronologie

La complainte des épouses de cadres (photo)

Voyage d’affaire, symposium, réunions, congrès, repas de travail... Le cadre, c’est ce qu’on appelait dans le temps «employé supérieur», «responsable d’entreprise», bref le capitaine de l’équipage (rebaptisé, lui aussi, «ressources humaines»). Ce cadre, qui encadre le groupe, doit analyser, comparer, s’informer, discuter, s’améliorer, dynamiser, éviter sclérose et courbatures, progresser et pousser l’équipe vers le haut et les performances vers l’optimal. Ce responsable omniopérant est voué à des réunions, des stages, des conférences, des déplacements. En d’autres termes, à un destin perpendiculaire: toujours plus haut... Accrochée à ses basques, suivant cahin-caha son rythme effréné, souvent démentiel, évolue la famille, l’épouse en tête! Sans être bénéficiaire des avantages de l’alpinisme marital, elle paie les pots cassés: élever les enfants en mère célibataire, calmer les beaux-parents nostalgiques d’un fils entrevu au compte-goutte, faire face en solitaire à toutes les obligations sociales, les corvées, les réparations, les litiges familiaux, les réunions de famille, les condoléances à présenter, les susceptibilités à ménager, les doléances, récriminations et autres plaintes à désamorcer, estomper ou aplanir... De retour au foyer, le cadre harassé s’aplatit comme une crêpe sur sa partie du lit conjugal, le souffle court et la paupière lourde... «Dormir, dormir», répète-t-il, comme l’assoiffé réclame de l’eau en posant sur la commode une pile de documents à consulter... Du Japon parviennent les rumeurs d’une nouvelle maladie nommée Karoshi: défaillance cardiaque liée à l’excès de travail. Ses victimes préférées sont les «Kigyo heishi», traduire «les soldats de l’entreprise»... Ils s’en vont en héros, aux alentours de la quarantaine, laissant des veuves éplorées, seules, pour de bon, à élever des enfants privés d’un semblant de père. L’épidémie traverse le Pacifique, atteint la Californie où elle décime les «cols d’or» et change d’appellation. Elle se fait appeler: «syndrome général d’adaptation»... En France, le cadre harcelé boit pour se redresser, foncer en avant, tenir le coup. D’où la mise au point de stratégies anti-alcool préventives des diverses entreprises. Au Liban, les choses vont plus lentement mais sûrement. Ici aussi les cols blancs s’éteignent à la tâche, chez nous aussi les femmes s’épuisent à élever les enfants qu’en principe on fait à deux...
Voyage d’affaire, symposium, réunions, congrès, repas de travail... Le cadre, c’est ce qu’on appelait dans le temps «employé supérieur», «responsable d’entreprise», bref le capitaine de l’équipage (rebaptisé, lui aussi, «ressources humaines»). Ce cadre, qui encadre le groupe, doit analyser, comparer, s’informer, discuter, s’améliorer, dynamiser, éviter sclérose et courbatures, progresser et pousser l’équipe vers le haut et les performances vers l’optimal. Ce responsable omniopérant est voué à des réunions, des stages, des conférences, des déplacements. En d’autres termes, à un destin perpendiculaire: toujours plus haut... Accrochée à ses basques, suivant cahin-caha son rythme effréné, souvent démentiel, évolue la famille, l’épouse en tête! Sans être bénéficiaire des avantages de...