Comme la saison dernière, le Français Cédric Pioline est tombé mardi au premier tour des Internationaux d’Australie de tennis, s’inclinant cette fois face au Croate Goran Ivanisevic. Seul tricolore classé tête de série dans le simple messieurs (n° 13), Pioline a chuté en cinq manches, 9-7 au cinquième set. Autre tête de série sortie, le Brésilien Gustavo Kuerten (n° 5) semblait pourtant bien parti après avoir remporté les deux premières manches face à l’Espagnol Albert Portas. Mais en dépit de trois balles de match au quatrième set, «Guga» a fini par rendre les armes. Blessé au dos et à l’aine, le Russe Evguéni Kafelnikov, tenant du titre et tête de série numéro deux, aurait pu lui aussi faire des adieux prématurés au tournoi. Après un set perdu et deux interventions du kiné, il s’est pourtant qualifié aux dépens de l’Allemand Jens Knippschild au terme d’un «sale match», de l’aveu même du Russe. Dans le simple dames, la Suissesse Martina Hingis s’est offert une promenade de santé pour son entrée dans le tournoi. La numéro un mondiale se voyait opposer la Croate Mirjana Lucic, une adversaire potentielle compte tenu de sa place de demi-finaliste à Wimbledon la saison dernière. Mais la Croate a été balayée 6-1, 6-2 en 43 minutes par Hingis, qui affrontera au prochain tour la jeune Belge Justine Hénin, 63e au classement WTA, ou l’Australienne Kerry-Anne Guse, issue des qualifications. «Je ne crois pas que c’était un premier tour à ce point facile, surtout sur le plan mental», assurait pourtant la numéro un mondiale après la rencontre. «On ne sait jamais ce qui va vous arriver avec elle». Pioline fâché avec les balles Sur le court numéro un, Cédric Pioline ne savait pas davantage à quoi s’attendre face au fantasque Croate Goran Ivanisevic. Le chef de file du tennis français espérait oublier sa contre-performance de la saison dernière (défaite au premier tour face à l’Australien Lleyton Hewitt) et rejoindre ses compatriotes Nicolas Escudé ou Sébastien Grosjean au deuxième tour. Il a chuté en cinq manches accrochées 6-4, 2-6, 7-5, 1-6, 9-7 après près de quatre heures de lutte. «Ivanisevic a très bien joué, il a été très fort au service. Pour ma part, je n’ai pas fait un mauvais match. Le problème avec lui, c’est qu’un jour il peut perdre contre sa mère et le lendemain gagner contre n’importe qui (...) C’est typiquement le genre de joueur à éviter lors d’un premier tour», analysait-il après coup. «Concernant les conditions de jeu, c’est vrai que c’est très dur, poursuivait-il. Je pense que ce sont les balles plus que la surface qui sont en cause. Ces balles, c’est de la merde. Elles volent, sont surgonflées et, avec le vent qui souffle ici, c’est très dur. Je ne comprends pas trop, car tous les tournois veulent ralentir les échanges pour le spectacle et ici, ça s’accélère». Dans le clan français, le jeune Français Michael Llodra, issu des qualifications et découvrant à Melbourne l’ambiance des Grands Chelems, et Anthony Dupuis ont eu plus de réussite. En revanche, Rodolphe Cadart s’est incliné face à l’Autrichien Stefan Koubek. La jeune classe française se révèle Si le porte-étendard du tennis français, Cédric Pioline, a chuté mardi dès le premier tour des Internationaux d’Australie de tennis, une relève inattendue a pointé le bout de son nez à Melbourne. Après Fabrice Santoro et Jérôme Golmard, Pioline a été victime d’un tirage au sort plutôt délicat, son premier match l’opposant au Croate Goran Ivanisevic, un des plus gros frappeurs du circuit. La vitesse des courts et des balles, très critiquée depuis lundi, n’a pas favorisé Pioline, mais elle a peut-être permis aux jeunes Français, qui étaient quatre à sortir des qualifications, de se faire remarquer. Ainsi le jeune Michael Llodra, 19 ans, a franchi ce premier tour aux dépens de l’Argentin Gaston Gaudio, 6-3, 6-3, 6-2. «C’est ma première participation dans un tournoi du Grand Chelem et c’est donc ma première victoire. J’ai été solide et je suis bien sûr très content», a-t-il dit. «J’essaie de faire ma place chez les grands, dans la foulée des autres Français comme Sébastien Grosjean, qui a deux ans de plus que moi. Le déclic s’est fait ici dans le troisième tour des qualifications, où j’ai compris qu’il fallait être hyperoffensif», a-t-il ajouté. Continuer à apprendre Antony Dupuis est, lui, plus âgé (27 ans), mais guère plus aguerri. Il s’est aussi défait d’un Argentin, Martin Rodriguez, 6-4, 6-4, 7-6. «C’est très bien pour moi, je démarre très bien la saison. Malgré mes 27 ans, c’est seulement mon deuxième tournoi du Grand Chelem après Roland-Garros, où j’avais bénéficié d’une wild-card. C’est la première fois que je passe un tour, car à Paris, je m’étais fait éliminer d’entrée». «Ça fait drôle de jouer au meilleur des cinq sets quand on y est pas habitué, d’ailleurs je n’ai jamais fait de matches en cinq sets dans ma carrière. Pour le moment, je ne me suis fixé aucun objectif. Ma priorité l’an dernier était d’entrer parmi les cent meilleurs mondiaux, ce que j’ai fait», a-t-il dit. Deux autres qualifiés français, Rodolphe Cadart et Cyril Saulnier, ont eu moins de réussite, même si Saulnier s’est payé le luxe d’accrocher l’Allemand Tommy Haas, tête de série numéro 10 du tournoi (7-6, 6-4, 4-6, 6-2). «On voit tout de suite la différence quand on joue contre des joueurs situés dans les dix meilleurs mondiaux comme Haas. Ils ne baissent jamais de niveau et savent varier les coups comme ils veulent. Malgré l’élimination, ce match est une satisfaction pour moi car je sors des qualifications, et j’ai pu l’accrocher», a-t-il dit. Bien plus expérimenté, Arnaud Clément s’est défait du plus français des Néerlandais, John van Lottum, victime d’un coup de chaleur, tandis que chez les dames, Sandrine Testud passait, alors qu’Alexandra Fusai, Alexia Dechaume-Balleret et la jeune Virginie Razzano mordaient la poussière. Déclarations • Arnaud Clément (vainqueur de John Van Lottum) : «À la fin du premier set, il a déjà appelé le kiné. Il faisait très lourd et il sentait les premiers effets de la chaleur. Moi, cela ne m’incommodait pas. Ensuite, il suffisait que je mette la balle dans le court. Je n’avais pas besoin d’en faire plus, alors que je m’attendais à un match difficile, mais je n’arrivais pas à creuser l’écart. Cela m’énervait un peu. À un moment, au repos, l’arbitre de chaise a plaisanté avec des copains à lui. Je lui ai dit qu’il n’avait pas à faire ça alors que je me concentrais. Le ton est monté. Je lui ai dit “ta gueule” et il m’a donné un avertissement». • Gustavo Kuerten (battu par Albert Portas) : «Au troisième set, je pensais que tout allait bien, puis cela a commencé à mal tourner. J’ai manqué quelques balles, perdu un peu de ma confiance et il est devenu plus agressif. Au quatrième set, j’ai eu encore quelques balles de match, mais je n’ai pas pu conclure. Il y avait du vent, mais il était gênant pour lui aussi. Cette défaite ne présente aucun bon côté, même si elle va me permettre de me reposer avant le match de Coupe Davis contre la France. Au contraire, j’ai besoin de jouer des matches». • Goran Ivanisevic (vainqueur de Cédric Pioline) : «Je n’avais pas mal joué au Qatar et à Auckland, où j’ai perdu au premier tour. Je me suis beaucoup entraîné et j’attendais de voir ce que cela allait donner. J’ai battu Pioline, tête de série n° 13, et c’est formidable. Peut-être que je perdrai demain, pas contre ma mère (Ndlr : éventualité évoquée par Pioline), qui ne joue pas au tennis, mais contre un mauvais joueur. La surface est meilleure pour moi que pour l’Espagnol Clavet, mon prochain adversaire, car elle est très rapide. Quand je joue bien, je peux battre n’importe qui». • Michael Lodra (vainqueur de l’Argentin Gaston Gaudio) : «Je suis né le 18 mai 1980, à Suresnes et mesure 1,89 m. Mon père a été footballeur professionnel au PSG. Plus jeune, j’avais un peu la réputation d’être un fêtard et de ne pas savoir contrôler ma fougue. J’ai suivi une préparation mentale pendant un an et demi à Roland-Garros pour arriver à mieux me concentrer. J’ai un jeu assez offensif, je sers bien et cela a payé aujourd’hui. Ma grande cicatrice au bras droit, c’est le résultat d’une double fracture ouverte que je me suis faite en tombant aux championnats de France, il y a trois ans. Heureusement, je suis gaucher». • Sandrine Testud (vainqueur de Petra Mandula) : «C’est mon premier match gagné de l’année, ayant été battue au premier tour à Hong Kong et à Sydney par Jennifer Capriati. C’était un peu prévu, car je n’avais pas trop touché une raquette pendant tout le mois de décembre. Je n’ai pas fait un bon match, mais l’essentiel était de m’en sortir. Quand j’arrivais à la faire bouger, elle faisait des fautes. Il y avait un côté plus difficile que l’autre à cause du vent et le court sur lequel j’étais était particulièrement rapide. J’aurais aimé jouer deux ou trois matches de plus avant de venir ici. Physiquement, tout va bien».
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