Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Iran La candidature Rafsandjani trouble le jeu politique avant les législatives

L’importance prise par la candidature de l’ex-président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani trouble le jeu politique en Iran à un mois des législatives et gêne plutôt les réformateurs proches du président Mohammad Khatami que les conservateurs. Président du Parlement – le Majlis – de 1980 à 1988 puis président de la République (1989-1997), M. Rafsandjani, 68 ans, est une figure historique de la révolution et de la République islamiques. Prenant un risque politique, il a su, en quelques semaines, faire «un coup à gauche et un coup à droite», de façon à calmer le jeu, et se poser en recours, faisant perdre ainsi leurs repères aux réformateurs et troublant leur électorat. Il a ainsi exprimé son amitié pour son ancien ministre de l’Intérieur Abdollah Nouri, empêché, depuis sa prison où il a été condamné à cinq ans pour «propagande anti-islamique», de conduire la liste réformatrice à Téhéran, comme le souhaitaient tous les progressistes, y compris dans les partis laïcs. Mais il a aussi martelé, dans la ville sainte chiite de Qom, qu’il était prêt à «sacrifier sa vie pour la prééminence du guide», la «velayat-é-faghih», principe pour lequel se mobilise essentiellement la droite. «Les matérialistes et les nationalistes ainsi que les formations non religieuses ne peuvent émouvoir le peuple iranien», avait-il ajouté. De même, de récents propos élogieux de M. Khatami sur la politique passée de M. Rafsandjani a troublé certains réformateurs, qui y ont vu un soutien à son prédécesseur, alors que les conservateurs, tel l’élu de Qom, Jafar Golbaz, s’en sont réjouis. La candidature, indépendante, de Rafsandjani sur Téhéran, au départ soutenue par les proches de son parti, notamment le Kargozaran (gauche, Parti de la construction), le Parti de la solidarité islamique et le Mocharekat (Front de la participation), sème le trouble sur l’ensemble de l’échiquier politique. Les conservateurs de l’Association du clergé combattant (ACC), majoritaires dans le Majlis sortant et inquiets d’être battus, ne cessent de mettre en avant l’ancien président, qui reste, sur le papier, l’un des leurs. «C’est une stratégie géniale des conservateurs. C’est leur bouée de sauvetage», indique l’analyste politique Khosro Abedi. En revanche, Rafsjandjani, personnalité pragmatique, risque d’incarner dans le camp réformateur le passé de l’Iran et n’est pas sûr de gagner le vote et le cœur des jeunes et des femmes qui avaient plébiscité Khatami en 1997. «Les électeurs de Khatami se sentiront frustrés. Ce n’est pas Rafsandjani qu’ils voulaient (à Téhéran) mais Nouri. Cette élection n’aura plus de sens, tout reprendra comme avant. Et dans les universités et la rue, ce sera l’amertume, et peut-être la colère, en attendant l’élection présidentielle de 2001», ajoute M. Abedi. «Il y a une fissure dans le Front du 2 Khordad» (qui réunit les khatamistes), a expliqué lundi à des journalistes Rassoul Montajabnia, un des dirigeants de l’Association des religieux combattants (ARC, radical). «Certains groupes ont décidé de l’inscrire sur leurs listes, d’autres ne l’ont pas fait», a-t-il ajouté. Le Mouvement de libération de l’Iran (MLI, opposition islamiste progressiste tolérée), dont toutes les candidatures ont été rejetées par le Conseil de surveillance de la révolution, refuse totalement pour sa part la candidature Rafsandjani.
L’importance prise par la candidature de l’ex-président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani trouble le jeu politique en Iran à un mois des législatives et gêne plutôt les réformateurs proches du président Mohammad Khatami que les conservateurs. Président du Parlement – le Majlis – de 1980 à 1988 puis président de la République (1989-1997), M. Rafsandjani, 68 ans, est une figure historique de la révolution et de la République islamiques. Prenant un risque politique, il a su, en quelques semaines, faire «un coup à gauche et un coup à droite», de façon à calmer le jeu, et se poser en recours, faisant perdre ainsi leurs repères aux réformateurs et troublant leur électorat. Il a ainsi exprimé son amitié pour son ancien ministre de l’Intérieur Abdollah Nouri, empêché, depuis sa prison où il a été condamné à...