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Actualités - Chronologie

De Vukovar à Bijeljina, le sillage du maître du génocide (photo)

De Vukovar à Bijeljina, villes martyres des conflits de Croatie et de Bosnie, Arkan s’était taillé la réputation d’expert en épuration ethnique. «Arkan est le maître du génocide et il a montré aux autres comment faire», déclarait Mirza Hajric, conseiller du président musulman bosniaque Alija Izetbegovic, lorsque l’inculpation de Zeljko Raznatovic a été rendue publique en mars 1999 par la justice internationale. Bandit de droit commun, il s’était reconverti dans le patriotisme zélé au bénéfice des médias officiels serbes, lors des conflits nés de l’éclatement de la Yougoslavie en 1991. Il avait d’abord jeté ses milices à l’assaut des populations croates et les premières exactions des «Tigres» d’Arkan sont liées au siège de Vukovar. Lui et ses hommes ont laissé le souvenir d’une particulière cruauté dans la ville de l’est de la Croatie, quasiment rasée après trois mois de siège par les Serbes. De nombreux témoignages confirment qu’il s’y payait de son soutien aux troupes régulières serbes par les pillages et les profits de guerre, notamment le marché noir des produits pétroliers. Deux mille Croates étaient morts lorsque la ville a été prise en novembre 1991, des centaines d’autres disparus, dont les corps, souvent les mains liées derrière le dos et une balle dans la nuque, continuent à réapparaître au gré des excavations de charniers. Début 1992, Arkan se tournait vers la Bosnie avant même que la guerre éclate. Dans le Nord-Est, proche de la frontière de Serbie, il commençait à terroriser les civils musulmans, à Bijeljina et à Zvornik notamment. La TV bosniaque diffuse régulièrement des images d’archives où on le voit, en mars 1992 à Bijeljina, embrassant la future présidente des Serbes de Bosnie, Biljana Plavsic, avec pour décor une rue jonchée de cadavres. Les victimes dans la population musulmane étaient si nombreuses qu’il fallait parfois utiliser des bulldozers pour les enlever, a confié un témoin serbe. Le même témoin se souvient d’avoir participé au nettoyage à grande eau de rues de Zvornik pour les débarrasser du sang. Dans d’autres villes ou villages musulmans ou croates, dans l’est, le nord et l’ouest de la Bosnie, les «Tigres» d’Arkan ont été les outils des architectes de l’épuration ethnique : les survivants racontent comment ils arrivaient dans un village, battaient, violaient ou tuaient quelques habitants et menaçaient les autres du même traitement s’ils ne fuyaient pas. Une musulmane réfugiée de Bratunac (est), Zeneida Sarajlic, dont la maison a été pillée deux fois par les «Tigres» d’Arkan, et dont le mari a été tué par des miliciens serbes, confiait : «Sa mort aurait dû être plus douloureuse étant donné les souffrances qu’il a infligées à tant de familles en Bosnie». «Arkan est mort comme il a vécu (...) comme un chien sauvage», commentait pour sa part le quotidien Oslobodjenje de Sarajevo. «Arkan et ses “Tigres” n’étaient que des pillards pleins de cruauté, utilisés pour terroriser les civils, ajoutait le journal. Quand ils rencontraient des adversaires plus déterminés, ils étaient toujours battus». La cruauté des miliciens à l’égard des civils ou des prisonniers était telle qu’elle révoltait parfois les chefs des unités régulières serbes. Il existe des témoignages selon lesquels des officiers serbes ont averti à l’avance leurs ennemis musulmans d’attaques imminentes des «Tigres». La rumeur avait couru qu’Arkan avait proposé ses services, refusés par le chef des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, pour la prise de Sarajevo contre un million de marks et le butin des pillages.
De Vukovar à Bijeljina, villes martyres des conflits de Croatie et de Bosnie, Arkan s’était taillé la réputation d’expert en épuration ethnique. «Arkan est le maître du génocide et il a montré aux autres comment faire», déclarait Mirza Hajric, conseiller du président musulman bosniaque Alija Izetbegovic, lorsque l’inculpation de Zeljko Raznatovic a été rendue publique en mars 1999 par la justice internationale. Bandit de droit commun, il s’était reconverti dans le patriotisme zélé au bénéfice des médias officiels serbes, lors des conflits nés de l’éclatement de la Yougoslavie en 1991. Il avait d’abord jeté ses milices à l’assaut des populations croates et les premières exactions des «Tigres» d’Arkan sont liées au siège de Vukovar. Lui et ses hommes ont laissé le souvenir d’une particulière...