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Actualités - Chronologie

Les films à la télé Une semaine qui s'annonce mal(photos)

Que voulez-vous espérer d’une semaine qui débute avec un film intitulé «A Fine Mess», traduit en français sous le titre de «Un sacré bordel?». La semaine s’annonce mal et rien de ce qui vous est proposé ne sera en mesure de satisfaire votre appétit de cinéphile. Même si «The Fall of the Roman Empire» se détache du lot, le film d’Anthony Mann n’est jamais totalement satisfaisant. «L’Aiglon» appartient à un genre de cinéma romanesque comme on n’en fait plus. «Le chef de gare» est un premier film avec ses qualités et ses défauts. «Three Wishes» est «mollasson», «Salt on Our Skin» est «corazon» et «The Innocent» est une déception d’autant plus grande qu’elle porte la signature de John Sclesinger. Autant dire que cette semaine le cinéma qu’il soit anglais, américain, italien ou français manque un peu de cœur. A Fine Mess porte, lui aussi, une signature prestigieuse: celle de Blake Edwards, l’auteur de Victor, Victoria et de tous les Pink Panthers. Spence Holden, aussi mauvais comédien que séducteur émérite, surprend deux voyous en train de doper un cheval de course. Il est malheureusement découvert par Binky et Turnip, nos délinquants, qui se lancent à sa poursuite. Spence les sème momentanément et convainc son ami Dennis de miser toutes ses économies sur la bête. Surveillé par les deux malotrus, notre «sympathique» duo réussit à parier sur le cheval drogué et à empocher les dix mille dollars du prix. Mais Binky et Turnip ne les lâchent plus. Assurément, A Fine Mess est une œuvre très mineure dans la carrière de Blake Edwards. Elle aurait nécessité moins de courses-poursuites au profit d’une approche plus consistante des personnages qui sont ici de vrais pantins. D’autre part, l’auteur a voulu renouer avec la tradition des Laurel et Hardy. C’est oublier que les exploits de leur tandem sont liés à une période précise (les années vingt et trente). Les bouleversements sociaux et l’après-guerre ont introduit un certain cynisme et une certaine distance dans le traitement même de la comédie. Billy Wilder en est un des plus brillants représentants, et Blake Edwards lui-même quand il le veut. Ce n’est vraiment pas le cas ici. Diffusion lundi à minuit sur LBCI Encore une signature prestigieuse, celle d’Anthony Mann, réalisant pour un Samuel Bronston, atteint de mégalomanie aiguë, The Fall of the Roman Empire en Espagne. En l’an 180 après J-C, alors que règne Marc Aurèle, l’empire romain est à son apogée. Dans une place fortifiée, aux frontières montagneuses du Nord, Marc Aurèle réunit les princes, les rois et les gouverneurs de cet empire immense. Dans l’assemblée se trouvent Livius, un tribun militaire que Marc Aurèle considère comme son propre fils, et Sohamus, roi d’Arménie, qui doit épouser Lucilla, la fille de l’empereur romain. En présence de Lucilla, Marc Aurèle avoue à Livius ses craintes concernant son propre fils Commode qui devrait lui succéder et qu’il sait incapable de gouverner. Dans l’intérêt de Rome, Marc Aurèle décide alors de faire de Livius son successeur mais Cleander, le devin aveugle, surprend leur conversation et Marc Aurèle est empoisonné... «J’ai voulu – déclarait Anthony Mann – montrer la folie du monde, le déclin et la mort de l’esprit. Nous avons essayé de montrer ce qui a provoqué la chute de l’empire: l’inceste, l’achat de soldats, l’interdiction faite au peuple de parler par l’intermédiaire du Sénat. Historiquement tout est exact dans le film. Il est exact que Faustine avait de nombreux amants. Tout Rome savait qu’il avait des gladiateurs parmi eux!» Le moins que l’on puisse dire est que le film est inégal: Anthony Mann semble avoir été écrasé par le gigantisme du projet. En revanche, si on ne considère le film que comme une œuvre historique spectaculaire, le pari de Mann et de son producteur Bronston est gagné et la reconstitution du Forum, construit à Las Matas près de Madrid, mérite à elle seule de voir le film. Diffusion mercredi à 23h30 sur Future TV Un destin qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est indéniablement celui de l’aiglon, le fils de Napoléon, qui mourut en pleine jeunesse, alors qu’on nourrissait autour de lui ambitions et intrigues. Une pièce célèbre de Rostand en fit un personnage mythique. Claude Boissol, sans s’en inspirer directement, a voulu retracer ce destin tragique dans un film qu’il a intitulé Napoléon II l’Aiglon. Une illustration bien laborieuse dont on ne retiendra que le fait qu’il ait été tourné en grande partie en Autriche, dans les lieux où vécut et mourut l’Aiglon auquel Bernard Verley prête sa fragilité. D’excellents interprètes l’entourent: Jean Marchais, Georges Marchal, Jean-Pierre Cassel, mais le cinéma se réduit ici à une illustration. Diffusion jeudi à 21h00 sur le Canal 9 Le film d’Andrew Birkin (le frère de Jane) est anglais et s’intitule Salt on Our Skin. En français, il est devenu Les vaisseaux du cœur: on y vogue sur une mer de sentiments. La fiction préfère le drame au bonheur. Regardez par exemple George (la fille) et Gavin (le garçon). Ils se rencontrent, se plaisent et puis rien. Gavin, pêcheur écossais, épouse une jeune femme bien de chez lui; George, universitaire intello, s’en va vivre sa vie de femme affairée. C’est con. Ils auraient pu nager dans le bonheur, ni vu ni connu, merci la vie. Mais il n’y aurait pas eu de film. Alors, ils décident de s’aimer quand même et de se retrouver de temps en temps. Et tout ça sur une vingtaine d’années. En termes de genre cinématographique, on appelle ça un mélodrame. Et Les vaisseaux du cœur, c’en est bien un (pur et dur). Avec violons pour les couchers de soleil et lumière tamisée pour les scènes d’amour. Tout y est, même un léger ennui. Qui aurait pu être plus grave si ce n’était la belle performance de Vincent D’Onofrio en marin et surtout de Greta Scacchi, convaincante et belle. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Après un film français, un film italien, ce qui est aussi rarissime à la télévision dans le premier comme dans le second cas. Il s’agit de Le chef de gare de Sergio Rubini. Dans le sud de l’Italie. Chef de gare d’une petite station isolée, le timide Domenico mène une vie monotone au côté de sa mère malade. Pour tromper l’ennui, il passe son temps à chronométrer ses moindres activités. Une nuit, il voit débarquer Flavia, une jeune et séduisante bourgeoise qui vient de quitter son fiancé Danilo... Ce premier film du comédien Sergio Rubini, révélé par Fellini dans «Intervista», marque par sa délicatesse, ses non-dits, sa générosité. Prix de la critique à Venise. Diffusion samedi à 21h00 sur le Canal 9 Martha Coolidge a tenté dans Three Wishes de retrouver le ton des comédies douces-amères qui, dans les années 50, connurent un réel engouement. On sortait alors de la guerre, et le ton convenait à l’époque avec le désenchantement des lendemains qui n’étaient pas ceux que l’on espérait... États-Unis, 1955. Le mari de Jeanne a été porté disparu pendant la guerre de Corée. Elle élève seule ses deux fils: Tom, 11 ans, et Gunny, 5 ans. Un jour, au volant de sa voiture, elle fait un écart pour éviter un chien, mais renverse son maître, dont la jambe est brisée. L’homme, un marginal moitié beatnik, moitié vagabond, s’appelle Jack McCloud et sa chienne Betty Jane. Culpabilisée, Jeanne insiste pour les héberger tous les deux, le temps de la convalescence. Cela fait jaser dans le quartier, mais Jeanne s’en moque. Jack s’intègre vite à la vie de la famille et son influence se révèle très positive. Les enfants l’adorent et Jeanne en tombe amoureuse. Pourtant, sa jambe guérie, Jack décide de reprendre la route. Avant de partir, il demande à Jeanne, Tom et Gunny de faire chacun un vœu. Les réaliser sera son cadeau d’adieu. Passée inaperçue, cette fable romantico-fantastique mérite pourtant qu’on s’y attache. Tant pour sa tendresse que pour ses moments de magie résolument à contre-courant. Diffusion samedi à minuit sur LBCI La guerre froide n’est plus qu’un lointain souvenir dans nos mémoires. John Schlesinger a voulu rappeler cette époque en réalisant The Innocent dont l’action se situe à Berlin dans les années 50. Leonard, un ingénieur britannique, est envoyé en mission à Berlin. Spécialiste des écoutes téléphoniques, il a mis au point pour le compte des services de renseignements alliés un système extrêmement sophistiqué, pratiquement indétectable. Les Alliés espèrent ainsi obtenir des éléments capitaux de l’ambassade soviétique. Mais la mission de Leonard va être compromise par la passion qu’il va éprouver pour une belle et mystérieuse Allemande. Nous sommes très loin des grandes réussites de Schlesinger qui avaient pour titre The Maraton Man ou Midnight Cowboy. Le sujet est inconsistant, le suspense sans grande originalité et le trio composé d’Anthony Hopkins (mal employé), de Isabella Rossellini et de Campbell Scott ne fonctionne jamais vraiment. Diffusion dimanche à minuit sur LBCI
Que voulez-vous espérer d’une semaine qui débute avec un film intitulé «A Fine Mess», traduit en français sous le titre de «Un sacré bordel?». La semaine s’annonce mal et rien de ce qui vous est proposé ne sera en mesure de satisfaire votre appétit de cinéphile. Même si «The Fall of the Roman Empire» se détache du lot, le film d’Anthony Mann n’est jamais totalement satisfaisant. «L’Aiglon» appartient à un genre de cinéma romanesque comme on n’en fait plus. «Le chef de gare» est un premier film avec ses qualités et ses défauts. «Three Wishes» est «mollasson», «Salt on Our Skin» est «corazon» et «The Innocent» est une déception d’autant plus grande qu’elle porte la signature de John Sclesinger. Autant dire que cette semaine le cinéma qu’il soit anglais, américain, italien ou français...