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Actualités - Chronologie

Zoologie - Glouton, malin, cruel, cannibale Le rat en exposition

Glouton, malin, roublard, égoïste, agressif, cruel, prolifique, cannibale, doué de mémoire mais aussi sale, repoussant, infesté de vermine et de puces, transportant la peste noire, le typhus et la rage : le rat, dans toute son ambivalence, est l’unique vedette d’une importante exposition que lui consacre le Musée zoologique de Strasbourg du 15 janvier au 20 avril. Le clou de cette passionnante exposition est une invraisemblable monstruosité de la nature, baptisée le «Roi de Rats», qui a entortillé inextricablement par la queue une dizaine de rongeurs. Ce «monarque», conservé depuis 1863 dans le formol au Musée zoologique de la métropole alsacienne, garde toujours son mystère tout comme les quelques rares autres rois de rats, de chats (trouvés aussi à Strasbourg en 1683) ou même d’écureuils découverts tantôt en Allemagne tantôt aux Pays-Bas. Les queues des ratons, encore humides à la naissance, se sont-elles soudées parce qu’ils étaient confinés dans un nid trop exigu ? Est-ce le gel qui a transformé les appendices des petites colonies en une pelote inextricable ? Les naturalistes, qui ont recensé des cas où jusqu’à 32 rats étaient ainsi liés par la queue, n’ont encore trouvé aucune réponse satisfaisante à ce mauvais tour de la nature. Tout juste sait-on que ces rats, nourris par leurs congénères, parviennent parfois à l’âge adulte. Symbole de santé L’Orient, rappelle-t-on dans cette exposition, voit dans le rat un symbole de prospérité, de fécondité et de santé. Les rats sont ainsi vénérés au temple de Deshnoke, au Rajahstan (Inde), par des fidèles qui espèrent protéger leurs enfants des maladies par des offrandes. Le temple, avec une foule grouillante de rats empaillés, est présenté au public en reconstitution réduite. Le visiteur peut aussi s’installer devant un terrarium pour observer une bande de rats d’égout, ou surmulots, vivant comme dans une cave : ils mangent, s’accouplent, se battent et font minutieusement leur toilette. L’une des grandes attractions de l’exposition est «l’école des rats», avec les leçons de Z’motte, Tatouille, Elmira et Segnora, quatre petites rates blanches d’élevage surdouées pour l’apprentissage. Chaque jour, le visiteur pourra constater les progrès des petites élèves, tester leurs capacités d’orientation, observer leur comportement et leur débrouillardise. Le visiteur pourra aussi constater que le rat ne provoque pas que dégoût ou répulsion : c’est un mets très apprécié non seulement en Chine, mais aussi jadis en France dans les chais de Gironde où les tonneliers le dégustaient en entrecôte grillée, sur un feu de débris de futailles, avec beaucoup d’échalotes. Le rat, compagnon traditionnel des prisonniers et des écrivains dans leurs bibliothèques, est devenu plus récemment un animal de compagnie très apprécié pour certains punks. Et même sur Internet, plusieurs sites sont consacrés aux amis des rats.
Glouton, malin, roublard, égoïste, agressif, cruel, prolifique, cannibale, doué de mémoire mais aussi sale, repoussant, infesté de vermine et de puces, transportant la peste noire, le typhus et la rage : le rat, dans toute son ambivalence, est l’unique vedette d’une importante exposition que lui consacre le Musée zoologique de Strasbourg du 15 janvier au 20 avril. Le clou de cette passionnante exposition est une invraisemblable monstruosité de la nature, baptisée le «Roi de Rats», qui a entortillé inextricablement par la queue une dizaine de rongeurs. Ce «monarque», conservé depuis 1863 dans le formol au Musée zoologique de la métropole alsacienne, garde toujours son mystère tout comme les quelques rares autres rois de rats, de chats (trouvés aussi à Strasbourg en 1683) ou même d’écureuils découverts tantôt...