Entre théâtre, poésie et récits, son verbe ballotte. On l’avait découverte avec al-Bakara (La Bobine) où Nidal el-Achkar, en 1973, donnait vie et chair à ses mots de femme aux fantasmes multiples et à la faconde intarissable. Aujourd’hui, c’est-à-dire 26 ans plus tard, Thérèse Aouad Basbous reprend les mêmes propos qu’elle cultive d’ailleurs d’année en année dans ses écrits, en français et en arabe. Nous la retrouvons cette fois avec Dent d’amour (L’Harmattan-111 pages) à travers phrases courtes et nerveuses, au rythme haletant. Elle déploie avec un lyrisme accentué ses mêmes idées de «femme amoureuse» en quête d’un couple fusionnel où l’homme est à la fois mis sur la sellette et adoré et où la femme se raconte dans un déballage un peu hystérique, faussement impudique. Écriture insolite, faite d’associations d’images et de sonorités, tel un poème moderne libre, grinçant et un peu syncopé dans ses ruptures, ses colères, ses stridences, ses dissonances harmoniques. Flot de mots et de vocables torrentiel et en cascades qui révèlent plaisirs et déceptions, désirs et attentes, moments de félicité et de solitude, révolte et soumission, détermination et hésitation, éblouissement et abattement. Interminable soliloque d’une femme qui «apostrophe» avec la voilette de la poésie «Fauve», un homme esquissé certes avec beaucoup de tendresse et de passion dévorante mais aussi de hargne, de violence et un jet de vocables vindicatifs qui sont d’ailleurs toujours l’autre facette de l’amour. Relation passionnelle où les souvenirs lumineux et douloureux affleurent, où la peau se souvient de ses incendies et de ses froids grelottants, où les yeux revoient des images radieuses et bouleversantes, où les mots tissent un monde sonore qui échappe aux pages où crisse un stylo… Tout cela pour dire les feux mal éteints (ou inextinguibles) d’une passion chavirante, celle d’une histoire, peut-être d’une vie. Écriture obsessionnelle que celle de Thérèse Aouad Basbous qui multiplie ses écrits pour la cause de l’amour telle une cantate où la passion a toutes les fragrances et toutes les intempéries. Extrait Une pluie régulière et purifiante joue une petite musique de terrasse mouillée. Loin de ressembler à l’averse qui nous inonda Fauve et moi ce premier jour de la première année d’un premier amour… Oui oui. Premier. Tout Amour est premier. Comme la pluie l’amour. Il est vrai que les escargots ne sortent leurs antennes et leurs coquilles de terre qu’à la toute première pluie de l’année. Mais pour la terre qui attend, une pluie est une pluie. Et ces fils tendus d’eau entre ciel et terre sont de même nature. Toujours. Quoique la musique ait d’autres bruits.
Entre théâtre, poésie et récits, son verbe ballotte. On l’avait découverte avec al-Bakara (La Bobine) où Nidal el-Achkar, en 1973, donnait vie et chair à ses mots de femme aux fantasmes multiples et à la faconde intarissable. Aujourd’hui, c’est-à-dire 26 ans plus tard, Thérèse Aouad Basbous reprend les mêmes propos qu’elle cultive d’ailleurs d’année en année dans ses écrits, en français et en arabe. Nous la retrouvons cette fois avec Dent d’amour (L’Harmattan-111 pages) à travers phrases courtes et nerveuses, au rythme haletant. Elle déploie avec un lyrisme accentué ses mêmes idées de «femme amoureuse» en quête d’un couple fusionnel où l’homme est à la fois mis sur la sellette et adoré et où la femme se raconte dans un déballage un peu hystérique, faussement impudique. Écriture...
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