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Actualités - Chronologie

RUSSIE Le procès d’un Américain, inculpé d’espionnage, s’ouvre aujourd’hui à Moscou

L’Américain Edmund Pope, inculpé d’espionnage, doit comparaître aujourd’hui devant un tribunal de Moscou pour un procès exceptionnel, aucun étranger n’ayant été jugé à ce titre en Russie depuis des années. L’issue du procès pèsera lourd sur les relations russo-américaines, car ce sera la première fois depuis 1961 qu’un Américain accusé d’espionnage sera jugé en Russie. À cette date, Francis Powers, pilote d’un avion espion américain U2, avait été condamné à 10 ans de détention par les Soviétiques. Powers avait été libéré l’année suivante contre l’espion soviétique Rudolph Abel. Détenu à Moscou depuis le 4 avril, Edmund Pope, qui souffre d’une forme rare de cancer des os, risque de 10 à 20 ans de prison pour espionnage et de 4 à 7 ans pour divulgation de secrets d’État. Il proclame son innocence. Le procès, à huis clos, devrait durer deux semaines. «Je suis pessimiste. Ce sera un procès partial. Les juges ont été choisis parmi ceux qui peuvent entendre des affaires touchant à des secrets d’État après une sélection par le FSB» (services de sécurité, ex-KGB), a déclaré son avocat Pavel Astakhov. «Pope a lu le réquisitoire. Il ne croit pas non plus à un verdict favorable», a ajouté l’avocat précisant que la santé de son client (53 ans) n’était «pas bonne». Les Russes ont jusqu’à présent refusé que M. Pope soit examiné par un médecin américain. Le FSB estime que l’accusé est en assez bonne santé pour rester en prison et assister à son procès. Alors que le président Vladimir Poutine (ancien chef des services secrets) avait laissé entendre, à l’issue d’une rencontre avec Bill Clinton à New York, qu’il était favorable à une libération, la justice russe avait refusé une demande de mise en liberté d’Edmund Pope le 19 septembre. Cette décision avait été vivement critiquée par le Département d’État américain qui avait crié au «scandale» et alerté les hommes d’affaires américains sur les dangers d’un séjour en Russie, alors que ce pays a grand besoin des investissements étrangers. En cas de condamnation, il n’est pas exclu que Washington subisse des pressions pour prendre des mesures de représailles : la Chambre des représentants a ainsi demandé le 10 octobre dernier au président Bill Clinton d’envisager de couper la plus grande partie de l’aide économique à la Russie si Pope n’était pas immédiatement libéré. Ancien officier des services de renseignements de la marine américaine devenu homme d’affaires, Edmund Pope est accusé d’avoir établi des contacts avec des scientifiques russes pour recueillir des renseignements classés «secrets d’État» sur la fabrication de missiles sous-marins. Un homme d’affaires britannique, Greville Wynne, avait été condamné pour espionnage en 1963 à Moscou avec le colonel Oleg Penkovski du GRU (renseignement militaire). Wynne avait servi de contact entre Penkovski et les services secrets américains et britanniques. Condamné à 8 ans de prison, il avait été échangé contre l’espion soviétique Gordon Lonsdale. La presse russe a évoqué à propos de M. Pope un échange avec l’agent double de la CIA, Aldrich Ames, condamné à la prison à vie en 1994 pour avoir vendu à la Russie des renseignements qui ont compromis des dizaines d’opérations de la Centrale américaine. «Le FSB s’est employé ces derniers temps à démontrer son efficacité. Il fait “la chasse aux espions”, étrangers comme russes», souligne Alexandre Golts de l’hebdomadaire Itogui.
L’Américain Edmund Pope, inculpé d’espionnage, doit comparaître aujourd’hui devant un tribunal de Moscou pour un procès exceptionnel, aucun étranger n’ayant été jugé à ce titre en Russie depuis des années. L’issue du procès pèsera lourd sur les relations russo-américaines, car ce sera la première fois depuis 1961 qu’un Américain accusé d’espionnage sera jugé en Russie. À cette date, Francis Powers, pilote d’un avion espion américain U2, avait été condamné à 10 ans de détention par les Soviétiques. Powers avait été libéré l’année suivante contre l’espion soviétique Rudolph Abel. Détenu à Moscou depuis le 4 avril, Edmund Pope, qui souffre d’une forme rare de cancer des os, risque de 10 à 20 ans de prison pour espionnage et de 4 à 7 ans pour divulgation de secrets d’État. Il...