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Actualités - Biographie

Le soleil ne se couche jamais sur « Lina’s »

«Le soleil ne se couche jamais sur “Lina’s Sandwiches”, du Japon à Bogota, en passant par la France !». On comprend dès lors d’où vient l’énergie de Lina Mroué, qui confirme que «travailler rend jeune !» et d’où elle puise cet optimisme et cette force que rien – bien heureusement – ne semble altérer. u téléphone, sa voix enrouée, brisée par trop de cigarettes dresse le vague portrait d’une femme pressée, aimable et ferme en même temps. Difficile pourtant d’y poser un visage. En l’attendant dans ce café caressé par un timide soleil d’automne, de nombreuses candidates y passent. Trop rousse peut-être, trop âgée, trop grosse, sûrement, trop timide ou encore trop hésitante, aucune de ces femmes qui traversent cette scène improvisée ne ressemblent au portrait robot esquissé. Arrive enfin une belle femme pressée, aimable et ferme en même temps, s’excusant de son retard devenu presque légitime. Un regard perçant, persan, un sourire chaleureux qui jettent le froid et le chaud, un équilibre qui impose des distances mais permet toutefois quelques dérapages contrôlés et le dialogue s’engage. La femme pressée a tout son temps qu’elle offre en toute élégance. La chimie et l’amour «On naît ambitieuse, on devient femme d’affaires», affirme Lina Mroué, née ambitieuse dans une famille de journalistes célèbres. Les beaux-arts à l’AUB, un premier mariage, Beyrouth-Paris et la naissance de ses deux filles plus tard, elle prend une année «presque» sabbatique, s’envole pour l’Angleterre pour «une année de distance et de réflexion». À son retour en France, elle collabore avec la régie de RMC et se décide à devenir une femme d’affaires version année 80-90. J’ai d’abord pensé à créer dans Paris une minuscule épicerie où l’on vendrait des produits biologiques de saison». Puis, on est si bien servi par soi-même, Lina, férue de sandwiches et encouragée par sa sœur, change de formule et d’idée. Elle s’envole pour les USA, l’Angleterre et l’Italie pour apprendre, observer et retenir «l’industrie de ce commerce». «L’esprit était, précise-t-elle, de pouvoir offrir ce luxe profond, l’espace, dans une ville où les gens sont les uns sur les autres. Un lieu où les hommes d’affaires, les étudiants, les artistes, les designers et les femmes se mêlent pour retrouver un bien-être qui commencerait dans un décor, le même partout, moderne et classique en même temps, et finirait dans le choix des aliments, simples, biologiques, des produits choisis, posés clairement devant le client». Le premier Lina’s «mon grand bébé» voit le jour le 7 juin 1989, Place des Victoires. Bel hasard, beau choix et belle première victoire. La recette, «dans chaque composition culinaire, il y a de la chimie et de l’amour. Tout est fait suivant mes recettes, celles de mon palais et de mon palais intellectuel». Un one-woman-show où la woman concernée travaille plus de douze heures par jour, les week-ends inclus, tout en avouant être très redevable à toutes ses équipes de travail, plus de trois cents personnes, sans qui, précise-t-elle, «je ne suis rien», et sa famille, aujourd’hui quatre enfants. «Je suis chef d’entreprise et chef de famille. Je les remercie infiniment d’être aussi compréhensifs». « Lina’s, esprit de qualité » «J’ai espéré le succès, mais je ne m’y attendais pas autant». Dès 1991, Lina’s occupe progressivement les devants de la scène parisienne en s’installant dans les points stratégiques de la capitale, tels la rue Marbeuf, Neuilly, les Galeries Lafayette, la rue Saint-Sulpice, la rue du Faubourg Saint-Honoré, la rue des Saints-Pères, le Boulevard des Italiens, le Marais, la rue de Bourgogne ou le Ciné UGC de la Cité des Halles. Elle traverse enfin les frontières et s’exporte en Colombie, au Japon, en Martinique et à Istanbul. Au total, la grande famille de Lina’s se chiffre à 37 «bébés» dans le monde, dont 25 en France. Précisions, toutefois : «Le développement ne doit pas prendre le dessus sur la qualité. L’intervention humaine demeure essentielle. Tous les jours, ce même sandwich aura la même qualité mais un goût différent». Un goût de plaisir, de bonheur même. «J’aime ce que j’ai créé, ce que je fais. À chaque nouveau projet, les mêmes questions se posent à nouveau. Rien n’est joué à l’avance, tout se reconstruit». Est-ce trop grand pour une personne qui a conservé sa taille malgré tous les sandwiches du monde consommés, goûtés, inventés ? «Peut-être, mais je me lève le matin et je n’ai pas peur de la journée». En 1999, un nouveau Lina – l’apostrophe s en moins et une épicerie en plus dépose ses produits rue Princesse, «la boucle est ainsi bouclée !». Et en juin 2000, L by Lina’s rejoint son aîné aux Galeries Lafayette, «un nouveau concept-restaurant». Alors, la question piège tombe enfin comme une revendication, «le Liban ? C’est un très beau marché, affectif je dois dire, pour moi. Mais les loyers sont excessifs là où je suis intéressée. J’ai essayé et je continuerai à le faire». En attendant, elle prend ses rares vacances au pays. «J’aimerais venir revivre au Liban. Un jour sûrement». Et poursuit son tour du monde, bientôt Miami, pour concrétiser son ambition d’être partout et répéter dans toutes les langues le célèbre adage de Voltaire qu’elle a fait sien : «J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé». Carla HENOUD
«Le soleil ne se couche jamais sur “Lina’s Sandwiches”, du Japon à Bogota, en passant par la France !». On comprend dès lors d’où vient l’énergie de Lina Mroué, qui confirme que «travailler rend jeune !» et d’où elle puise cet optimisme et cette force que rien – bien heureusement – ne semble altérer. u téléphone, sa voix enrouée, brisée par trop de cigarettes dresse le vague portrait d’une femme pressée, aimable et ferme en même temps. Difficile pourtant d’y poser un visage. En l’attendant dans ce café caressé par un timide soleil d’automne, de nombreuses candidates y passent. Trop rousse peut-être, trop âgée, trop grosse, sûrement, trop timide ou encore trop hésitante, aucune de ces femmes qui traversent cette scène improvisée ne ressemblent au portrait robot esquissé. Arrive enfin une...