L’OSCE s’est pour la première fois hier engagée à contrôler les ventes d’armes légères en Europe, qui font l’objet d’un marché noir particulièrement important et meurtrier. Parmi les 55 États membres de l’Organisation pour la sécurité et la coopération, qui comprend les pays européens, le Canada et les États-Unis, figurent les principaux marchands d’armes du monde. Et c’est la première fois qu’une organisation internationale tente d’agir contre la dissémination de ces armes, d’autant plus difficiles à contrôler qu’elles sont produites en très grandes quantités. Les ministres des Affaires étrangères de l’organisation réunis à Vienne se sont engagés à un échange d’informations sur les ventes de ces armes et un marquage par numéro de série. Pistolets, fusils ou armes automatiques, la catégorie recouvre toutes les armes qui sont maniables par une seule personne, voire deux dans certains cas, et qui ont un calibre inférieur ou égal à 100 mm. Ce sont «des armes de choix dans les conflits civils d’aujourd’hui» car elles sont «bon marché, facilement maniables, durables et disponibles partout dans le monde», indique le texte adopté par l’organisation. «Leur propagation incontrôlée et leurs ventes illégales posent un sérieux problème mondial», a ajouté le britannique Paul Flaherty, coordinateur du groupe de travail ayant préparé ce document. Ces armes «tuent des milliers d’enfants chaque année et des millions d’autres sont témoins d’attaques» menées à l’aide de ces petites armes, a souligné dans un communiqué la présidente en exercice de l’OSCE, l’Autrichienne Benita Ferrero-Waldner. «On estime qu’il y a en ce moment dans le monde 500 millions d’armes légères et de petit calibre en circulation légale, auxquelles il faut ajouter la moitié environ faisant l’objet de marché noir», a indiqué Kate Joseph, un des auteurs du texte. «Le principal problème étant le commerce illégal de ces armes, il faut commencer par instaurer la transparence en matière de ventes légales», a-t-elle indiqué à la presse en présentant ce document. Dans ce texte, les États de l’OSCE s’engagent à échanger des informations sur leurs ventes respectives de ces armes de petit calibre dans la zone OSCE, et ils conviennent d’instaurer un système de marquage de chacune de ces armes produites à l’avenir. «Ce numéro de série devrait permettre de savoir d’où vient l’arme, qui l’a fabriquée et quand», précise Kate Joseph. De nombreuses armes légères produites en Europe, et officiellement censées y rester, se retrouvent utilisées dans des conflits en Afrique, précise-t-elle. L’OSCE rapporte dans un document de travail que ce marché noir est alimenté notamment par les dépôts d’armes du gouvernement albanais dévalisés lors du soulèvement populaire en 1997, par les réseaux de trafic d’armes allant d’Afghanistan vers l’Asie centrale et par «une importante offre dans le Caucase». Parmi les principaux pays producteurs de ces armes figurent, la Slovaquie, la Bulgarie et l’Ukraine, selon Mme Joseph. Les États membres de l’OSCE se sont également engagés à respecter des normes identiques en matière d’importations et d’exportations de ces armes et à s’informer mutuellement de ces transactions. L’OSCE voudrait ainsi que l’Europe soit, l’été prochain, le premier continent à avoir instauré un système de contrôle de ces armes, avant la tenue cet été à New York d’une convention des Nations Unies sur le commerce mondial des armes légères.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’OSCE s’est pour la première fois hier engagée à contrôler les ventes d’armes légères en Europe, qui font l’objet d’un marché noir particulièrement important et meurtrier. Parmi les 55 États membres de l’Organisation pour la sécurité et la coopération, qui comprend les pays européens, le Canada et les États-Unis, figurent les principaux marchands d’armes du monde. Et c’est la première fois qu’une organisation internationale tente d’agir contre la dissémination de ces armes, d’autant plus difficiles à contrôler qu’elles sont produites en très grandes quantités. Les ministres des Affaires étrangères de l’organisation réunis à Vienne se sont engagés à un échange d’informations sur les ventes de ces armes et un marquage par numéro de série. Pistolets, fusils ou armes automatiques, la...