La nostalgie n’est pas un caprice de salons, c’est une vraie maladie. Pour beaucoup, l’agent pathogène de la mémoire occupe l’esprit d’une manière permanente, lui causant à la longue des dégâts irréversibles. Des spécialistes affirment que le simple fait de regarder des photographies montrant le pays du temps passé peut faire apparaître les symptômes de la maladie : soupirs, hochements tristes de la tête, marmonnements inintelligibles, etc. Ils recommandent donc la plus grande vigilance. La tentation de jeter un coup d’œil sur ces anciens clichés est pourtant grande. Qu’y voit-on au juste ? Quelques maisons, peu de voitures, un paysan par-ci, un soldat turc par-là, peu d’arbres malgré la rengaine qui prétend que le pays fut couvert de forêts et surtout, surtout beaucoup de vide. Avec l’épreuve de vivre dans des espaces remplis de constructions, de circuler dans des rues encombrées de voitures et de baigner dans un surpeuplement inquiétant, le vide présent dans ces images devient fascinant, obsessionnel, irrésistible. Plus beau que les mandalouns, les arcades ou les balustrades en fer forgé, il accapare la notion de patrimoine, il est lui-même patrimoine si tant est que ce mot signifie ce à quoi on tient beaucoup mais qui malheureusement disparaît un peu plus tous les jours. Alors le soir, dans votre fauteuil, en parcourant distraitement un recueil de vieilles photos, prenez garde à l’appel du vide. Si vous succombez à la tentation de vous jeter et d’évoluer avec volupté dans ces espaces où il n’y a rien, plus tard le dégoût de tout, le mépris de tous et le découragement s’empareront de vous. Vous serez atteint d’une forme rare mais beaucoup plus grave de la maladie : la nostalgie du vide. G. SÉROF
La nostalgie n’est pas un caprice de salons, c’est une vraie maladie. Pour beaucoup, l’agent pathogène de la mémoire occupe l’esprit d’une manière permanente, lui causant à la longue des dégâts irréversibles. Des spécialistes affirment que le simple fait de regarder des photographies montrant le pays du temps passé peut faire apparaître les symptômes de la maladie : soupirs, hochements tristes de la tête, marmonnements inintelligibles, etc. Ils recommandent donc la plus grande vigilance. La tentation de jeter un coup d’œil sur ces anciens clichés est pourtant grande. Qu’y voit-on au juste ? Quelques maisons, peu de voitures, un paysan par-ci, un soldat turc par-là, peu d’arbres malgré la rengaine qui prétend que le pays fut couvert de forêts et surtout, surtout beaucoup de vide. Avec l’épreuve de...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.