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Actualités - Chronologie

Les enfants métis d’Américains rentrent parfois au pays

Les enfants vietnamiens métis de soldats américains sont de moins en moins nombreux à gagner les États-Unis en profitant d’un programme mis en place en 1987, certains d’entre eux ont même décidé depuis de rentrer au Vietnam, parfois en le regrettant. Depuis cette date, plus de 9 000 d’entre eux, nés pour la plupart de la liaison d’une Vietnamienne avec un soldat américain pendant la guerre du Vietnam, ont été autorisés à émigrer aux États-Unis avec leurs proches, selon Le Kim Lam, responsable côté vietnamien de ce programme. Ils étaient encore 982, y compris les membres de leurs familles, à avoir émigré aux États-Unis entre avril 1999 et avril 2000, selon le consulat des États-Unis à Hô Chi Minh-Ville, l’ancien Saigon. Mais, faute de candidats, on est loin des départs massifs enregistrés au début des années 90. Nguyen Soa Thi a fait partie en 1993 des centaines d’Amérasiens qui se sont envolés pour l’Amérique. Accompagnée de sa mère et de son frère, elle a d’abord passé six mois aux Philippines pour apprendre, entre autres, quelques rudiments d’anglais, avant de débarquer à Fargo dans le Dakota du Nord aux États-Unis. Elle a alors 23 ans. Elle y passera deux ans, mais son mari lui manque, et elle décide alors de rentrer au Vietnam. Pour l’avoir connue trop tard, Nguyen Phu Tai n’avait pas pu suivre sa femme, dont le dossier était déjà bouclé auprès de l’Administration américaine. Une petite fille du couple était née aux Philippines qu’il n’avait jamais vue jusqu’au retour de sa femme en 1995. Dès son retour à Hô Chi Minh-Ville, la jeune femme multiplie les démarches pour obtenir que son mari rentre avec elle à Fargo. En vain, le temps passe et avec lui le droit pour elle-même de retourner aux États-Unis. Sa carte verte, son permis de résidence, expire en 1997. C’est la fin du rêve américain pour Soa Thi. «Vivre aux États-Unis sans mon mari était trop dur», confie la jeune femme, qui continue pourtant à espérer. Le couple, qui a maintenant deux enfants, vit sinon dans le luxe, du moins confortablement dans une grande maison à la périphérie de Saigon. Elle est couturière et son mari travaille dans une entreprise qui loue des machines-outils. «Pour nous, ça va, mais retourner aux États-Unis serait beaucoup mieux pour l’avenir de nos enfants», explique la jeune femme. Comme la plupart des Amérasiens, Soa Thi n’a jamais connu son père dont elle ne sait rien, pas même son nom. «Ma mère a tenté au début de le retrouver aux États-Unis, mais sans résultat. Maintenant, elle ne cherche plus», explique-t-elle. Partir a été facile. Les Vietnamiens n’ont guère été tendres avec ces enfants à la peau plus claire, différents et qui portaient sur leur visage l’infamie d’une liaison coupable avec l’ennemi américain. «À l’école, j’étais toujours l’objet de vexations. Au mieux, les gens me dévisageaient dans la rue et je sentais souvent leur hostilité», raconte Soa Thi. Aujourd’hui, assure-t-elle, «les choses ont changé, il y a beaucoup d’étrangers à Saigon et je suis mieux acceptée». Des États-Unis, le froid des grandes plaines du Dakota lui manque. «Je ne savais pas qu’on pouvait avoir aussi froid», dit-elle en souriant. «Et puis ma mère aussi, qui vieillit et que je voudrais revoir», ajoute-t-elle. Ses chances sont minces. Elle assure se rendre régulièrement au consulat des États-Unis à Hô Chi Minh-Ville pour y rencontrer un responsable américain, mais à chaque fois, le personnel vietnamien lui barre la route. De la visite du président Bill Clinton, attendu samedi dans l’ancienne Saigon, elle n’espère qu’une chose, qu’elle permette son retour dans ce qui a failli être sa nouvelle patrie.
Les enfants vietnamiens métis de soldats américains sont de moins en moins nombreux à gagner les États-Unis en profitant d’un programme mis en place en 1987, certains d’entre eux ont même décidé depuis de rentrer au Vietnam, parfois en le regrettant. Depuis cette date, plus de 9 000 d’entre eux, nés pour la plupart de la liaison d’une Vietnamienne avec un soldat américain pendant la guerre du Vietnam, ont été autorisés à émigrer aux États-Unis avec leurs proches, selon Le Kim Lam, responsable côté vietnamien de ce programme. Ils étaient encore 982, y compris les membres de leurs familles, à avoir émigré aux États-Unis entre avril 1999 et avril 2000, selon le consulat des États-Unis à Hô Chi Minh-Ville, l’ancien Saigon. Mais, faute de candidats, on est loin des départs massifs enregistrés au début des...