ÉGYPTE Condamnés à la prison, quinze islamistes accusent le gouvernement
le 20 novembre 2000 à 00h00
Quinze membres du mouvement islamiste interdit des Frères musulmans ont été condamnés hier à la prison et affirment que leur condamnation est une «punition du gouvernement» au succès remporté par la confrérie aux élections législatives. La Haute Cour militaire, située à Huckstep, au nord du Caire, a condamné Mohamed Badie Sami, Saad Zaghloul Achmaoui et Ahmed al-Halawani à cinq ans de prison. Douze autres accusés, dont notamment l’avocat Mokhtar Nouh, importante figure du mouvement, ont été condamnés à trois ans. Le tribunal a acquitté cinq autres personnes. Les 20 accusés avaient été arrêtés en octobre 1999, et étaient depuis emprisonnés. Ces condamnations surviennent alors que les Frères musulmans viennent d’obtenir, en se présentant sans étiquette politique, 17 sièges lors des élections législatives achevées le 14 novembre, ce qui en fait le principal groupe d’opposition à l’Assemblée. Les condamnés ont été reconnus coupables d’appartenance à une «organisation interdite selon le décret promulgué par le Conseil de la révolution en 1954» (date de la prise du pouvoir de l’ancien président Gamal Abdel Nasser), a déclaré le président du tribunal. Les condamnés ont accueilli le verdict par des cris de protestation lancés des cages de fer où ils étaient enfermés pendant l’audience. «Dieu se vengera des injustes», «Dieu nous rendra justice», ont-ils lancé. «Nous nous attendions à un verdict aussi lourd. C’est une punition du gouvernement aux Frères musulmans pour leur succès aux élections», a accusé Me Nouh. Il a prédit, menaçant, des «changements fondamentaux sur la scène politique égyptienne, qui entraîneront la libération» des condamnés, sans autre précision. Deux représentants de l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International, une diplomate américaine, ainsi que la presse étrangère, n’ont pas été autorisés à entrer au tribunal. «Ce procès est un scandale et il n’aurait jamais dû avoir lieu», a déclaré le représentant d’Amnesty, Carsten Jurgensen. «Les faits reprochés ne relèvent que du simple exercice de la liberté d’expression», a-t-il estimé. Le président du tribunal a accusé le mouvement d’appeler «à faire obstacle à l’application de la constitution et des lois en vigueur et à porter atteinte à la paix sociale et à l’unité nationale». Il leur est reproché aussi d’avoir «infiltré les milieux étudiants, pour tenter d’enrôler de nouveaux membres et d’en faire des cadres syndicaux, dans le but de dominer les syndicats».
Quinze membres du mouvement islamiste interdit des Frères musulmans ont été condamnés hier à la prison et affirment que leur condamnation est une «punition du gouvernement» au succès remporté par la confrérie aux élections législatives. La Haute Cour militaire, située à Huckstep, au nord du Caire, a condamné Mohamed Badie Sami, Saad Zaghloul Achmaoui et Ahmed al-Halawani à cinq ans de prison. Douze autres accusés, dont notamment l’avocat Mokhtar Nouh, importante figure du mouvement, ont été condamnés à trois ans. Le tribunal a acquitté cinq autres personnes. Les 20 accusés avaient été arrêtés en octobre 1999, et étaient depuis emprisonnés. Ces condamnations surviennent alors que les Frères musulmans viennent d’obtenir, en se présentant sans étiquette politique, 17 sièges lors des élections...
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