Le village de Kaprun, qui a connu l’une des pires catastrophes jamais survenues dans les Alpes, accueillait dans la nuit de samedi à dimanche derniers le tragique défilé des familles des quelque 170 victimes, à la lueur de bougies posées devant les maisons. Ces parents des victimes arrivaient en voiture dans ce petit village de sports d’hiver, totalement muet. Ici, le deuil a débuté dans le silence et les passants parlaient à voix basse dans les rues. Les gens semblaient complètement abattus et consternés. Devant les maisons, les nombreux magasins de ski et les croisements, partout dans le village, de grosses bougies blanches ont été allumées à même le sol, devant les portes, sur les rebords de fenêtres. Elles donnaient une lueur étrange. Dans le froid vif et sec, la lune éclatante laissait deviner les sommets enneigés qui surplombent le tunnel où le funiculaire a pris feu avec environ 178 personnes à bord et dont neuf ont pu s’enfuir vivantes. L’auberge de jeunesse internationale de Kaprun a été transformée en centre d’accueil pour les victimes. Un jeune homme, en pleurs, en est sorti soutenu par son amie. «J’ai perdu mon meilleur ami, il avait 32 ans, on était comme les doigts de la main, putain de vie», a-t-il lâché. Un homme plus âgé en est ressorti lui aussi un peu plus tard. Face aux questions des journalistes qui lui demandaient s’il avait perdu un membre de sa famille, il a discrètement détourné la tête, le visage en pleurs, et est parti seul. Maria Gruber, une cuisinière de 24 ans originaire de la province voisine de Styrie, venait d’apprendre que son ami, âgé de 29 ans, est mort dans le funiculaire. «Mon Dieu, pourquoi c’est lui», répétait-elle hagarde. La police maintenait de son côté un cordon de sécurité efficace face aux centaines de journalistes qui ont déferlé sur le village. Vers 23h25, un groupe d’une dizaine de personnes est arrivé à l’auberge de jeunesse : comme tous ceux qui les ont précédés, ils sont entrés en silence, les traits défaits et le dos plus voûté que d’habitude. «Ils passent de la peur, à l’espoir, puis au chagrin», explique Heike Lammer, de la Croix-Rouge autrichienne. «J’ai dû consoler une mère qui était présente lorsque sa fille est montée dans le train», a-t-il déclaré, cité par l’agence autrichienne APA. «C’était horrible. On ne pouvait rien faire pour la calmer», a-t-il ajouté. Quarante psychologues ont été dépêchés sur les lieux pour tenter d’aider les proches des victimes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le village de Kaprun, qui a connu l’une des pires catastrophes jamais survenues dans les Alpes, accueillait dans la nuit de samedi à dimanche derniers le tragique défilé des familles des quelque 170 victimes, à la lueur de bougies posées devant les maisons. Ces parents des victimes arrivaient en voiture dans ce petit village de sports d’hiver, totalement muet. Ici, le deuil a débuté dans le silence et les passants parlaient à voix basse dans les rues. Les gens semblaient complètement abattus et consternés. Devant les maisons, les nombreux magasins de ski et les croisements, partout dans le village, de grosses bougies blanches ont été allumées à même le sol, devant les portes, sur les rebords de fenêtres. Elles donnaient une lueur étrange. Dans le froid vif et sec, la lune éclatante laissait deviner les sommets...