La politique économique et budgétaire américaine devrait connaître peu de changement alors que le prochain président, que ce soit le démocrate Al Gore ou le républicain George W Bush, aura une faible marge de manœuvre avec un Congrès sans majorité claire. La querelle sur le décompte des votes en Floride ne peut que polariser davantage au centre la politique américaine, estiment les observateurs. Les élections présidentielle et législatives du 7 novembre ont fait ressortir un électorat divisé en deux camps, de force quasiment égale. Cette situation empêchera probablement le prochain occupant de la Maison-Blanche de mettre en œuvre ses promesses électorales, prédit Robert DiClemente, un économiste de Salomon Smith Barney. «Une fois que les choses se seront calmées, nous allons probablement voir le maintien du cap actuel de la politique budgétaire et fiscale et d’une politique en faveur d’un dollar fort», estime-t-il. Si George W. Bush est finalement déclaré vainqueur, il sera confronté à une puissante opposition démocrate au Congrès. À la Chambre des représentants, le Parti républicain ne dispose que de neuf voix de plus que les démocrates avec 220 sièges contre 211. Au Sénat, les républicains n’ont pour l’instant que 50 des 100 sièges de cette assemblée, contre 49 aux démocrates. Un siège de sénateur fait encore l’objet d’un décompte. Dans un tel rapport de forces, George W. Bush ne peut espérer obtenir l’énorme réduction d’impôt de 1 300 milliards de dollars sur dix ans qu’il a promise dans sa campagne, selon l’économiste Joel Naroff. Si Al Gore devient président, il ne pourra davantage avoir l’augmentation des dépenses publiques promises pour des programmes sociaux destinés surtout à la classe moyenne, a-t-il ajouté. De ce fait, les États-Unis vont poursuivre la politique budgétaire des deux dernières années qui consiste à utiliser une grande partie des énormes excédents budgétaires engendrés par la prospérité économique sans précédent des dernières années pour continuer à rembourser la dette publique fédérale, prévoit cet économiste. Cette perspective ne peut que rassurer le marché des obligations toujours inquiet des effets inflationnistes présentés par des risques de dérapages des dépenses budgétaires. Quant à Wall Street, la nervosité extrême suscitée par l’incertitude engendrée par le décompte des voix en Floride, devrait être passagère, selon les analystes. Dès que le nom du prochain président sera confirmé, «il y aura probablement un grand soulagement chez les détenteurs d’actions et les cours remonteront très nettement», a prédit Joel Naroff. L’indice Dow Jones, le principal baromètre de Wall Street a perdu 231,3 points ou 2,13 % vendredi à la clôture tandis que l’indice du Nasdaq, le marché électronique a plongé de 171,36 points, soit 5,35 %. Avec un statu quo budgétaire probable pour encore au moins deux ans, Wall Street va réagir surtout aux résultats financiers des entreprises qui seront moins favorables en raison du ralentissement de la croissance économique, selon le même conjoncturiste. Wall Street espérait une victoire de George W Bush et d’une nette majorité républicaine au Congrès qui aurait permis de faire baisser les impôts, relançant ainsi la croissance. Toutefois, Robert DiClemente relève que la faiblesse politique de la prochaine administration et du Congrès pourraient entraîner une vague de dépenses publiques sur des programmes purement électoraux. Les deux partis vont faire tout leur possible pour gagner une nette majorité dans les prochaines élections législatives dans deux ans. La totalité de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat doivent être renouvelés en 2003.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La politique économique et budgétaire américaine devrait connaître peu de changement alors que le prochain président, que ce soit le démocrate Al Gore ou le républicain George W Bush, aura une faible marge de manœuvre avec un Congrès sans majorité claire. La querelle sur le décompte des votes en Floride ne peut que polariser davantage au centre la politique américaine, estiment les observateurs. Les élections présidentielle et législatives du 7 novembre ont fait ressortir un électorat divisé en deux camps, de force quasiment égale. Cette situation empêchera probablement le prochain occupant de la Maison-Blanche de mettre en œuvre ses promesses électorales, prédit Robert DiClemente, un économiste de Salomon Smith Barney. «Une fois que les choses se seront calmées, nous allons probablement voir le maintien du...